samedi 24 décembre 2011

Mexico Loco

Entre passer Noël aux US, et aller faire un petit tour du côté des voisins, je n'ai pas pu hésité longtemps !
Me voilà en train de passer une petite semaine au Mexique. J'aurai pu partir près des côtes et profiter du 30 degrés à l'ombre et de l'eau à 25. Mais j'ai plutôt choisi culturel en allant à Mexico quelques jours pour ensuite passer Noël à Metepec près de Toluca, qui est à 1h30 à l'est de Mexico à 2680 m d'altitude. La ville la plus haute d'Amérique du Nord. Il fait quand même une vingtaine de degrés la journée et moins froid qu'en France la nuit. 
Je viens juste d'arriver chez Michelle, mon ancienne colloc. Mes quelques jours passés à Mexico ont été comme d'habitude très mouvementés. J'avais prévu d'aller revisiter les ruines et le musée d'antropologie. Finalement je n'ai rien fait de tout ça. Je me suis laissée porter par le vent et les rencontres fortuites que j'ai faites. 
Ma premire journée a été une journée d'exploration du centre historique et de ses marchés. J'ai pu faire 30 magasins de chaussures différents, parce que je suis tombée dans la rue des chaussures. A Santa Cruz, toutes les filles ont les mêmes chaussures, des UGG australiennes en fourrure a 100 dollars. Je les trouvais jolies jusqu'à ce que j'en vois autant. Aux pieds des filles et dans les magasins ... Cela paraissait un complot. Du coup, à Mexico je me suis lâchée sur les chaussures à 300 ou  500 pesos (21 - 35 dollars ou 16-30 euros). Ici on trouve de tout pas cher. La qualité n'y est pas forcément mais on a le choix.
Je me suis aussi coupée les cheveux pour 50 pesos (3 euros), le prix de 4 quesadillas, ou d'un kebab ici si vous préférez. Je veux depuis longtemps me les faire pousser mais pour 3 euros !! j'ai pas résisté.
C'est pas très culturel tout ca, mais je connais déjà beaucoup de choses à Mexico, alors j'ai passé du temps à me balader sans me presser, des vacances quoi, et à observer la multitude de petites gens s'affairer partout !
J'ai quand même visité le musée/maison de Trostky, parce que Trostky s'est réfugié à Mexico où il a été assasiné; et le musée de Interventions à Coyocan, qui narrait l'histoire mexicaine à travers les influences étrangeres. 
Finalement je me suis rendue compte que ce musée parlait beaucoup des Etats-Unis. Finalement je me suis rendue compte que le Mexique copie beaucoup les Etats- Unis, politiquement parlant surtout. D'abord, ce sont les Etats Unis Mexicains. Ensuite ils ont voulu faire comme Washington DC avec le Districto Fédéral, qui est en fait la capitale Mexico. Enfin l'influence s'immiscie un peu partout. Au détour d'une rue, on peut trouver une laverie qui s'appelle. International US Laundry... ou quelque chose dans ce genre. 
Hier soir, même, la maman de Michelle me disait "je trouve ca bien qu'on prenne modele sur les US, tant qu'on garde la bonne bouffe". Et oui! Le Mexique restera toujours aussi fier de sa bouffe. Un peu comme la France ! Moi j'approuve. La bouffe mexicaine, c'est une explosion de saveurs dans la bouche. Cest 10 fois plus intéressant et varíé que la bouffe des US.  Les bons produits ne font pas tout, il faut aussi savoir les cuisiner et les mexicains savent y faire. 
Je pourrai parler 5 heures du Mexique. Mais je ne crois pas que vous ayiez 5 heures devant vous. 
Ce qui me tient à coeur, ce que j'aime particulierement ici, c'est la locura (la folie). Si je n'ai pas fait ce que j'avais de prévu, c'est parce que des rencontres fortuites m'ont mises sur d'autres chemins. Ici TOUT est possible. J'ai par exemple croisé, au détour d'une rue, un colombien que j'avais connu dans la rue il y a 2 ans et demi. Rencontrer quelqu'un de connu à Mexico, alors qu'il vit au Guatemala et que je vis aux US, c'était tout simplement incroyable. Je me suis pincée plusieurs fois mais j'étais bien réveillée. J'y ai cru voir alors un signe du destin ce qui m'a fait changer mes plans et ne pas aller aux pyramides Teotihuacan le lendemain. Finalement ne pas aller aux pyramides m'a fait rencontrer à l'hôtel, deux francais en échange en Californie dont une à Santa Cruz...! Là aussi, je n'en reviens toujours pas. 
 J'ai vécu tant d'expériences émotionnellement fortes au Mexique que je comprends pourquoi ils sont si religieux et croient aux miracles ou aux apparitions, mangent des champignons hallucinogenes et se font lire les cartes du Tarot. La maman de Michelle sait interpréter les rêves aussi. Chaque matin, chacun raconte son cauchemar au petit déjeuner!
Une autre chose que je tiens à préciser et qu'on ne dit pas assez. Le Mexique n'est pas un pays hostile, où se balader dans la rue est dangereux et où on risque un vol à chaque coin de rue. J'ai pris le métro à minuit. Je me suis baladée seule dans le centre à la même heure. J'ai visité pleins de marché, seule aussi, avec ma tête de gringa, sans qu'on m'agresse. Je peux poser mon sac sans trop stresser dans un café alors que je vais choisir la part de gateau, je garde un oeil dessus c'est tout. J'ai confiance aux familles qui prennent leur pause dans ce café. Si jamais je crierai au voleur ... On m'aide plutôt, ou on me fait payer un peu plus cher... 
Parler espagnol doit aider ... mais il suffit de demander aux gens, ce qu'on peut faire ou pas faire... Bien sûr que l'on ne peut pas se balader n'importe où, mais en général, on peut. Un minimum d'attention suffit. Les deux seules fois où je me suis fait ouvertement arnaquée, c'est lorsque j'ai rencontré des gringos ne parlant pas espagnol. Ils m'ont chacun fait croire qu'ils étaient dans la merde, sans argent, sans valises, alors qu'ils devaient rentrer chez eux. Et ils te baratinent trois heures pour te soutirer 200 pesos. Moi ca m'exaspère. Ce manque d'honnêteté m'est insupportable.  
Alors voilà, j'aime le Mexique ! Et je vous conseille à tous d'y aller. Bon je vous laisse, je vais aller aider aux préparatifs de Noël. Je vous raconterai plus tard comment ca se passe ici (avec des photos cette fois) ! Joyeux Noël à tous ! Je vous aime. Peace ! Nos vemos.

