mercredi 30 novembre 2011

Mercredi c'est sushi !





A chaque jour son expérience ! Aujourd'hui pour me changer des sandwichs quotidiens, ou de la soupe/salade de cafét  du coin, j'ai été tester les "RUs" étudiants. Au risque d'y perdre une dizaine de dollars. C'est que c'est pas donné sans les tickets resto ou autres privilèges français.

C'était rigolo. Un rien ne m'amuse. Je vais faire un fight RU/ UCSC dining:

1. C'est plus de bons produits. Ben oui c'est bio (voir ma note précèdente http://mili-aupaysdesmerveilles.blogspot.com/2011/11/vous-en-reviez-ils-lont-fait.html)

2. C'est plus de choix: soupe, salades, plats internationaux (lasagnes, poulet en sauce, trucs chinois, indiens, ou mongols ..), des légumes, riz, frites, burgers, pizzas, avec ou sans gluten, veggie/pas veggie, fruits, pain de mie/ pita/tortillas, desserts, café/cappucino/french vanilla style roast café, crème glacée, et .... sushis!  Ca change du porc /pas porc du RU.

3. C'est à volonté. Plus besoin de se prendre la tête  "si je ne prends qu'une entrée, est-ce que j'ai le droit au fromage plus un dessert... mais alors faut pas que je prenne de viande".

4. C'est pas du tout mais alors pas du tout culinairement parlant un exemple. J'ai vu de mes propres yeux des dizaines d'étudiants prendre une assiette de sushis, des frites, et puis un burger et quand même un peu de légumes. Ceci dit, on sent bien qu'ici ils n'ont pas le sens du bon goût. Remarquez, cela donne une sensation de liberté infinie! Si tu as toujours rêvé de pouvoir mettre un pantalon en polaire rose, avec des bottes en cuir sans te taper la honte, sache qu'ici tu peux être compris.

5. J'ai essayé les sushis et le cappucino en machine, c'est dégueulasse. (Faut dire que j'aime le risque)

Mais le principal c'est que tu peux manger bien et beaucoup, avec une terrasse qui donne vue sur la mer aussi. C'est sympa la vie ( pour 10 dollars) !

jeudi 24 novembre 2011

Et si on remerciait les indiens pour nous avoir appris à survivre....

Il y a les touristes qui viennent faire un tour à Santa Cruz pour s'échapper un peu de San Francisco et admirer un soir un coucher de soleil sur la plage. Il y a des gens qui vivent à Santa Cruz et qui peuvent admirer ce foutu coucher de soleil tous les jours.

Bien sûr, en ce jour de Thanksgiving, il n'y a que les touristes et les étrangers pour venir se prélasser sur la plage au crépuscule.

Thanksgiving. Une fête, un peu avant Noël, pour commémorer la tuerie des Indiens. Voilà ce que c'était pour moi.
Depuis un mois, c'est aussi un jour férié, synonyme de long week end, synonyme de vacances, voyage, détente. Je n'ai pas été cherché plus loin.

Comme c'est aujourd'hui Thanksgiving, le 24 novembre, j'ai été cherché un peu plus loin. Histoire de mourir moins bête et de savoir pourquoi je vais manger de la dinde.
http://g.co/doodle/ab23hc

Voilà donc ce que j'ai trouvé. Historiquement c'est une fête chrétienne pour remercier Dieu de ce qu'il a offert durant l'année et plus particulièrement pour la récente moisson qui fait qu'on survivra l'hiver.
Ce n'est pas très original mais ça se défend. Tout de même, j'ai été dèçue. Je ne trouve pas ça très intéressant. Mais qui suis-je pour juger et décider des jours fériés?
L'ironie se trouve peut être dans cette anecdote qui explique la première célébration de cette fête. Les dissidents anglais, en 1620, forment une colonie au Nord Est des US, colonie qui ne survivra uniquement grâce à l'aide des amérindiens qui leur apprennent à cultiver le maïs. L'automne suivant, les colons décident donc naturellement de fêter la moisson en mangeant de la dinde en compagnie des amis Indiens.
Remercier Dieu c'est bien gentil, il ferait mieux de remercier les Indiens. Ah ben non! C'est trop tard, ils ont presque tous disparus...

Maintenant c'est une fête familiale assez importante puisque long week end il y a. Et une fête familiale quand on n'a pas de famille, c'est un peu tristounet. Heureusement (!) ici, beaucoup vivent éloignés de leur famille et organisent des fêtes entre amis plus ou moins ouvertes à tout le monde. Pour moi ce sera avec mon boss et une autre collègue, anglais tous les deux. Je n'aurai pas de dinde (ils sont végétariens) mais je sens venir le coup des haricots à la confiture....

vendredi 18 novembre 2011

As time goes by

Le temps passe, et bientôt toutes les petites choses qui semblaient extraordinaires s'érodent.

La rue qu'on emprunte tous les matins; le câble tendu le long des fenêtres des bus et qui, lorsqu'on tire dessus, indique au chauffeur que l'on veut descendre; le daim ou l'écureuil qui se pavane au bord des chemins;



















la vue sur la mer depuis les collines du campus où je travaille (oui oui, je travaille) ;
Cette photo est prise avec un téléphone portable pourri, donc on voit pas vraiment la mer qui est au fond ....



les arbres géants et pourtant si fins qui montent vers le ciel tels des totems élancés;

le ciel bleu et sans nuages; la sieste dans l'herbe au soleil au bord de la piscine découverte du campus où je vais nager entre midi et deux; ou bien sur la plage le week end ; les gens aimables qui avouent qu'hier ils allaient mieux qu'aujourd'hui; et mon colloc voisin de pallier qui vient me dire bonne nuit tous les soirs, en français, avec un sourire éclatant de joie de vivre.

Le temps passe et on s'habitue.
Quand l'humeur y est, on trouve ça génial, de vivre toutes ces choses.

Quand l'humeur n'y est pas, on se noie dans les souvenirs de toutes ces choses extraordinaires qu'on avait en France mais que l'on ne voyait plus par habitude.
Bizarrement les bons côtés français semblent alors plus importants que les bons côtés ricains. Peut être parce qu'ils réfèrent à des habitudes qu'il est impossible d'avoir ici. Dans ces moments-là, on ressent particulièrement le manque de la famille et des amis qu'on aime et qui sont loin.
Dans ces moments-là, il est nécessaire de prendre conscience que toutes ces petites choses que l'on fait par habitude sont extraordinaires, ici ou ailleurs..... et de reprendre un petit peu de chocolat.

vendredi 11 novembre 2011

Le jour où en cherchant internet j’ai trouvé Jack Kerouac

 

Plantons le décor ! Une ville classée Patrimoine mondial de l’Unesco. Petite, mais extraordinairement charmante.
Non! Pas faite de petites ruelles qui s’emmêlent. A peine quelques passages couverts entre les rues, presque parfaitement quadrillées. Pas de couleurs chaudes non plus, pas de jolies places ombragées pleines de bars, de bancs, de gens, de vin et de vie. Rien de très latin en somme. Ce qui n’est pas étonnant. Je me trouve en plein sud de l’Angleterre. Mais voilà! De grandes pierres blanches qui forment tous les édifices, l’uniformité architecturale, les rues aérées (sans être trop larges), le mélange étonnant de la culture “typically british” et d’un cosmopolitisme  partout sous-jacent. Une ville qui ne ressemble à aucune autre. Si je n’avais que deux mots: élégance sobre. Ou bien, extravagance guindée. Quoique “extravagance  sobre” pourrait convenir aussi.





Parlons plutôt de ce qui m’a fait atterrir ici. Un entretien d’embauche! Pour demain! Je me suis arrangée pour arriver un jour avant. Faire la touriste, mais aussi découvrir la ville qui sera peut être mienne. La fin de l’après-midi survient avec la fin des visites culturelles. Avant de me  laisser aller à la rêverie le long des rues charmantes du centre-ville, je veux faire un tour virtuel dans ma boîte aux lettres pour y récupérer l’heure et le lieu du rendez-vous si important du lendemain. Je fais partie de la génération internet. Voilà, c’est dit ! Je mémorise de moins en moins. J’ai appris à apprendre, à m’organiser, à trouver rapidement toute sorte de choses mais sous réserve d’avoir accès à Internet. Que le web disparaisse, je me sens un peu vide. Aussi je n’ai pas pris de notes et uniquement mon ordinateur portable. Car je fais partie de la génération Wifi également. Celle qui croit naïvement que le sans-fil s’est immiscé dans de plus nombreux recoins que les extraterrestres. Aussi telle n’est pas ma surprise quand, de retour à l’hôtel, la réceptionniste m’informe qu’il n’y a malheureusement pas encore le Wifi. En Angleterre! Mais pas de souci. L’hôtel à 100 m dans la même rue, lui en est équipé! En échange d’un thé, je serai connectée au monde et surtout à mes mails. Munie d’une confiance sans faille et de mon ordinateur emballé minutieusement pour échapper aux gouttes, je me dirige vers l’hôtel suivant et m’installe devant une tasse fumante de ce fameux breuvage british. Ca tombe bien! J’avais envie d’une pause de ce genre. 20 minutes passent. J’ai réussi à venir à bout des 30mL de thé bouillant mais je n’ai pas réussi à me connecter au monde. Problème de réseau? d’ordinateur? Le pauvre serveur, du bar pas du web, court chercher de l’aide mais se retrouve aussi impuissant que moi. Je commence alors à croire que lire mes mails ne va pas être chose facile. Mais pas le temps de me lamenter. On me propose le pub d’en face. Effectivement je capte un réseau Wifi du nom de ce pub. Me voilà donc équipée d’une pinte de Guinness, attablée devant mon ordinateur. Et bien oui! Après une courte hésitation, j’ai choisi de m’adapter au lieu. Et puis, déguster une bière tout en savourant ses mails, ça multiplie les plaisirs. C’est sans compter les défaillances répétitives de ce maudit portable. Après plusieurs essais, je me résous à appeler au secours. Ca aura le mérite de briser ma solitude et de me faire pratiquer l’anglais. “Non, non, le Wifi fonctionne. Pas de doute. Ah vous avez un Mac ! Ca arrive souvent avec ces ordis-là”. Le problème vient donc de mon superbe Macintosh. Cela n’est pas pour me rassurer. Une nouvelle fois: “Vous savez où je peux trouver internet? Un cyber-café?” La réponse me vient dans un anglais aux sonorités locales tout à fait exotiques à mes oreilles. Je saisis deux, trois mots: au carrefour, à droite, pub. Dépitée, je retourne m’asseoir et descends doucement la pinte en pensant à la prochaine qui m’attends au coin de la rue, à droite. Ca va commencer à me faire cher le mail. Rapide coup d’oeil à l’heure: 18h, presque! Les magasins vont sûrement bientôt fermés. Moi qui voulais faire les soldes....




Je reporte le pub à plus tard et m’en vais chasser mes frustrations par des achats compulsifs. L’air se sèche, et il est doux de respirer la fraîcheur de la soirée qui s’installe. Je dépasse l’abbaye et m’enfonce dans les rues si calmes, où il y a peu une foule se pressait. Un doute m’envahit. Tout est-il déjà fermé? Même la boutique où j’avais repéré cette merveilleuse robe rouge, simple et élégante, légèrement vaporeuse, dont l’achat suffirait à me redonner le sourire aux lèvres.  Deux pâtés de maison plus loin, mes rêves de tissus soyeux s’évaporent devant les portes fermées de la dite-boutique. Restent les frustrations.







 Seule avec mes échecs, je me sens perdue, bête. Me revient alors à l’esprit le programme de ma soirée. Je m’imagine avaler 5 ou 6 pintes de bières pour finir par rentrer à l’hôtel, bredouille et éméchée, avec la mission de finaliser la présentation orale du lendemain.
J’éclate de rire. Non pas un rire nerveux. Un vrai fou-rire. Ca libère, je me sens plus légère. D’un seul coup, je focalise non pas sur l’échec de ma soirée, mais sur son comique. La situation n’est pas si grave. J’irai très tôt à l’Université et demanderai à qui veut bien où est le département des mathématiques. Pas de quoi pleurnicher ! Plutôt en rire ! Même en Côte d’Ivoire, j’avais trouvé Internet plus facilement. Je vais pouvoir me servir de cette histoire pour la raconter telle une blague. Ca me fera de bons souvenirs. L’humeur joyeuse, je retourne alors vers l’hôtel. Sur le chemin, une librairie m’offre son accueil. Sûrement le seul endroit encore ouvert. Je m’y aventure: ma boulimie de livres m’a repris récemment. Au détour d’un chemin, je tombe nez à nez avec un présentoir bien garni. Un livre attire mon regard. Il porte une note manuscrite du libraire. Le genre de note qui dit “ This novel had changed my life”. Je l’achète, compulsivement. Mes frustrations s’envolent définitivement à la caisse. Cependant, en sortant de la boutique, je m’interroge. Pourquoi avoir acheté ce livre? Je sais pertinemment que ce bouquin ne va pas changer ma vie. Mieux! Je n’ai pas vraiment envie d’en changer. Alors pourquoi ce livre dont je ne sais rien plutôt qu’un autre? L’envie de me laisser surprendre ! Et si le lire changeait réellement ma vie? