samedi 26 décembre 2009

L'ironie à la française

Au cours de mes discussions mexicaines, il s'est avéré que l'humour français est connu jusque là-bas pour être ironique et assez noir.
Les mexicains utilisaient à peu près le même humour. Mais il faut savoir que le jour où je maîtriserai l'humour en espagnol, ça sera quand même un grand pas en avant; non pas pour l'humanité mais pour moi. Et c'est déjà pas mal! Pour comprendre, il faut essayer de se mettre à la place d'un étranger fraîchement débarqué en France. Comment peut-il faire la différence entre une vacherie et une blague? L'ironie est un des concepts les plus difficiles à percevoir.
Mais comment, nous-autres, Français de la France, arrivons à maîtriser cet art avec tant de facilité? Qu'est-ce qui fait que nous reconnaissons l'ironie comme une vache dans un troupeau de chèvres?
J'ai percé le mystère de cette aptitude un jour dans le tram. C'est bien le tram, on côtoie toutes sortes de gens.
Toujours est-il que, dans un tram, étaient une jeune femme avec son petit qui devait avoir 5 ou 6 ans, et sa mère (supposons que c'était sa mère). Elles essayaient de faire parler le petit bout avec des questions à trous: "Tu te rappelles quand tu étais chez machin, tu t'es mis à jouer à XXX; c'était quoi? Dis, tu jouais à quoi?"
Je trouvais cela un peu perturbant pour cet enfant, mais après tout c'est une méthode d'apprentissage comme une autre.
On passait près d'un parc, et cet enfant, alerte et vif, a reconnu un des endroits et s'est mis à crier, enthousiasmé par sa mémoire: "Je me souviens, j'ai été là".
Sur ce, sa maman a rétorqué calmement "Crie plus fort, surtout!".
Et pour moi, ça a été une révélation. Je venais de découvrir d'où nous venait cette maîtrise de l'ironie. Imaginez! Elle est transmise de père en fils, ou plutôt de mère en fils, depuis des générations sûrement. Dès le plus jeune âge, on doit faire face à ce genre de remarques bizarres et on doit comprendre que ce n'est pas à prendre dans le bon sens.
Juste pour rire, je me suis imaginez ce petit garçon, prenant au pied de la lettre la remarque de sa mère, et lui répondant en criant encore plus fort. Comment, mais alors comment elle pourrait lui expliquer que ce qu'elle a dit c'était faux et que quelquefois elle ne dit pas les choses comme elles sont mais que c'est pour rire mais que par contre, elle ne rigole pas tout le temps et que ce qu'elle dit ce n'est pas toujours faux, qu'elle dit aussi ce qu'elle pense directement.
Enfin bref, j'ai compris alors pourquoi j'avais un inconvénient majeur face à l'humour mexicain. C'est que je n'ai jamais eu à faire à lui avant à peine un an. Il me reste du boulot.

Mieux vaut tard que jamais

Après un arrêt assez long de toutes activités sur ce blog, je recommence. Je n'ai pas partagé avec vous cette fin de séjour au Mexique, j'en suis profondément désolée mais j'avais mieux à faire !
Maintenant que je suis rentrée en France, c'est un nouveau départ. Je ne sais pas trop de quoi sera fait ce blog, le futur nous le dira.
L'idée est de faire une petite chronique, semblable à la mexicaine mais avec vue sur la France cette fois. Je suis fraîchement revenue de l'autre côté du "ruisseau", je vois peut être les choses différemment maintenant.
En attendant le prochain voyage....

mercredi 28 octobre 2009

Vamos a la playa..

Bientôt mes vacances ! Je suis trop impatiente d'aller dans le sud du mexique. Depuis le temps que tout le monde me dit que c'est génial. Je vais pouvoir confirmer et vous raconter..
En attendant, derniers préparatifs, une bière et au lit ;-)

lundi 26 octobre 2009

l'apparente sérénité loin de toute turbulence

Et passent les jours, et passent les mois. Quelquefois, je me sens seule. Quelquefois je me sens loin. Souvent je me sens bien.
Tout n'est pas parfait. J'ai essayé, en vain jusque là, de trouver des amis randonneurs, ou cyclistes. Je ne bouge pas beaucoup d'Ensenada. Les montagnes, les amis avec qui faire du kayak, de la rando, avec qui aller boire un coup, la famille, me manquent.
Malgré tout, je ne m'ennuie pas, j'ai des amis super sympas. Je vais faire mes tours de Vtt dans la nature, j'ai mes petites activités de la semaine et le week-end, jamais rien de prévu. Pas de stress, pas de tracas. Pas assez peut être...
Mais les jours passent et les mois passent; trop vite pour que j'ai le temps de les voir passer.
Loin de tout, dans un lieu sans histoire, calme; je suis libérée de toutes ces frustrations qu'on veut nous infliger, de toutes ces fausses et inutiles informations des médias, de la peur, de la grippe, de la politique, des soucis, de la pollutions, du stress, de la circulation impossible à Grenoble, des emplois du temps chargés, et loin de toutes histoires sentimentales.
J'ai même l'agréable avantage de ne pas avoir à subir les discussions forcées sur le mauvais ou beau temps, parce qu'ici il fait tout le temps beau.
La vie est donc réduite à son strict minimum, à l'essentiel. Mais qu'est ce que l'essentiel? Loin de tout, tout paraît absurde. Dans peu de temps, je m'en vais. Pourquoi vouloir s'installer dans un endroit, connaître des gens, se sentir chez soi si c'est pour partir 2 mois après? Absurde, insensé.
Pourtant, tout est tranquille, je suis tranquille, je me sens bien. J'aime bien les amis que j'ai ici, et je suis triste de ne pas pouvoir les connaître beaucoup plus. Je passe de la mélancolie au bien être paisible, mais toujours en me sentant heureuse de vivre. J'en arrive même à apprécier le temps perdu à penser, à avoir peur devant l'absurdité de l'existence.
C'est comme si je me regardais vivre, c'est comme si je me regardais passer le temps, occuper mon temps... Il passe si vite, il est si précieux et pourtant j'ai parfois l'impression de le laisser filer sans le remplir de choses qui comptent.
Mais qu'est ce qui compte?

mardi 13 octobre 2009

Tante Jeanne


Ca y est, c'est fait! J'ai été à Tijuana. Je vais vous décevoir tout de suite, j'ai pas vu grand chose.
L'ami-guide avec qui j'y ai été a toujours répondu "non" à la question "mais est-ce qu'il y a un centre, des choses à voir, où on peut se promener un peu?. Résultat, je n'y ai vu que le centre culturel; ce qui était assez intéressant c'est vrai mais je ne pense pas que ça vaut le détour. Enfin bref, j'ai été ailleurs qu'à l'aéroport et ça c'est déjà bien.

