Et bien la tâche est plus rude qu'elle en a l'air. Chaque fois que je suis en bas du chemin, il me regarde avec un air de défi. Le début est facile, j'en profite pour me concentrer, respirer calmement, essayer de ne penser à rien. Ce moment est primordial, vu que j'arrive essoufflée de la petite montée qu'il y a avant mais que vous ne pouvez pas voir (je ne vais quand même pas prendre des photos de tous les coins de rue autour de chez moi!).
Puis arrive la cassure et le chemin commence à monter. Je n'ai plus le temps de me concentrer sur ma respiration, à partir de là tout s'enchaîne. Le moindre écart et c'est la faute! Il m'est déjà arrivé de me tromper de vitesse par étourderie. C'est dommage d'échouer à ce niveau-là.
Heureusement, c'est en forgeant qu'on devient forgeron, et le coup de l'erreur de vitesse, on ne me la refera plus. Je fais gaffe maintenant.
La montée se fait assez bien jusqu'à l'endroit fatidique, au niveau de la maison bleue (sur la photo, la troisième ou quatrième maison à droite). En réalité, les difficultés commencent un poil avant. Et trop souvent, arrivée tant bien que mal à cet endroit, ma roue avant me joue des tours, elle glisse et saute sur les pavés poussiéreux avec un entrain trop peu modérée. Dans une lutte acharnée, je tente en vain de la dompter, de la garder dans le droit chemin, vers le haut. Mais lasse d'essayer de deviner par quelle côté elle m'emmène, je me retrouve parfois en travers du chemin, et d'autres fois, dans le caniveau, le mur de gauche me frôlant dangereusement. Pour couronner le tout, un voisin a posé un piège diabolique, en laissant en face de cette maison sa voiture, un gros 4x4 qui bloque quasiment tout le passage. Il ne me reste plus qu'à la contourner par la droite en évitant de passer trop près d'un pitbull énorme qui s'est fixé un autre challenge: celui de sauter par dessus la porte.
J'avoue que je n'ai pas encore réussi à atteindre la voiture et le pitbull. Je passe encore à pieds, mais j'analyse la situation pour les prochaines tentatives.
Au vu de toutes ces difficultés imprévues et des progrès trop longs, j'ai décidé de prendre les choses en main. J'ai trouvé des compagnons pour aller m'entraîner avec acharnement sur un autre terrain de jeu.
Après ma première sortie vtt dans "el cañon de Doña Petra", je me retrouve en bas du chemin. Cette fois je n'ai plus froid au yeux. Je fonce! Et j'arrive doucement jusqu'à la maison bleue, rien ne peut m'arrêter. Je me sens en confiance. La voiture n'est pas là, toutes les chances sont de mon côté. Enfin c'est ce que je croyais, car passe une seconde et je me retrouve les pieds à terre à remettre la chaîne de mon vélo qui a déraillé vraiment quand il ne fallait pas !
Depuis cet épisode malheureux, j'ai refait quelques tentatives plus fructueuses. J'atteins avec aise le milieu de la maison bleu, il me reste le problème de la voiture à régler. En attendant, j'en profite pour m'entraîner, à remonter sur le vélo en pente après m'être arrêtée, pour continuer le reste du chemin. Je commence là aussi à voir quelques progrès.
Je prévois d'autres sorties dans le cañon pour me perfectionner encore plus, je n'en ai fait qu'une pour l'instant.
Vous qui vous demandiez donc ce qu'il en était, vous voilà rassurés: je n'ai pas encore dit mon dernier mot, na!
(un petit mot pour rassurer ma grand mère chérie: ce récit est légèrement romancé, je ne risque rien dans ce sentier, le chien n'est pas méchant)
quel suspens, tu m'a tenu en halène jusqu'au bout :D Encore un peu d'entrainement et tu pourras monter la bastille en vélo par les escaliers ou sauter des barres de 10 mètres avec ton VTT....
RépondreSupprimer( euh message pour la grand mère d'Emilie, bien sur c'est pour rire ;-) )