"C'est ta première fois à Abidjan? Moi ça fait plus de 20 ans que je vis dans cette merde. Tu vas voir, ici, c'est mort. Y a rien à faire. Si à la limite, le week end ça bouge un peu plus. Le vendredi soir, on peut sortir. Mais en semaine, rien. Les gens travaillent puis se couchent"
Voilà la prometteuse entrée en matière qu'un jeune homme me fait lors de l'atterissage. Mon expérience ne peut que confirmer ses dires. Les villes ne semblent pas avoir de politique d'aménagement et les villages sont trop pauvres pour développer quoi que ce soit.
Donc pas de réel centre, quasiment pas de parc, ni de musée. Pas d'infrastructures ou si peu. Personne n'a d'Iphone , et quelquefois même pas de télé.
Je me rends compte qu'ici, comme en Amérique Latine, l'important c'est les autres. Pour se divertir, pour passer le temps. D'où l'importance du foot qui ne nécessite qu'un ballon et des poteaux improvisés. En plus, c'est un bon sujet de conversation. D'où les villes qui ressemblent à des immenses marchés où tout le monde vit dehors, avec les autres.
"Avant y avait télé. C'était intéressant. Maintenant si je rentre me coucher tôt, je me sens seul" me dit un ami N'zema que je me suis fait dans un village sur la côte.
Etrangement, moi aussi, en France ou ailleurs, si je rentre me coucher tôt, je me sens seule.
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