mardi 6 octobre 2009

Le 2 octobre

En octobre 1968, c'était les Jeux Olympiques à Mexico.
Seulement voilà, en 1968, c'était aussi les manifestations, les revendications diverses un peu partout dans le monde. Et comme c'est pas du tout classe d'avoir plus de 500 000 jeunes délinquants, et des familles, des ouvriers, et des enfants qui se promenaient dans la rue, juste avant la cérémonie d'ouverture des JO, le gouvernement tout à fait élu démocratiquement (un peu comme le notre, quoi) a décidé de mettre un terme à ces réunions d'une manière efficace mais certes brutale.
Avec des chars d'assaut et toute l'artillerie de l'armée, ils ont mis feu sur tout ces gens rassemblés sur une place. Depuis, ils ont avoué avoir fait une vingtaine de morts, mais selon les manifestants, ce serait plutôt 300 morts, sans compter les prisonniers.
Et puis quand on est mexicain, on ne fait pas les choses à moitié, ils ont tout nettoyé ou presque, emmené les corps, les ont brûlés ou jetés dans une fosse et ont annoncé le lendemain qu'il n'y avait eu que quelques blessés. Une centaine de famille se sont mis à chercher les disparus sans savoir si ils étaient vivants ou non, en prison ou libres.
10 jours après, c'était les JO, tous les mexicains ne parlaient que de ça; presque personne ne savait ce qu'il s'était passé sur la place des 3-cultures.
Et le gouvernement de l'époque s'en est tiré juste avec des excuses ou presque. " Oups, je ne l'ai pas fait exprès, je m'excuse".
Encore maintenant, cette histoire n'est pas dans les cours d'histoire. J'ai feuilleté un peu les médias. Pour célébrer l'événement, ils ont insisté sur les mesures de sécurité prises par le gouvernement, barrières, barricades, sur les commerces, les bâtiments du gouvernement ou les banques. Parce qu'il y a des délinquants partout. D'ailleurs ils en ont encore mis quelqu'uns en prison suite à la manifestation de commémoration.
Le père de ma colloc a participé à la manifestation du 2 octobre, il y a perdu un ami, peut être deux, je ne me souviens plus.

Que dire de plus?!, pour plus de renseignements :http://www.alterinfos.org/spip.php?article2803

vendredi 18 septembre 2009

Le concept du jour de repos au Mexique



Mercredi, c'était la fête nationale, la fête de l'indépendance. Le jour férié obligatoire.
Et bien, il ressemblait à tous les autres jours, ou presque. Les magasins près de la maison étaient ouverts, les restaurants aussi. Les bus passaient. Je me suis demandée quel était donc, pour les mexicains, le principe d'un jour férié. Bon, d'accord, tout le monde a fait la fête le mardi au soir. Mais quand même !!

Alors qu'en France, on se bat pour ne pas travailler le dimanche, ici ça ne leur pose pas de problème d'organiser des conférences un jour férié, et de devoir se lever à 9h après avoir fait la fête la veille.
Les mexicains sont quand même vachement moins râleurs que les français.
Donc je suis allée à cette conférence mercredi. Bon j'avoue, je n'ai pas réussi à me lever à 8h, et j'ai été un peu dilettante mais j'ai quand même été au labo un jour férié !!! C'est à noter dans le calendrier.

Ces trois jours de conférences ont été assez géniaux et super bien organisés par les étudiants du labo. A part le fait de le faire pendant un jour férié... mais au final ça a permis aux étrangers de San Diego de vivre un grand moment avec la fête nationale mexicaine !
Et j'ai pu faire un tour dans la baie d'Ensenada et avoir ma photo avec le drapeau. Trop classe!
D'ailleurs je peux vous assurer que danser sur bateau c'est pas facile facile, surtout avec un verre à la main.


Et pour conclure, une photo avec que des non-mexicains, parce qu'il n'y a pas de raisons que ce soient les seuls à faire la fête le jour de leur fête !

Valle de Guadalupe





Pour la première fois depuis bien longtemps, je me suis levée à 5h du mat un dimanche, il y a un peu plus d'une semaine.
Un des chercheurs du Cicese nous avait invité à venir faire les vendanges chez lui. On a donc pris nos pinces à deux mains et couper des grappes de 6h à 12h. Il a fait très vite chaud et c'est devenu un peu chiant à la fin.




























Mais on a été très bien récompensés en mangeant des cailles au barbeuc et du vin des récoltes précédentes.
Etrangement aucun étudiant du Cicese n'a réussi à se lever, ce sont seulement les filles qui sont venues. Quelle bande de feignasses quand même, ces garçons !!












C'est la deuxième fois que j'allais dans le ranch de ce chercheur, et je crois que dès que je peux y retourner, je le ferai. C'est joli et simple, ça doit ressembler au sud de la France, en plus sec.
En plus, on y joue à la pétanque. Il ne manque plus que le pastis. D'ailleurs en parlant de pétanque, à chaque fois les français perdent contre les mexicains. On ne gère vraiment pas du tout!! La prochaine fois, je vais essayer d'arranger ça, il paraît que j'ai un don (c'était sûrement la chance du débutant), avec Pauline, on avait failli gagner contre le chercheur avec qui je travaille. Il faut dire qu'ils trichent en utilisant le terrain, en pente, avec des trous, des tas de sables, de l'herbe. J'espère pouvoir prendre ma revanche et sauver l'honneur de la France.


mercredi 2 septembre 2009

Tarte sablée aux fraises








Ce titre reflète sans doute, inconsciemment, mes envies de fraises et de desserts français. Mais j'ai trouvé qu'il illustrait bien ce petit moment passé dans les collines derrière chez moi. Le sable des sentiers nappé du ciel rougeoyant au coucher de soleil.




















Dans une des photos , se cache le labo que l'on peut voir au fond à droite, sur la colline. Rien d'exceptionnel architecturalement, mais la vue sur la mer suffit à rendre le site agréable.

lundi 31 août 2009

A bicyclette


Un message spécial pour Romain qui voulait voir en photo ce que je fais en VTT.
Alors, je suis retournée dans le Canyon exprès pour lui avec mon appareil photo.
Au début, ça commence direct par une montée dans une petite colline. Il y a plein de poussière partout ! parfois c'est presque du sable donc ça patine un peu.

Mais il y a aussi quelques cailloux,
La montée continue encore un peu, c'est la partie la plus facile; j'arrive à monter sans mettre le pied à terre, quelquefois c'est chaud par exemple dans le passage qu'on peut voir sur la photo suivante, mais je maîtrise quand même:

Après ce passage, les choses se compliquent un peu, mais ça devient vraiment amusant, on passe dans une petite forêt, ça slalome entre les arbres, trop fun!


















Et puis les choses deviennent de plus en compliquées, et j'avoue qu'à la fin, je passe beaucoup de temps à pousser mon vélo.







vendredi 28 août 2009

J'ai une bonne et une mauvaise nouvelle

Je suis blonde!
J'ai beau vouloir passer inaperçue, il m'est difficile de le cacher.

Souvent quand je me balade dans la rue, on me parle en anglais. Bon, ce n'est pas si grave que ça, me direz-vous. Mais si c'est pour s'entendre dire "rrelllo" d' un air séducteur un peu lourd, c'est chiant ! Et puis quand je passe dans la rue principale, ça n'en finit plus, "do you want to buy?", "come in my restaurant", "do you want some viagra?" (oui il n'y a pas besoin d'ordonnance pour en acheter au mexique... ).
Pas plus tard que mardi, je marchais sur le trottoir avec Michelle (qui n'est pas blonde); quand un taxi qui passait, a ralenti et a crié de sa fenêtre "Want a taxi !!". Jamais vue un taxi qui prend ses clients pour des péripapéticiennes.
Soi dit en passant, ce n'est pas parce que je suis une fille mais bien parce que je n'ai pas du tout le look mexicain!
Mais le plus grave est arrivé mercredi! Je suis entrée au Mexique avec un visa touriste de 3 mois. Il était donc temps de demander 3 mois supplémentaires. Je me suis alors armée de courage, prête à affronter toutes les démarches administratives, prête à tout entendre, et je suis allée au service immigration. Avant d'entrer, je passe devant les gardiens, je leur demande gentiment où est l'entrée et à qui je dois m'adresser. Ils sont vraiment sympatiques, l'un me dit "surtout ne dites pas que vous êtes déjà là depuis 3 mois, dites que vous venez juste d'arriver, ça sera beaucoup plus simple !" Je suis étonnée, agréablement surprise. Mais je me souviens que je suis entrée par Mexico et qu'ils ont tamponné mon passeport. Je lui dis. Il demande à le voir. Je lui montre. Et oh surprise! Il m'apprend que j'ai déjà un visa de 6 mois, que 180 c'est égal à 6 fois 30. Pendant un long moment, je ne savais plus où me mettre. Doctorante en maths et j'avais cru que 180 jours c'était 3 mois. C'est vraiment digne d'une blonde...
Du coup, je ne sais pas si c'est une bonne ou une mauvaise nouvelle !

jeudi 27 août 2009

L'événement d'Ensenada, le seul !! (suite)

Comme vous n'y tenez plus d'attendre, je vais faire un effort et espérer que vous n'allez pas être trop déçus du récit.
Donc me voilà, après 2 mois d'impatience, j'assiste finalement aux fêtes de la vendange. La nouveauté de cette année c'est que la fête dure deux jours au lieu d'un, du vendredi au samedi donc.
Première déception, la fête s'arrête à minuit. Oui elle s'arrête complétement. Genre en France, tu trouves toujours des gens qui continuent de zoner un moment, dans les rues ou dans les parcs. Mais ici il n'y a pas de rues piétonnes, il n'y a pas de parcs; du coup après minuit l'endroit se désertifie d'une manière impressionnante.
Bon reprenons du début: le vendredi soir, je me trouve avec ma colloc, fatiguées toutes les deux, on se fait à manger des croques-monsieurs avec paresse. Je suis plus ou moins motivée pour sortir mais juste histoire de prendre un peu l'air. Vers 11h, on se décide, on va aller faire un tour. Premières impressions: l'endroit est assez sympa. Une rue a été barrée à la circulation, deux grandes scènes l'encadrent mais il ne s'y passe pas grand chose d'intéressant. Il y a plein de petits stands d'artisanat le long de la rue, qui se transforment peu à peu en stands de bouffe. Quelques tables et chaises sont disposées dans le fond. On en a vite fait le tour. Mais le must, c'est qu'on est, en réalité, dans l'endroit historique des premières caves à vin Santo Tomas. L'entreprise a ouvert les portes de ses hangars et de ses caves. Ca ressemble un peu à un labyrinthe, exposition de peinture par là, expo photo par ci, vente de vin partout. Hangar-ambiance boîte de nuit. Et, en maintes endroits, des scènes pour des concerts ou des spectacles. L'ambiance est sympa, on ne s'attarde pas trop sur les spectacles, on cherche les potes. Finalement, on les trouve; quand ils ont faim. Ma colloc et moi, on veut du vin mais il est minuit. Plus de vin. Heureusement on s'installe à une pizzeria, la seule à vendre encore du vin. Un ou deux verres plus tard, à discuter de tout et de rien, en français et en espagnol, on se décide à partir. C'est qu'ils sont en train de tout ranger, chaises, tables,... Quand on se retrouve dans la rue principale, personne, c'est mort !! On se demande où sont parti tous les gens qui étaient là peu avant. Mystère. Michelle et moi, on va se coucher, tandis que les autres continuent dans la boîte (Santo Tomas, près de la plage), celle où ils pensent que les gens sont allés. Finalement, ils nous diront plus tard, qu'il n'y avait pas grand monde non plus dans cette boîte à part un anniversaire où ils ont réussi à piquer une part de gâteau.
Le samedi, réveil à midi, je crois .... Début de journée tranquille, je vais faire du vélo, je réussis à monter mon petit sentier, puis je vais tranquillement à la fête des vendanges vers 6/7h.
Cette fois je rejoins des étudiants du labo. On se retrouve à regarder des danses arabes. Au bout d'une heure j'en ai marre, c'est qu'il fait chaud dans une cave à vin et les danses arabes un peu kitsch, une heure c'est bien suffisant. Comme ils ne se décident pas à changer de disque, on s'en va faire un tour dehors prendre l'air et boire du vin. On se perd, il y a du monde. De 7, je me retrouve à deux pendant un moment. Le temps de faire le tour complet du site à chercher les amis en vain, de boire un verre de vin dépités, de chercher le programme des spectacles inutilement et de revenir au point de départ pour retrouver tous les amis comme par magie. Il y a de plus en plus de monde, il devient difficile de se frayer un chemin, je ne connais quasiment personne. On s'arrête dans le hangar-ambiance boîte de nuit un moment, puis on va assister au concert salsa. Avec un verre de vin et une bouteille à la main c'est pas facile de danser ;-) surtout qu'il y a trop trop de monde. L'endroit est trop petit, le son trop fort, mais c'est cool de voir autant de gens à Ensenada. Comme toutes les fêtes en plein air, c'est super agréable. On passe une bonne partie de la soirée là, à discuter. Puis la faim se fait sentir, et on finira le reste de la soirée, à discuter encore, sur une table après avoir mangé une paella trop chère pour être bonne.
Et rebelotte, à partir de minuit, le site se vide peu à peu, certes moins rapidement que la veille. La paella n'a pas suffit, on s'en va manger des tacos à la bonne taqueria du coin. Mes compagnons mexicains étaient tout fous avec ces tacos "del DF" (dixit façon Mexico, la capitale), "sont trop bons ces tacos". Après quelques bouchées, je suis d'accord moi aussi, ils ont un petit truc en plus. Je ne sais pas si c'est juste le bonheur de manger ou si c'est les tacos.
Toujours est-il qu'on va finir la fête des vendanges dans ma maison et danser dans mon salon. Ca tombe bien, au cours des dernières courses, on a acheté du vin...

Et maintenant vous vous demandez qu'est ce que peut bien vouloir faire le festival de sushis dans cette histoire???
C'est juste pour que vous vous rendiez compte de la qualité de l'événement de la verbena ( las vendimias, si vous avez bien suivi). Le lendemain, on a été à un festival de sushis avec Michelle. On se demande encore pourquoi ils ont appelé ça festival!! L'entrée était libre mais on pouvait payer 5 euros pour avoir 10 tickets et pouvoir consommer. Il était supposé avoir de la musique, des spectacles. On a cherché longtemps. A part le pauvre type qui alignait 4 notes à la flûte de pan sur fond de Titanic, on n'a rien trouvé de très japonais. La seule attraction, c'était les stands de sushis, où il fallait faire 1 heure de queue pour s'entendre dire qu'après 16h de l'après midi, ils n'acceptaient plus les tickets mais qu'on pouvait payer en liquide !!!! On a quand même réussi à en manger plein des sushis, vu que c'est tout ce qu'il y avait à faire. Et puis on est rentrée, le ventre plein, se reposer chez nous.
Un week-end tranquille, en somme.
Pour terminer, j'oserai citer un ami français. Selon lui, las vendimias-expo peinture, ça ressemble un peu à la foire aux croûtes de Brest. Si c'est un breton qui le dit ...

lundi 24 août 2009

L'événement d'Ensenada, le seul !!

Ce week end, c'était les fêtes des vendanges, las vendimias, ou verbena (fête dans la rue). J'ai donc glissé dans ma tenue de reporter un moment et je me suis immiscée au sein même de l'action pour enquêter sur cet événement plus qu'étrange.
En effet, à Ensenada, les événements culturels sont rares, tellement rares que la seule réponse à "qu'est ce qui passe a ensenada, qu'est ce qu'il faut voir et faire? " c'est: La fiesta de las vendimias.
Après avoir attendu 2 mois, je bouillais donc d'une impatience extrême. Mais qu'est ce qu'il se passe donc durant ces fêtes???
[Suspens...]
La suite dans le prochain épisode (oui, je suis un peu en panne d'inspiration...) qui vous révélera le mystère de las vendimias et où vous aurez la réponse à ces questions qui vous taraudent tant: La fête du vin, est-ce une orgie énorme où tout le monde écrase des raisins pieds nus en chantant au son des mariachis? Un festival de sushis, est-ce un grand défilé de geishas dans la rue avec lancer de sushis et saké à volonté??

Ay caramba !

A y est ! I did it. Lo alcanzé. J'ai réussi la première étape de mon challenge. Je suis arrivée au bout du chemin. Il va falloir me croire, il m'est impossible de vous le prouver.
Je rentrais d'une petite escapade au cañon où j'ai pu admirer mes quelques progrès en vtt. J'ai profité d'être bien échauffée pour essayer en arrivant chez moi d'aller jusqu'en haut du sentier. Et j'ai déjoué tous les pièges avec habileté. Je crois que je commence à maîtriser beaucoup mieux ma roue avant, comme quoi, le domptage ça fonctionne pas si mal. Bon le seul hic c'est qu'il n'y avait pas de voiture. Le but ultime est d'y arriver quand la voiture est là. Mais c'est déjà une victoire pour moi.
Voilà, ce post servait juste à ça... je vais fêter ça maintenant !!

jeudi 20 août 2009

Et alors ce challenge?

Cela fait plus d'un mois que je me suis attelée à la dure tâche de monter ce sentier en vélo et tout le monde s'impatiente. Quand même, un mois, c'est suffisant pour réussir ce genre de challenge! Alorrsss ?
Et bien la tâche est plus rude qu'elle en a l'air. Chaque fois que je suis en bas du chemin, il me regarde avec un air de défi. Le début est facile, j'en profite pour me concentrer, respirer calmement, essayer de ne penser à rien. Ce moment est primordial, vu que j'arrive essoufflée de la petite montée qu'il y a avant mais que vous ne pouvez pas voir (je ne vais quand même pas prendre des photos de tous les coins de rue autour de chez moi!).
Puis arrive la cassure et le chemin commence à monter. Je n'ai plus le temps de me concentrer sur ma respiration, à partir de là tout s'enchaîne. Le moindre écart et c'est la faute! Il m'est déjà arrivé de me tromper de vitesse par étourderie. C'est dommage d'échouer à ce niveau-là.
Heureusement, c'est en forgeant qu'on devient forgeron, et le coup de l'erreur de vitesse, on ne me la refera plus. Je fais gaffe maintenant.
La montée se fait assez bien jusqu'à l'endroit fatidique, au niveau de la maison bleue (sur la photo, la troisième ou quatrième maison à droite). En réalité, les difficultés commencent un poil avant. Et trop souvent, arrivée tant bien que mal à cet endroit, ma roue avant me joue des tours, elle glisse et saute sur les pavés poussiéreux avec un entrain trop peu modérée. Dans une lutte acharnée, je tente en vain de la dompter, de la garder dans le droit chemin, vers le haut. Mais lasse d'essayer de deviner par quelle côté elle m'emmène, je me retrouve parfois en travers du chemin, et d'autres fois, dans le caniveau, le mur de gauche me frôlant dangereusement. Pour couronner le tout, un voisin a posé un piège diabolique, en laissant en face de cette maison sa voiture, un gros 4x4 qui bloque quasiment tout le passage. Il ne me reste plus qu'à la contourner par la droite en évitant de passer trop près d'un pitbull énorme qui s'est fixé un autre challenge: celui de sauter par dessus la porte.
J'avoue que je n'ai pas encore réussi à atteindre la voiture et le pitbull. Je passe encore à pieds, mais j'analyse la situation pour les prochaines tentatives.
Au vu de toutes ces difficultés imprévues et des progrès trop longs, j'ai décidé de prendre les choses en main. J'ai trouvé des compagnons pour aller m'entraîner avec acharnement sur un autre terrain de jeu.
Après ma première sortie vtt dans "el cañon de Doña Petra", je me retrouve en bas du chemin. Cette fois je n'ai plus froid au yeux. Je fonce! Et j'arrive doucement jusqu'à la maison bleue, rien ne peut m'arrêter. Je me sens en confiance. La voiture n'est pas là, toutes les chances sont de mon côté. Enfin c'est ce que je croyais, car passe une seconde et je me retrouve les pieds à terre à remettre la chaîne de mon vélo qui a déraillé vraiment quand il ne fallait pas !
Depuis cet épisode malheureux, j'ai refait quelques tentatives plus fructueuses. J'atteins avec aise le milieu de la maison bleu, il me reste le problème de la voiture à régler. En attendant, j'en profite pour m'entraîner, à remonter sur le vélo en pente après m'être arrêtée, pour continuer le reste du chemin. Je commence là aussi à voir quelques progrès.
Je prévois d'autres sorties dans le cañon pour me perfectionner encore plus, je n'en ai fait qu'une pour l'instant.

Vous qui vous demandiez donc ce qu'il en était, vous voilà rassurés: je n'ai pas encore dit mon dernier mot, na!

(un petit mot pour rassurer ma grand mère chérie: ce récit est légèrement romancé, je ne risque rien dans ce sentier, le chien n'est pas méchant)

mardi 18 août 2009

Mexique 2 - Gringos 1

Il y a presque une semaine, le Mexique écrasait les Etats unis au foot, 2 contre 1, lors de la finale de la Gold cup.
Ce jour-là, innocente, je me baladais dans les couloirs vers 13h. Il n'y avait personne, j'ai pensé naïvement qu'ils avaient tous eu envie de rester chez eux ou de manger tôt. Mais lorsque je suis rentrée de la cafétéria, vers 14h; j'ai croisé Lili et Gabi qui m'ont proposé de regarder le match de foot. J'ai alors compris pourquoi les couloirs étaient déserts. Il y avait une ambiance de folie devant ce match ( comme en France peut être) mais en espagnol c'était plus rigolo.
Je suis restée 10 minutes parce que c'est pas mon truc le foot, mais j'ai eu le temps de voir un des doctorants désespéré lancer sa chaussure sur le grand écran qui servait de télé.
Peut être que ça a été utile, ce lancer de chaussure (ça me rappelle le lancer de chaussures sur Bush...), parce qu'ils ont fini par les battre ces "ricains". Je n'imagine pas comment ils doivent être heureux de leur mettre une raclée, à eux, les "étatsuniens", qui les maltraitent depuis si longtemps; avec qui ils ont des relations si ambiguës, entre asservissement et mépris. Ce qui est sûr c'est que pour aller chez eux, passer un mur sur lequel on peut voir des dizaines de croix lorsqu'on prend le bus pour l'aéroport de Tijuana, ce n'est pas des plus accueillants.


















Mais heureusement Miguel Sabah a sauvé l'honneur en mettant un but à la 81ème minute et a conjuré le sort des vingtaines de défaites précédentes face aux USA. Et moi, pendant ce temps là, à Veracruz (jijiji), je pense que j'allais à mon cours de flûte. Je vous ai déjà dit le foot, ce n'est pas mon truc, mais ça ne m'empêche pas d'en parler (un peu).
Sur le mur, après les croix, on peut voir une grande fresque assez bien faite. En foot, comme à la frontière, le Mexique n'est pas encore tout à fait soumis.

jeudi 6 août 2009

Los colores

Vous attendez impatiemment des nouvelles de mon voyage et vous espérez que je vais vous raconter tout mon périple dans les moindres détails. Et bien vous allez être déçus! Il s'en est passé tellement pendant ces 10 jours que je ne peux pas tout vous dire. Je ne prendrai pas le risque non plus de choisir une de mes aventures plutôt qu'une autre, car elles se valent toutes. Alors que dire?
Le Mexique se résume en couleurs. Des couleurs profondes, intenses, variées. Que ce soit dans les étals de fruits, de fleurs des marchés, au détour d'une rue, dans notre assiette, sur les vêtements, ou sur les églises.
D'ailleurs, bien que nous ayons l'image des pyramides grises en tête, la plupart de ces édifices étaient peints ou colorés d'une quelconque façon: rouge, bleu, or. On peut voir la trace des peintures sur certaines. Les couleurs ont souvent un connotation symbolique surtout sur les pyramides. Ceci dit, sans connaître leur signification, elles représentent, pour moi, l'univers coloré du Mexique.
Il y a autant de couleurs que de plats typiques.
Il y a autant de couleurs qu'il y avait de tribus indigènes
Il y a autant de couleurs que de paysages et climats
Les couleurs vives sont, selon moi, la façon qu'ont trouvée les mexicains pour montrer leur rapport à la vie. Elle doit être intense et gaie parce qu'elle sera toujours trop courte.
Et parce qu'elle sera toujours trop courte, on s'embrasse, on se serre dans les bras facilement, pour montrer son amour, on est généreux, accueillant. La musique est souvent joyeuse même lorsque les paroles sont tristes. Les mexicains ont même fait de la fête des morts le 1 novembre une vraie fête au cours de laquelle on peut manger des bonbons en forme de crâne.
Et pendant ces 10 jours, ma vie a été intense et variée comme les couleurs mexicaines. J'ai goûté à toutes sortes de plats, manger ma première coco fraîche, visité des ruines tototèques, olmèques et j'en passe, pris un cour de danse contemporaine dans la plus agréable et culturelle banlieue de Mexico, parcouru une dizaine de marché en tout genre, admiré les oeuvres d'art précolombiens, acheté ma première peinture à la plus jolie des étudiantes en art de Xalapa, assisté à un mariage sous les tropiques (qui ressemblent beaucoup aux mariages français à part qu'il fait chaud et humide et qu'il y a un orchestre qui joue des classiques mexicains que je suis la seule à ne pas connaître), rencontré des mexicains au point dans tout ce qui est naturel et bio, touché des oursins au large de Veracruz, pleuré en regardant le film Frida Kahlo, visité le pays du café et de la vanille (la meilleure du monde parait-il, 20 gousses de vanille pour 3 euros :-) ) et du pétrole (ça c'est moins cool, de se baigner près des forages off-shores), assisté à un concert de "son" de veracruz avec un harpiste qui jouait incroyablement bien.
Et surtout je me suis bien amusée avec Michelle, ma colloc et j'ai rencontré beaucoup de gens, tous plus intéressants les uns que les autres, autant que pour leur vision du monde (qui est parfois, étonnamment, très proche de la mienne) que pour leur façon de vivre (6, voire 7 quand j'étais là, dans 50m2, pour économiser le loyer et pouvoir payer les études des enfants; alors qu'on est médecin-radiologue)

samedi 25 juillet 2009

A peine arrivée, déjà partie

Je profite des vacances de ma colloc pour aller squatter chez elle à Toluca. Je pars demain pour 5 jours, ensuite on va aller du côté de Veracruz/Jalapa car elle va à un mariage. Elle a fait ses études là-bas, donc c'est le mariage d'une de ses amies de classe. Je vais rester 4 jours dans cette région.
Ca peut paraître beaucoup de jours de vacances mais vu la taille du pays, les repères ne sont pas les mêmes et 4 jours pour voir Veracruz, Jalapa, el Tajin, un mariage etc... ce n'est pas assez en fait.
Je vous joins une petite carte pour comprendre mon cheminement.

Ensenada, (c'est écrit ouf !) se trouve tout au Nord Ouest, un peu en dessous de Tijuana. Toluca, c'est juste à l'Ouest de Mexico et Veracruz à l'Est au bord de l'Atlantique. De Veracruz à Mexico, il y a 5/6 heures de bus. Imaginez -vous si je devais aller en bus d'Ensenada à Toluca!! Ca peut être une idée de voyage mais il faut avoir le temps de faire des escales. Pas très courageuse, j'ai choisi l'avion pour voyager jusqu'à Toluca et pour revenir. Du coup, je ne suis pas sure d'approvisionner le blog d'histoires avant mon retour mais je suis sure que vous trouverez d'autres activités en attendant la suite de mes aventures. J'en aurai encore plus à raconter... patience !!

vendredi 24 juillet 2009

Session métissage

Nous sommes dans le nord du Mexique, dans le pays des ranchs et du désert. Dans tout le Mexique, les musiques folkloriques diffèrent d'une région à l'autre. Ici, c'est le pays du norteño, de la banda, dont voici un exemple trouvé sur Youtube:
http://www.youtube.com/watch?v=ueHyLKFTtVA
La différence avec les mariachis, c'est la présence de l'accordéon et des percussions.
Ici c'est aussi le pays des narcotrafiquants, et comme ils veulent se montrer tout puissants, ils ont réinventé le moyen-âge et les ménestrels. C'est ainsi qu'ils payent des groupes norteños pour chanter des chansons qui vantent leur mérite et courage. Attention, ils n'ont pas le droit de chanter les chansons portant les louanges d'autres narcotrafiquants.
Un exemple avec une vidéo assez fun, je trouve:
http://www.youtube.com/watch?v=TYx9KG9M4n8
C'est la propagande des narcotrafiquants et une manière de faire enrager les policiers qui entendent incessamment ces musiques dans la rue.
Mais trève de folklore, si le titre parle de métissage, c'est bien que le plus intéressant de la musique mexicaine se trouve dans ces mélanges de style entre le traditionnel et les influences des autres pays. Mêmes les groupes de norteños s'y mettent en jouant du pink floyd dans la cantina juste en bas de chez moi.
http://www.youtube.com/watch?v=9yV9_DQxB3c
(oui, oui, la vidéo provient du bar en bas de chez moi et il ne passe pas un soir sans que quelqu'un leur demande de jouer cette chanson)

Par l'aide de mes collocataires, j'ai pu découvrir quelques groupes mexicains plus sérieux, adeptes du métissage.
Commençons par le moins traditionnel: Sweet Electra, qui fait dans l'électro
http://www.youtube.com/watch?v=qytVd1IiK1s
pas exceptionnel mais assez agréable à écouter.
J'ai découvert un groupe de rock latin, Cafe Tacuba, qui aime bien les mélanges entre traditionnel, rock, ska, punk
http://www.youtube.com/watch?v=DEfaxwK3mn4
Mais j'ai eu un coup de coeur pour Lila Downs, une jolie mexicaine qui a repris beaucoup de chants traditionnels mexicains et qui de plus en plus, mélangent les influences.
Un premier exemple avec une chanson assez inspirée des balkans, devinez avec qui elle chante !
http://www.youtube.com/watch?v=rVJFiXCYeoE
On peut aussi préférer plus mexicain, cette chanson La cumbia del mole, nous explique comment faire un mole, plat typique, composé de multiples ingrédients dont le chocolat et du piment le tout moulu et écrasé pour former une sauce. En plus, la vidéo a l'avantage de nous transporter dans le Mexique non américanisé:
http://www.youtube.com/watch?v=tMpMOOAQ_90
Et puis parce qu'on ne peut pas finir sans parler de la plus célèbre des chansons mexicaines, la cucaracha; encore et toujours Lila Downs dans une version étonnante:
http://www.youtube.com/watch?v=ajoZJ14NFzg

lundi 13 juillet 2009

Mon challenge de l'année


Il y en a qui se fixe des petits challenges pour pimenter leur existence. Grimper l'Everest, fonder une famille, monter en N3 (ou rester en N3), faire l'Iron Man, etc...
J'ai choisi des trucs plus simples. Le challenge de l'année, c'est de grimper le petit sentier qui mène jusqu'à ma maison ( tout au bout du chemin, à gauche), avec mon superbe VTT.



J'ai réussi à aller jusqu'au niveau du bas de la maison bleue-ciel. A partir de là, il y a vraiment de gros trous et les pavés vont dans tous les sens mais j'ai de l'espoir.



samedi 11 juillet 2009

Qui a dit qu'Ensenada, fallait pas y aller ?!?

Après ces 2/3 semaines passées ici à Ensenada, je commence à m'y plaire. Eh oui, la vie y est cool, les gens sont cools, je ne me suis pas ennuyée une seule fois. C'est vrai qu'il n'y a pas grand chose d'intéressant à voir à Ensenada mais, pour moi, rencontrer des gens, apprendre à les connaître, c'est un des passe temps culturels les plus intéressants qui existent. Et pour les sportifs, il y a de quoi faire, un peu de vélo, de course à pieds, de natation. Paraît même qu'on peut faire de l'escalade. J'en arrive presque à me demander si je vais vraiment trouver le temps de me mettre à fond sur ma thèse.
Donc pour me réconcilier avec le Mexique américanisé, j'ai réfléchi à 10 bonnes raisons de vivre à Ensenada, à part les distributeurs de billet pour voiture.
1. Les mexicains. Ils sont tous très accueillants, et souriants en général. Voilà une très très bonne raison de vivre à Ensenada. La vie est des plus agréables. Comme ils sont très sociables et aiment parler, il suffit de demander pour te faire aider, et ils savent prendre le temps de t'aider.
2. Le climat au bord de la mer, toujours ce petit vent pour rafraîchir un peu l'atmosphère et quasiment jamais de pluie. L'air n'est pas étouffant, et au laboratoire, il faut même rajouter un petit pull de temps en temps. Idéal pour travailler.
3. Les collocs; parce qu'ils me font connaître la culture mexicaine, la cuisine mexicaine, l'argot mexicain. Ils sont très "buena onda", gentils et ouverts. Comme ils viennent d'autres endroits au Mexique, ils me racontent un peu comment c'est ailleurs, et ils connaissent plein de bons tuyaux. Et puis, c'est quand même beaucoup mieux de ne pas rentrer tout seul chez soi le soir.
4. La maison. On ne peut pas rêver mieux comme maison. Vue sur la mer, terrase, de l'espace, à 100m des bars et restaurants du centre. Je passe la petite porte derrière cette maison, et hop un petit chemin parfait pour aller courir dans les collines dépouillées avec vue sur la mer. Magnifique au coucher de soleil.
5. La cuisine mexicaine. Même si tous les mexicains disent qu'ici tout est plus cher et moins bon, la bouffe au Mexique; c'est quelque chose de sacré. Ils en parlent autant qu'ils en mangent. Donc le mieux pour savoir ce qu'est la cuisine mexicaine; c'est de demander à un Mexicain, il vous en parlera beaucoup mieux que moi et en sera enchanté.
6. La bière. A Ensenada, bien que ce soit la région vinicole du Mexique, on boit surtout de la bière et beaucoup moins de la téquila et du vin. Ici, il y a même une bière qu'on ne trouve que dans le Nord (du Mexique) et qui est très bonne: La Tijuana. Il en existe 6 sortes (claire, brune, light, ...) Avec une préférence pour la Tijuana Bufadora (à 8 degrés d'alcool !!). Sinon, on peut se rabattre sur d'autres bières moins fortes et souvent également moins fortes en goût: La sol, la corona, la pacifico, la modelo, la tecate, l'indio, la bohemia, doble equis, ...
7. Les cours de natation gratuits. Parce qu'en France, jamais ça n'arriverait. Un soir, où je vais à la piscine pour nager tranquille. Un cours commence. On me demande de changer de ligne d'eau, le prof est désolé, s'excuse, commence à discuter avec moi et me propose ses conseils pour m'améliorer. Après avoir suivi son cours, il me dit qu'il est là tous les jours de 8 à 9h, je suppose que je peux aller prendre des cours de natation quand je veux. La classe.
8. La vie sans stress. Tu manges quand tu veux, 14, 15 16h de l'après midi. Il y a des petits commerces partout pour manger de tout. Les commerces sont ouverts plus tard et bien souvent le dimanche. Mais c'est surtout l'ambiance générale de la ville. Si tu as rendez vous à 20h avec un mexicain, tu peux être sûr qu'il donnera pas de ses nouvelles avant 20h30, l'heure à laquelle il t'enverra un sms pour te dire qu'il va encore avoir 20 min de retard. Moins d'activité mais plus de temps à passer avec les amis, à faire des barbeucs, à passer le temps tranquille sur la plage ou ailleurs à discuter, à jouer aux dominos au billard, ou au volley.
9. La musique. Je n'ai pas encore trouvé de groupes qui déchirent mais il existe bien une scène musicale au Mexique. Et c'est terrible d'aller dans les cantinas mexicaines, et de boire des bières au son des mariachis, ou d'avoir des cours de salsa gratuit, d'être avec des gens qui aiment bien danser. A Ensenada, on entend de la musique jours et nuits, dans le centre. Peut être trop souvent et pas toujours de très bon goût; mais ça a l'air important pour les mexicains.
10. Visiter le Mexique en allant chez la famille des amis et collocs! Il n'y a pas mieux pour voir du pays, et je commence dans 2 semaines même pas, avec ma colloc qui s'en va en vacances chez ses parents à Toluca, et à Veracruz !

mardi 7 juillet 2009

Welcome to Gringoland (2)


Bien qu'il soit difficile de restituer l'ambiance du centre d'Ensenada, ces quelques photos donneront peut être une idée plus précise.
























Les centres commerciaux, c'est comme aux US; à part les palmiers qui ne sont vraiment pas beaux:




Vous ne rêvez pas, c'est un distributeur de billets, qu'on n'a même pas besoin de sortir de sa voiture pour retirer de l'argent !






Au hasard d'une promenade, voici ce que j'ai trouvé:



C'est dommage, il ne restait plus de magazine.
J'aurai bien aimé voir ce que ça racontait!

vendredi 3 juillet 2009

Brèves de comptoir

Vendredi: jour du poisson
Ce matin, en allant prendre le bus, il y avait une charmante odeur de poisson dans l'air. Cela sentait tellement et partout; que j'ai cru un moment que c'était moi qui dégageais cette odeur.
J'étais toute rassurée d'entendre mon colloc me dire que, lorsqu'on habite près d'un port, il est normal qu'un coup de temps en temps, il y ait des gros chargements de poissons qui arrivent et qui embaument l'air aux alentours!
Scorpions
En français, il n'existe qu'un mot pour appeler ces bestioles; en espagnol, on dit escorpion ou alacran. Selon la taille, peut être. On en a trouvé un minuscule dans la maison cette semaine. Il paraît que c'est un peu dangereux quand même. Mais aucun mexicain interrogé n'a pu me dire à quel point; la seule chose qu'ils savent, c'est qu'il y en a des mortels. J'ai appris ce mot, alacrán, en lisant un livre sur la magie et sorcellerie au Mexique. Peut être vais-je finir par me fabriquer une amulette pour éloigner les scorpions!
Femme de ménage
Au laboratoire, ce ne sont pas des femmes d'origine maghrébine qui font le ménage mais un jeune garçon mexicain, autrement plus charmant que les femmes de ménage de la Tour Irma!

jeudi 2 juillet 2009

Mi grandote casita nueva


Parlons de la vie quotidienne, pour changer! La première étape avant de bien s'installer et de prendre ses petites habitudes, c'est trouver une chambre. Et ça y est! J'ai emménagé dans une Grrrande maison en collocation à trois. Mes collocs sont des amours de gentillesse. Ils sont aussi étudiants en master mais plus âgés que moi. Ici, les études durent encore plus longtemps qu'en France. 5 ans de licenciatura, 2 de maestria et 3 de doctorado!

J'ai craqué pour cette maison à cause de l'espace,


















de la colloc (toute équipée),








de la terrasse












et de la vue !
Vous pouvez admirer sur votre droite, le port avec cette énorme bateau de croisière qui amène les touristes nord-américains (qui visitent les bars et font la fête pas cher), source de travail pour beaucoup de monde ici. Un peu plus à gauche, le plus Grand drapeau mexicain (d'après mon précieux guide). Voyez quelle prestigiosité il a! Et encore plus à gauche, en contrebas, j'ai l'honneur de vous présenter les fameuses discothèques, la principale attraction touristique d'Ensenada, après le drapeau, bien sûr.

Forcément, j'ai l'impression d'être en vacances ici, et entre deux margaritas, allongée sur ma terrasse, je prends des photos qui ne servent à rien. Alors pour qu'elles servent un peu, je les mets sur mon blog !


samedi 27 juin 2009

Xochitl et les Aztèques

On apprend si peu de choses à l'école sur les Aztèques. Les civilisations égyptiennes, grecques et romaines ont droit à une grosse part du gâteau mais l'histoire chinoise et l'histoire amérindienne sont passées à la trappe.
Pourtant, cela favorise l'ouverture d'esprit que de s'intéresser à des peuples aux cultures si différentes. La culture chinoise, par exemple, est basée sur un tout autre rapport au monde que les occidentaux. Pour les ancêtres chinois, le corps humain fonctionne comme l'univers, spontanément. Et l'homme doit apprendre à observer le mouvement des oiseaux pour deviner s'il est mieux de partir ou de rester. Les asiatiques, si j'ai bien compris; au lieu d'essayer d'observer une rivière assis sur une berge comme les occidentaux s'efforcent de faire; l'observent en étant emportés par elle.
Sur les civilisations amérindiennes, on sait si peu de choses. La colonisation et l'extermination des indigènes y est pour beaucoup. Alors, on fait des fouilles, on récupère de vieux objets, des vieux écrits, et on essaye de deviner leur manière de penser. Chose impossible à réaliser mais l'exercice est intéressant.
La première chose à savoir est que les indigènes amérindiens ne se réduisent pas aux Aztèques, Incas, et Mayas. Bien au contraire, l'ensemble des peuples qui existaient est indénombrable.
Les Aztèques et les Incas étaient des "tyrans" et régnaient sur plusieurs tribus. Loin l'un de l'autre: les Aztèques au Mexique et les Incas, en Pérou/Bolivie actuels. Ils n'écrasaient pas les différentes cultures de toutes ses tribus mais les assimilaient. Sur les Mayas, je ne sais pour l'instant, pas grand chose.

Quand on visite Mexico, il est impossible de ne pas entendre parler des Aztèques. C'était leur ville, leur cité, anciennement nommée Tenochtitlan; on observe encore les ruines d'un temple en plein centre de Mexico. Ce peuple est des plus intéressants, il est passé en un siècle et demi de l'état de nomades chasseurs à une civilisation maîtrisant l'architecture, l'urbanisme, l'astronomie, qui a créé une organisation sociale et judiciaire efficace. Les Aztèques pratiquaient également l'art de l'écriture et du commerce. Leur existence a, paraît-il commencé en 1168 (c'est précis tout ça!) A partir de ce moment, poussés par une prophétie, ils cherchent l'endroit où ils doivent s'installer, obstinément. La prophétie leur indique l'endroit, par un héron (qui va se transformer en aigle) tenant un serpent entre ses serres. Cette image devient l'emblème du Mexique. Leur règne se termine dans les années 1520 avec l'arrivée des espagnols et notamment de Cortés.
Selon les croyances aztèques, il faut faire couler du sang humain pour faire se lever le soleil. Les sacrifices ont donc une signification toute particulière, comme si la mort était nécessaire à la vie. Que de croyances si éloignées des nôtres!

La tête pleine de toutes ces histoires, je contemple les ruines du Templo Mayor, et Ángel apparaît soudain à côté de moi, m'expliquant l'origine de Mexico, la cathédrale en pierres volcaniques. Il me montre un poème en nahuatl, langue aztèque, écrit sur un mur non loin de là. Puis il me propose de me guider dans le parc Chapultepec. Une dizaine de stations de métro plus loin, je me retrouve allongée sur un banc, dans un endroit isolé, observant les papillons, et les arbres. Des enceintes sont disposées en cercle pour diffuser de la musique; l'endroit est paisible, l'acoustique est bonne. Mon compagnon d'un jour se retourne vers moi et me demande de répéter en nahuatl les paroles qu'ils prononcent. Je choisis un nom aztèque, Xochitl. Ce sera ma protection le temps de mon séjour au Mexique.

jeudi 25 juin 2009

Welcome to gringoland

Après 4 jours à Mexico, j'ai atterri à Tijuana pour m'installer à Ensenada pendant 6 mois. J'aurai pu nommer ce message "welcome to tijuana" mais c'était un peu trop facile! Surtout que je n'ai pas eu le temps de voir Tijuana. Par contre j'ai découvert Gringoland. On m'avait prévenu pourtant. Plusieurs fois même!. "Tu verras, il y a plein de gringos, c'est nul". Mais voilà, ça rentre par une oreille pour ressortir de l'autre.
Cependant, comme dirait Saint Thomas, il faut le voir pour le croire.
Alors, je vous explique: gringoland c'est un parc d'attraction. D'ailleurs, le centre d'Ensenada, si il s'appelle centre touristique; c'est bien parce qu'ils n'ont pas pu l'appeler centre historique. Mais un centre touristique sans histoire, pour moi, ce n'est pas un centre.
Enfin, je devrai me contenter de ça pendant 6 mois. Il suffira juste d'éviter au plus possible les quelques rues "gringoland" où s'enchainent bars, restaurants et vendeurs d'artisanat sous une musique assourdissante et abêtissante et dans un décor des plus kitsch; genre parc d'attraction quoi!
Le dommage de l'histoire est que Gringoland a un peu déteint sur la vie mexicaine d'Ensenada. Pas beaucoup de bus, beaucoup de 4/4 et de gros trucks américains qui passent carrément à l'intérieur de la ville. Pas beaucoup de téléphone publics, ni de kiosques à journaux et de petits "négocios".
Mais heureusement, Ensenada est au Mexique et le Mexique reste aux mexicains. Ici, la vie est des plus tranquilles et les gens sont très très accueillants et sympathiques. Dans peu de temps, je parlerai des bons côtés de vivre près de la mer avec 25 degrés tous les jours; même si les belles plages ne sont pas tout près...!

Les mariachis


A peine une semaine au Mexique et j'ai déjà vu "un montón" de mariachis. A vrai dire, ce n'est pas dès mon arrivée qu'ils se sont montrés. Discrets et stratégiques, les mariachis, les vrais, ne sont pas pour les touristes. Ce sont surtout les mexicains qui les aiment et qui leur payent, je ne sais combien, pour qu'ils chantent une chanson.
Un soir de fête, en passant sur la place Garibaldi à Mexico, j'ai pu admirer une cinquantaine de groupes "mariachis" qui jouaient tous ensembles, ou plutôt l'un à côté de l'autre. Cela donnait une cacophonie bien particulière mais avait un charme fou et inégalable. Pour la première fois de mon séjour, je me suis dit que je vivais quelque chose d'incroyable. Quelle déception quand on m'a dit que c'était une coutume, une habitude. Rien d'extraordinaire donc, pour des mexicains, à voir autant de mariachis sur cette place Garibaldi. Mais pour une "gringa" comme moi; ça l'était. Entre les personnes qui venaient en famille et les garçons qui offraient une ballade à leur compagne; le mélange était assez saugrenu mais bon enfant.


La deuxième fois que j'ai croisé des mariachis à l'oeuvre, c'était sur des bateaux, les "trajerias" de Xochimilco au sud de Mexico. Là encore, des familles payaient pour accompagner leur repas avec de la musique. A Xochimilco, un dimanche après midi, forcément on croise beaucoup de familles qui amènent leur repas, leurs boissons et vont même jusqu'à prendre un barbecue; pour faire une ballade en bateau. Comme une petite Venise qui seraient restés au Vénitiens.
Oui, parce que je n'ai pas croisé beaucoup de touristes étrangers durant ces 4 jours à Mexico, peut être à cause de la fameuse grippe. Quel dommage que ce pays perde autant de touristes et d'argent pour une épidémie qui n'a l'air vraie qu'à la télé.
J'aime les mariachis parce qu'ils représentent la vie telle que les mexicains la perçoivent. A manger, à boire et un peu de musique. Que demander de plus pour être heureux?

mardi 23 juin 2009

Pourquoi le Mexique?

Il y a un an que mes "chefs" m'ont trouvé une destination de voyage (ou de travail): Ensenada, Baja California au Mexique. Et ça y est, j'y suis. Je vais y rester 6 mois à continuer ma thèse et manger des tacos.
Ce n'est pas forcément facile de commencer une autre vie toute seule à l'autre bout du monde, dans une ville que l'on n'a pas choisie.
Mais la transition est inévitable et les mexicains, qui ne sont pas des moins accueillants, m'ont déjà beaucoup aidé. Je loge chez des français en attendant de trouver un appartement. J'ai le choix entre être au bord de l'eau mais loin de la ville ou dans le centre (bruyant et inintéressant, paraît-il) mais loin de la plage. Que vais je choisir? Mystère ...

Vous trouverez, sur ce blog, quelques récits de mes aventures. J'espère que cela vous donnera envie de venir me voir (ou de voir le Mexique) !