19h30: arrivée à l'hôtel Ibis d'Abidjan, en travaux. La moitié du hall de réception a des airs d'immeuble en réparation post cataclysme nucléaire: peinture qui s'effrite, pas de revêtement sur le sol... Des barrières et du plastique sont censés dissimuler le tout.
Cerise sur le gâteau, après plus de 10h de voyage, je découvre que personne à la réception ne sait quand part la navette pour Yamoussoukro, lieu de la conférence auquel je dois me rendre le lendemain. Une mission s'impose alors à moi: trouver des résidents qui sont inscrits à la conférence.
Avant toute chose, je n'oublie pas de prendre une bonne douche. Je peux ensuite me diriger vers l'extérieur de l'hôtel où des petites tables et chaises sont disposées. Plusieurs groupes prennent un verre en discutant: des blancs et des moins blancs.
Le premier groupe à qui je m'adresse est un groupe de deux. Ils affirment qu'un bus vient de partir. Réalisant qu'ils n'ont rien compris (les départs sont prévus pour le lendemain: il faut au moins 3h pour Yamoussoukro), je me retire et demande à un autre groupe. Ils me répondent, léger accent anglais, qu'ils ne connaissent pas la conférence. Après qu'ils m'aient proposé leur téléphone portable, je réalise que j'ai effectivement 3 numéros d'organisateurs à appeler. L'affaire est donc vite réglé et l'horaire de la navette entendu pour 6h du matin (Aïe).
Comme mes sauveurs ont l'air charmants, je m'installe un moment pour discuter avec eux. Tous manient au moins l'anglais et le français à la perfection au point de changer de langue une phrase sur deux. Pour le fun j'imagine.
J'apprends de l'une de mes interlocutrices les quelques coins à voir à Abidjan, le numéro d'un chauffeur de taxi, un bon gars qui peut me faire visiter la ville. Elle a passé un an et demi dans le nord de la côte d'ivoire. Je me demande qui sont ces gens. Petits détails qui les trahissent: l'un d'eux me prête un stylo portant le sigle de l'union européenne. Je n'ai pas le temps d'en savoir beaucoup plus. Ils doivent partir travailler, sur je ne sais quoi en rapport avec leur mission ici: observer les élections présidentielles.
Ben oui, dans quelques jours, la Côte d'Ivoire change de président. Et après les crises politiques précédentes, Dieu sait que c'est un important événement. Au point qu'un staff de plus de 15 personnes de l'Union européenne soit missionnés en observation? Pour vérifier le bon déroulement des élections et de la campagne présidentielle, j'imagine.
En tout cas, je suis fascinée par leur gentillesse, leur maîtrise d'au moins 3 langues, par le job qui doit être vachement intéressant et par les moyens.
Quand je pars le lendemain vers 7h (la navette n'a qu'une heure de retard !), je les observe préparer leur expédition dans le nord. Un gros 4/4 est stationné en face de l'hôtel. Un Africain dépose sur les portières de gros et beaux autocollants de l'Union Européénne, ornés du nom de leur mission. Cependant, un détail choque: il a collé un des autocollants à l'envers. Va-t'il s'en rendre compte?
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