mardi 13 décembre 2011

Les 40% manquants

Depuis un certain temps, je me sens bizarre. Je peux être dans un endroit quelconque, un magasin de supermarché et d'un seul coup, paf ! LE vague à l'âme ! La saudade.
Forcément je me dis que c'est parce que les rayons sont pas agencés pareils qu'en France, mais bon quand même ! je peux pas être si déboussolée pour si peu ! surtout que je devrais y être habituée maintenant ! après 7 semaines ...
Bon, et puis, ça s'en va.
Et ça revient ...! Sans raisons apparentes. Au cours d'un repas !  Tout le monde s'amuse, des gens géniaux, de la bonne bouffe,... Bref, pas de quoi avoir le blues ! Et pourtant ...


Après l'incompréhension, les tentatives de comprendre :"je suis trop vieille pour m'adapter, j'aurais mieux fait de rester tranquille là - bas à Grenoble" "oui mais bon, j'ai même pas 30 ans "......
" Je S'rai Devenue Une Vraie Conservatrice avant l'heure ?!? " (Effroi ... )  ,  et finalement l'abandon  :"ça passera"...;
ce soir ! Enfin ! J'ai compris !!
Ce sont les 40% !! Ceux qui manquent ! A la radio, quand tout le monde parle, quand on raconte une blague, ou juste pour dire bonjour et taper la discute , ...  Le Bruit Ambiant !.


La consécration des quotas de chansons francophones à la radio : la loi du 1er août 2000
  • le quota reste de 40 % de chansons francophones dont 20 % de nouveaux talents ou de nouvelles productions pour les radios généralistes ;
  • pour les radios spécialisées dans la mise en valeur du patrimoine musical, le quota est fixé à 60 % de chansons françaises dont 10 % de nouvelles productions ;
  • pour les radios " jeunes " le plancher est de 35 % de chansons françaises mais avec 25 % de nouveaux talents.

Voilà, je ne suis peut être pas encore une rigide hostile au changement ! Ce sont juste les 40 % de mots français ambiants qui me manquent.
Quand je ne comprends pas les blagues; quand je ne dis rien, que je reste de marbre, plutôt que d'en dire une, bien drôle, sans réfléchir, avec la spontanéité qui me connaît ... Quand je ne comprends pas les gros mots; quand tout ce que j'entends est anglais partout, avec différents accents; et quand eux ça les fait marrer, mais moi pas du tout, parce que j'y comprends encore moins;  Quand je passe 10 minutes à faire comprendre la lettre V de Neveu au téléphone;  quand je m'endors au milieu d'une réunion parce que bon, je me suis efforcée de comprendre les 5 premières minutes; Quand toute les musiques de magasins sont de la country/pop/rock (vous avez remarqué ? presque tous les noms de musique sont anglais .....!! )  à la sauce "merry christmas" en veux-tu, en voilà !
Et bien mine de rien! Ca use...

Finalement pas grand chose de neuf sous le soleil. La prochaine fois que j'ai le blues, je pourrai toujours me dire que "ça passera", mais cette fois -là  je saurai pourquoi...
Parce qu'en France, on fait des supers lois proctectionnistes alors qu'il suffirait de diffuser tout en anglais tout le temps pour que personne soit  déboussolé quand on parle anglais partout.

Ceci n'était pas un message du ministère de la Culture et de la Communication.

mardi 6 décembre 2011

Just a place in the sun

Salut à tous !

La routine s'installe (et le boulot prend de la place) et ils commencent à se faire compliquer de trouver des sujets intéressants. Mais bon, j'ai pas forcément besoin de parler de choses intéressantes après tout.

Alors je vais parler de mon week-end. J'ai commencé par me lever assez tôt, 9h, pour aller participer au défilé de Noël. C'est un concept inutile, avouons-le. Mais ici, on nage dans la culture "entertainment".
Du coup, ils font des défilés de Noël où tout le monde met un chapeau de Père Noël et marche dans la rue.
Bon, d'accord, j'exagère! Il y a plusieurs groupes. Des écoles, des associations en tout genre, de parents d'élèves ou regroupement du personnel des bibliothèques municipales, des rangers , des vieilles voitures aussi. Des déguisements divers et variés. C'est très familial.






 
Pour plus de photos, si vous avez facebook https://www.facebook.com/media/set/?set=a.331663506850176.99235.111541265529069&type=3 , pour les autres il y a la vidéo de l'an dernier et comme pas grand chose ne change d'une année sur l'autre:
http://cacmx.mirocommunity.org/video/300/santa-cruz-downtown-holiday-pa


Comme c'est mon premier défilé de Noël, plutôt que de regarder sagement les gens passer, j'ai carrément participé en tant que membre actif d'un collectif anti OGM. Ca rigole pas. Attention ! Les bonnets de Noël sont juste là pour faire croire qu'on est des gentils.


Je vous explique comment je suis arrivée là. C'est un concours de circonstances. Une amie m'a proposée. Je ne suis pas spécifiquement contre les OGMS. Je veux plutôt dire qu'il y a tellement de causes dignes d'être défendues que je ne vois pas vraiment pourquoi celle-là plutôt qu'une autre. Mais je me sens concernée et je ne pouvais pas refuser un défilé de Noël ;-).

Ici il parait qu'il y a des OGMs dans toute la nourriture qu'on achète même les trucs bios et tout bons dont je n'arrête pas de parler. Et rien n'indique sur les étiquettes leur présence.  Je ne suis pas sure qu'en France les OGMS soient indiqués mais il parait qu'il y en a moins.
Tout ça pour dire que ça fait beaucoup d'"il parait". Alors c'est sûr que ça serait bien de savoir vraiment.
Je ne vais pas vous faire un cours sur les OGMS, il faudrait que je me renseigne un peu plus d'abord.... Et puis vous pouvez le faire vous-même :-)

Ce défilé m'a aussi permis de faire la rencontre d'une charmante dame qui travaille dans la recherche en politique et qui a écrit justement des bouquins sur les OGMS, ou sur les militaires. Je n'ai rien compris à son dernier sujet de recherche, à part qu'elle doit aller interviewer des gens importants.
Vous remarquerez au passage l'utilisation d'anglicismes fortuit. Si vous les trouvez tous, vous aurez droit à un calendrier de l'Avent envoyé tout droit des Etats Unis. Le temps qu'il arrive, les chocolats auront fondus, et Noël sera passé..., mais vous aurez la gloire !

Après cette manifestation hors du commun, j'ai fait un tour dans un magasin "vends, achète, échange" dont je vous parlerai bientôt... Si, si, c'est vachement intéressant le shopping ici.
A la sortie, une amie m'a appelée pour aller manger. On a ensuite marché le long de la mer et encore admiré un super coucher de soleil. (Ce court passage a la volonté insidieuse de vous faire croire que j'ai pleins d'amis qui m'appellent, pour faire des randos de fous).







La nuit tombée, j'ai rejoint à vélo mon colloc pour un autre défilé. Celui des bateaux ornés de guirlandes dans le port. C'est vraiment les célébrations de Noël avant l'heure... !
L'occasion de découvrir une autre jolie plage avec un bô resto qui donne vue sur le port et organise des barbecues dans le sable quand il fait chaud.








Mais la journée ne s'est pas finie sur la plage. Je suis finalement retournée seule chez moi et j'ai décidé sur un coup de tête d'aller au ciné. Le film "The descendants" avec Clooney était génial. Je peux me la péter en allant voir des films qui ne sont pas encore sortis en France. Ah comme vous avez la haine...! Bon d'accord, je peux pas aller voir LE film du moment les Intouchables mais vous ne pouvez pas aller voir The descendants qui est vachement bien.


Sinon, dimanche, j'ai nagé dans la mer, pendant un quart d'heure. J'ai dû ensuite prendre une douche très chaude pendant 20 minutes pour réchauffer tous mes organes internes qui avaient disparus par contractions dues au froid. C'était une expérience déconcertante. Bref, j'ai nagé dans la mer à 12 degrés, et je ne vous le conseille pas même si c'était pas désagréable sur le moment (l'eau, le soleil, la plage... )

Pour clore ce petit week end bien sympathique, j'ai eu la visite d'une amie française rencontrée à Ensenada au Mexique. Ca m'a fait super plaisir d'avoir des invités ! Les premiers mais pas les derniers j'espère ;-)


Bon, voilà, c'était mon week end.

mercredi 30 novembre 2011

Mercredi c'est sushi !





A chaque jour son expérience ! Aujourd'hui pour me changer des sandwichs quotidiens, ou de la soupe/salade de cafét  du coin, j'ai été tester les "RUs" étudiants. Au risque d'y perdre une dizaine de dollars. C'est que c'est pas donné sans les tickets resto ou autres privilèges français.

C'était rigolo. Un rien ne m'amuse. Je vais faire un fight RU/ UCSC dining:

1. C'est plus de bons produits. Ben oui c'est bio (voir ma note précèdente http://mili-aupaysdesmerveilles.blogspot.com/2011/11/vous-en-reviez-ils-lont-fait.html)

2. C'est plus de choix: soupe, salades, plats internationaux (lasagnes, poulet en sauce, trucs chinois, indiens, ou mongols ..), des légumes, riz, frites, burgers, pizzas, avec ou sans gluten, veggie/pas veggie, fruits, pain de mie/ pita/tortillas, desserts, café/cappucino/french vanilla style roast café, crème glacée, et .... sushis!  Ca change du porc /pas porc du RU.

3. C'est à volonté. Plus besoin de se prendre la tête  "si je ne prends qu'une entrée, est-ce que j'ai le droit au fromage plus un dessert... mais alors faut pas que je prenne de viande".

4. C'est pas du tout mais alors pas du tout culinairement parlant un exemple. J'ai vu de mes propres yeux des dizaines d'étudiants prendre une assiette de sushis, des frites, et puis un burger et quand même un peu de légumes. Ceci dit, on sent bien qu'ici ils n'ont pas le sens du bon goût. Remarquez, cela donne une sensation de liberté infinie! Si tu as toujours rêvé de pouvoir mettre un pantalon en polaire rose, avec des bottes en cuir sans te taper la honte, sache qu'ici tu peux être compris.

5. J'ai essayé les sushis et le cappucino en machine, c'est dégueulasse. (Faut dire que j'aime le risque)

Mais le principal c'est que tu peux manger bien et beaucoup, avec une terrasse qui donne vue sur la mer aussi. C'est sympa la vie ( pour 10 dollars) !

jeudi 24 novembre 2011

Et si on remerciait les indiens pour nous avoir appris à survivre....

Il y a les touristes qui viennent faire un tour à Santa Cruz pour s'échapper un peu de San Francisco et admirer un soir un coucher de soleil sur la plage. Il y a des gens qui vivent à Santa Cruz et qui peuvent admirer ce foutu coucher de soleil tous les jours.

Bien sûr, en ce jour de Thanksgiving, il n'y a que les touristes et les étrangers pour venir se prélasser sur la plage au crépuscule.

Thanksgiving. Une fête, un peu avant Noël, pour commémorer la tuerie des Indiens. Voilà ce que c'était pour moi.
Depuis un mois, c'est aussi un jour férié, synonyme de long week end, synonyme de vacances, voyage, détente. Je n'ai pas été cherché plus loin.

Comme c'est aujourd'hui Thanksgiving, le 24 novembre, j'ai été cherché un peu plus loin. Histoire de mourir moins bête et de savoir pourquoi je vais manger de la dinde.
http://g.co/doodle/ab23hc

Voilà donc ce que j'ai trouvé. Historiquement c'est une fête chrétienne pour remercier Dieu de ce qu'il a offert durant l'année et plus particulièrement pour la récente moisson qui fait qu'on survivra l'hiver.
Ce n'est pas très original mais ça se défend. Tout de même, j'ai été dèçue. Je ne trouve pas ça très intéressant. Mais qui suis-je pour juger et décider des jours fériés?
L'ironie se trouve peut être dans cette anecdote qui explique la première célébration de cette fête. Les dissidents anglais, en 1620, forment une colonie au Nord Est des US, colonie qui ne survivra uniquement grâce à l'aide des amérindiens qui leur apprennent à cultiver le maïs. L'automne suivant, les colons décident donc naturellement de fêter la moisson en mangeant de la dinde en compagnie des amis Indiens.
Remercier Dieu c'est bien gentil, il ferait mieux de remercier les Indiens. Ah ben non! C'est trop tard, ils ont presque tous disparus...

Maintenant c'est une fête familiale assez importante puisque long week end il y a. Et une fête familiale quand on n'a pas de famille, c'est un peu tristounet. Heureusement (!) ici, beaucoup vivent éloignés de leur famille et organisent des fêtes entre amis plus ou moins ouvertes à tout le monde. Pour moi ce sera avec mon boss et une autre collègue, anglais tous les deux. Je n'aurai pas de dinde (ils sont végétariens) mais je sens venir le coup des haricots à la confiture....

vendredi 18 novembre 2011

As time goes by

Le temps passe, et bientôt toutes les petites choses qui semblaient extraordinaires s'érodent.

La rue qu'on emprunte tous les matins; le câble tendu le long des fenêtres des bus et qui, lorsqu'on tire dessus, indique au chauffeur que l'on veut descendre; le daim ou l'écureuil qui se pavane au bord des chemins;



















la vue sur la mer depuis les collines du campus où je travaille (oui oui, je travaille) ;
Cette photo est prise avec un téléphone portable pourri, donc on voit pas vraiment la mer qui est au fond ....



les arbres géants et pourtant si fins qui montent vers le ciel tels des totems élancés;

le ciel bleu et sans nuages; la sieste dans l'herbe au soleil au bord de la piscine découverte du campus où je vais nager entre midi et deux; ou bien sur la plage le week end ; les gens aimables qui avouent qu'hier ils allaient mieux qu'aujourd'hui; et mon colloc voisin de pallier qui vient me dire bonne nuit tous les soirs, en français, avec un sourire éclatant de joie de vivre.

Le temps passe et on s'habitue.
Quand l'humeur y est, on trouve ça génial, de vivre toutes ces choses.

Quand l'humeur n'y est pas, on se noie dans les souvenirs de toutes ces choses extraordinaires qu'on avait en France mais que l'on ne voyait plus par habitude.
Bizarrement les bons côtés français semblent alors plus importants que les bons côtés ricains. Peut être parce qu'ils réfèrent à des habitudes qu'il est impossible d'avoir ici. Dans ces moments-là, on ressent particulièrement le manque de la famille et des amis qu'on aime et qui sont loin.
Dans ces moments-là, il est nécessaire de prendre conscience que toutes ces petites choses que l'on fait par habitude sont extraordinaires, ici ou ailleurs..... et de reprendre un petit peu de chocolat.

vendredi 11 novembre 2011

Le jour où en cherchant internet j’ai trouvé Jack Kerouac

 

Plantons le décor ! Une ville classée Patrimoine mondial de l’Unesco. Petite, mais extraordinairement charmante.
Non! Pas faite de petites ruelles qui s’emmêlent. A peine quelques passages couverts entre les rues, presque parfaitement quadrillées. Pas de couleurs chaudes non plus, pas de jolies places ombragées pleines de bars, de bancs, de gens, de vin et de vie. Rien de très latin en somme. Ce qui n’est pas étonnant. Je me trouve en plein sud de l’Angleterre. Mais voilà! De grandes pierres blanches qui forment tous les édifices, l’uniformité architecturale, les rues aérées (sans être trop larges), le mélange étonnant de la culture “typically british” et d’un cosmopolitisme  partout sous-jacent. Une ville qui ne ressemble à aucune autre. Si je n’avais que deux mots: élégance sobre. Ou bien, extravagance guindée. Quoique “extravagance  sobre” pourrait convenir aussi.





Parlons plutôt de ce qui m’a fait atterrir ici. Un entretien d’embauche! Pour demain! Je me suis arrangée pour arriver un jour avant. Faire la touriste, mais aussi découvrir la ville qui sera peut être mienne. La fin de l’après-midi survient avec la fin des visites culturelles. Avant de me  laisser aller à la rêverie le long des rues charmantes du centre-ville, je veux faire un tour virtuel dans ma boîte aux lettres pour y récupérer l’heure et le lieu du rendez-vous si important du lendemain. Je fais partie de la génération internet. Voilà, c’est dit ! Je mémorise de moins en moins. J’ai appris à apprendre, à m’organiser, à trouver rapidement toute sorte de choses mais sous réserve d’avoir accès à Internet. Que le web disparaisse, je me sens un peu vide. Aussi je n’ai pas pris de notes et uniquement mon ordinateur portable. Car je fais partie de la génération Wifi également. Celle qui croit naïvement que le sans-fil s’est immiscé dans de plus nombreux recoins que les extraterrestres. Aussi telle n’est pas ma surprise quand, de retour à l’hôtel, la réceptionniste m’informe qu’il n’y a malheureusement pas encore le Wifi. En Angleterre! Mais pas de souci. L’hôtel à 100 m dans la même rue, lui en est équipé! En échange d’un thé, je serai connectée au monde et surtout à mes mails. Munie d’une confiance sans faille et de mon ordinateur emballé minutieusement pour échapper aux gouttes, je me dirige vers l’hôtel suivant et m’installe devant une tasse fumante de ce fameux breuvage british. Ca tombe bien! J’avais envie d’une pause de ce genre. 20 minutes passent. J’ai réussi à venir à bout des 30mL de thé bouillant mais je n’ai pas réussi à me connecter au monde. Problème de réseau? d’ordinateur? Le pauvre serveur, du bar pas du web, court chercher de l’aide mais se retrouve aussi impuissant que moi. Je commence alors à croire que lire mes mails ne va pas être chose facile. Mais pas le temps de me lamenter. On me propose le pub d’en face. Effectivement je capte un réseau Wifi du nom de ce pub. Me voilà donc équipée d’une pinte de Guinness, attablée devant mon ordinateur. Et bien oui! Après une courte hésitation, j’ai choisi de m’adapter au lieu. Et puis, déguster une bière tout en savourant ses mails, ça multiplie les plaisirs. C’est sans compter les défaillances répétitives de ce maudit portable. Après plusieurs essais, je me résous à appeler au secours. Ca aura le mérite de briser ma solitude et de me faire pratiquer l’anglais. “Non, non, le Wifi fonctionne. Pas de doute. Ah vous avez un Mac ! Ca arrive souvent avec ces ordis-là”. Le problème vient donc de mon superbe Macintosh. Cela n’est pas pour me rassurer. Une nouvelle fois: “Vous savez où je peux trouver internet? Un cyber-café?” La réponse me vient dans un anglais aux sonorités locales tout à fait exotiques à mes oreilles. Je saisis deux, trois mots: au carrefour, à droite, pub. Dépitée, je retourne m’asseoir et descends doucement la pinte en pensant à la prochaine qui m’attends au coin de la rue, à droite. Ca va commencer à me faire cher le mail. Rapide coup d’oeil à l’heure: 18h, presque! Les magasins vont sûrement bientôt fermés. Moi qui voulais faire les soldes....




Je reporte le pub à plus tard et m’en vais chasser mes frustrations par des achats compulsifs. L’air se sèche, et il est doux de respirer la fraîcheur de la soirée qui s’installe. Je dépasse l’abbaye et m’enfonce dans les rues si calmes, où il y a peu une foule se pressait. Un doute m’envahit. Tout est-il déjà fermé? Même la boutique où j’avais repéré cette merveilleuse robe rouge, simple et élégante, légèrement vaporeuse, dont l’achat suffirait à me redonner le sourire aux lèvres.  Deux pâtés de maison plus loin, mes rêves de tissus soyeux s’évaporent devant les portes fermées de la dite-boutique. Restent les frustrations.







 Seule avec mes échecs, je me sens perdue, bête. Me revient alors à l’esprit le programme de ma soirée. Je m’imagine avaler 5 ou 6 pintes de bières pour finir par rentrer à l’hôtel, bredouille et éméchée, avec la mission de finaliser la présentation orale du lendemain.
J’éclate de rire. Non pas un rire nerveux. Un vrai fou-rire. Ca libère, je me sens plus légère. D’un seul coup, je focalise non pas sur l’échec de ma soirée, mais sur son comique. La situation n’est pas si grave. J’irai très tôt à l’Université et demanderai à qui veut bien où est le département des mathématiques. Pas de quoi pleurnicher ! Plutôt en rire ! Même en Côte d’Ivoire, j’avais trouvé Internet plus facilement. Je vais pouvoir me servir de cette histoire pour la raconter telle une blague. Ca me fera de bons souvenirs. L’humeur joyeuse, je retourne alors vers l’hôtel. Sur le chemin, une librairie m’offre son accueil. Sûrement le seul endroit encore ouvert. Je m’y aventure: ma boulimie de livres m’a repris récemment. Au détour d’un chemin, je tombe nez à nez avec un présentoir bien garni. Un livre attire mon regard. Il porte une note manuscrite du libraire. Le genre de note qui dit “ This novel had changed my life”. Je l’achète, compulsivement. Mes frustrations s’envolent définitivement à la caisse. Cependant, en sortant de la boutique, je m’interroge. Pourquoi avoir acheté ce livre? Je sais pertinemment que ce bouquin ne va pas changer ma vie. Mieux! Je n’ai pas vraiment envie d’en changer. Alors pourquoi ce livre dont je ne sais rien plutôt qu’un autre? L’envie de me laisser surprendre ! Et si le lire changeait réellement ma vie? Je sens que l’inconscient joue ici un grand rôle.
Finalement au détour d’une rue, une boutique “internet lounge”  apparaît, comme tombée du ciel. Elle m’a permis d’assister sans encombres à l’entretien. Auquel je n’ai pas été prise.








“On the road" de Jack Kerouac, par contre, a été promu, quelques mois, livre de chevet. Je sais déjà que ce monsieur me suivra longtemps dans la vie pour devenir, peut être, mon ange gardien, mon guide, vers une autre existence. Car après avoir lu le livre, j’ai finalement rejoint, comme Kerouac, la mythique Côte Ouest. Sans qu’il n’y ait de rapport. Un pur hasard.





mercredi 9 novembre 2011

Vous en rêviez, ils l'ont fait ... !

Je me doute bien que, depuis le message d'annonce de mon premier post américain, vous trépigniez d'en savoir plus sur le savoir-faire californien.
Je vous ai un peu fait attendre. Non mais, je fais ce que je veux de ce blog! N'empêche que vous savez, l'esprit de culpabilité, la volonté de bien faire, ... enfin bref je pense qu'il est temps que vous sachiez.

Entre parathèses, ce petit baratin, tout à fait inutile, me permet de me lâcher en français.
Donc, avant d'atterrir, j'avais été mise au courant. Le nord de la Californie, vers San Francisco, ils sont un peu bobos. Traduction: la bouffe doit pas être mauvaise.

Mais je m'attendais pas à ça.

Ca, ce sont les marchés de producteurs locaux un peu partout dans la ville et les environs. Et sous le soleil de la Californie, ça pousse bien. Tomates, piments, haricots verts, potirons, miel, ice-creams et ... marie jeanne.
Ca, c'est le temple du monde hippie! On mange bio et on consomme bio. Dans le centre, les supermarchés sont en fait des grosses coopérative bio, où  tout est bio et pas trop cher en plus; et quand c'est plus cher c'est que c'est des produits locaux. Si je veux pas acheter bio, il me faut une voiture pour aller faire les courses plus loin; et encore, je n'ai pas trouvé de supermarché non bio.
Tous les restos, les marques,  les shampoings, les cotons, les bières, les trucs et schtroumphs, sont "organics", sans "pvc" ni antibiotiques, "hand-made" et naturels. C'est à se demander si c'est pas une blague.
Ca, c'est le paradis des gens qui ont du mal à manger, genre les allergiques. On trouve de tout facile, avec lait, sans lait, farine de blé, de maïs, de potiron, de riz, d'amande.
D'ailleurs ce soir, j'ai mangé des pâtes au riz. Non, non, pas des pâtes avec du riz... Des pâtes sans gluten avec de la farine de riz.
Je me suis un peu loupée en faisant les courses, je ne dois pas avoir bien lu  l'étiquette et vlan, je me retrouve avec des pâtes sans goût.. Bon je me rattraperai demain au marché, là bas les produits sont vraiment bons.
Il convient à ce stade de ce monologue de vous certifier, que oui !!, les restos sont bons aussi. Sans parler de trucs exceptionnels, mais des petits trucs, genre mexicain ou pakistanais, qui vont bien le soir quand on n'a pas trop envie de faire la cuisine. Et bien c'est super bon. Ceux que j'ai eu l'occasion de  goûter tout du moins. Les aliments ont du goût! Ce n'est pas du tout aseptisé et congelé comme en France.

Et puis si même l'Université s'y est mise, c'est dire!



En passant, ce petit truc difforme et jaune c'est la mascotte... (sans commentaires).


Dans ce petit guide "nourriture et jardin", on y apprend qu'il y a 6 jardins sur le campus, tous bio et écolos bien sûr, et au moins une faculté qui forme aux cultures alternatives et qui en expérimente de nouvelles. 2 ou 3 jardins tout nouveaux, à peine créés par quelques étudiants, peuvent s'ajouter au tableau.
Mais tout ceci s'explique ! Mais oui ! Le premier jardin date de 1967. Suite au désarroi (si si le désarroi, je traduis en partie l'article) de la guerre du Vietnam, le jardin s'est bien développé et a bénéficié des mouvements prônant le "retour à la Terre". Les jardins, c'était un endroit parfait pour se sentir connecté à la nature (ben oui, t'as les doigts dans la Terre, difficile de faire plus près)
Encore une référence sixties ! Vous n'avez pas fini d'en entendre parler...

Revenons au petit guide! On y apprend aussi qu'en 2004 l'université a rompu son contrat avec sodexho (quelque chose s'est mal passé; mais quoi !!??? ) et que les organisations militantes ont profité de cette aubaine pour faire pression et remplacer ce grand fournisseur par des petits producteurs locaux et bio et super gentils en plus... Donc tous les "RU" du campus fournissent des produits du coin ou essayent du moins. Je ne les ai pas encore essayés, je ne sais pas si j'y ai droit (en payant cher je pense que oui, tout est possible avec de l'argent).

Voilà enfin la fin du monologue! Avant de m'en aller, je dois vous faire une confidence. Une amie américaine vient de me glisser à l'oreille que c'est bien beau tout ça, mais ce n'est vrai que dans le nord de la Californie. Dans l'Oregon, ce n'est déjà plus la même. Je vous avoue que je m'étais mise à rêver que tous les burgers des Etats-Unis étaient fait avec des tomates bio....

Mais puisque c'est possible, à quand les RU bios en France? A quand les formations universitaires sur l'agriculture durable? A quand les pâtes au riz pour tous?

lundi 31 octobre 2011

Jogging du dimanche

 

















Après la soirée d'Halloween, il fallait bien prendre l'air; histoire de se remettre les idées en place et de profiter du beau temps. Car contrairement à l'est des Etats Unis, ici il fait chaud et bon, on mange sur la terrasse et les tongs sont encore d'actualité.
Donc je voulais profiter du soleil et bouger un peu, je suis allée courir. Sur les conseils de mon colloc, j'ai pris la route le long de la mer, sur West Cliff. 

Et après une demi-heure de course à pieds admirative, je suis arrivée à la réserve de papillons Monarques.



















Bon, si vous savez pas lire l'anglais, ils racontent que les papillons migrent et arrivent ici vers début octobre pour y rester jusqu'en mars. Ils kiffent les eucalyptus et vivent longtemps (6/9mois).
Ca m'a bien remis de ma soirée. Un bémol, il y avait un poil trop de monde. Du coup je me suis échappée par un sentier tranquille qui faisait le tour du parc (tout petit il est le parc) et je suis arrivée sur la plage.
Une jolie petite plage pleine de surfeurs.


et d'enfants qui jouent. 
Je suis ensuite retournée chez moi. J'ai envisagée de prendre ma douche dans la mer mais ça sera pour la prochaine.... (elle est froide !!)
J'ai vu pire comme jogging.


dimanche 30 octobre 2011

Des news de la french girl partie aux States. Attention ça envoie du paté... (mais pas du foie gras)

Je suis entière, j'ai survécu aux quelques 17h de vol et au 9h de décalage horaire.

Me voilà arrivée à Santa Cruz, en Californie.
Depuis lundi soir.
Je découvre encore.


Dans la journée, je mangeais un très bon pain au chocolat dans un "salon de thé-boulangerie" super mignon. J'étais émue.  J'aurai aimé partagé ce moment avec vous. Mais en fait pourquoi partager un pain au chocolat, ça n'a pas de sens. Vous pouvez en manger tous les jours. Je vais plutôt vous faire partager un peu de ma vie.


Santa Cruz est une localité bien particulière des Etats Unis, et ça vaut le coup que je vous en fasse une petite description.

Moi, j'habite sur Beach Hill. En sortant de chez moi tout à l'heure, j'ai croisé, des maisons victoriennes imposantes,
des maisons décorées avec des citrouilles, des panneaux prévenant  les passants qu'ici on dénonce les crimes à la police, des new beetles, des décapotables et des vieux Vans volkswagen..., des tatoués en skate,  de vieux motels décrépits,


des jeunes fumant de la marie jeanne en haut d'un escalier, un bowling, un mini golf et un casino.















Et enfin le Boardwalk, un vieux parc d'attraction sur la plage.



Tout ça en 5 minutes.





J'ai pas besoin de vous faire un dessin, la plage, le sable, les terrains de beach volley, les 15 surfeurs qui se battent pour le rouleau, les mouettes, les enfants qui s'enterrent. Enfin la mer quoi. Elle a beau être froide, c'est quand même sympa de l'avoir à 5 minutes de chez soi.






Après mon petit tour sur la plage, je suis rentrée chez moi. Un de mes collocs préparait la déco pour la soirée d'halloween de demain .  La musique à fond, avec ces enceintes -là:



50 à 100 personnes sont attendues. Vu comment ils m'en parlent, ça va être l'événement de l'année. Je ne suis pas couchée...







On a ensuite mangé ensemble en buvant du vin, du fromage et du chocolat.
Je sais pas vous, mais moi, je pensais pas qu'on pouvait, aux States, manger bien.

Prochain épisode (spécial cacedédi pour Gaëlle) : comment on peut manger mieux aux USA, et moins cher qu'en France. !!!


Bonus: un petit avant-goût de la soirée:

home sweet home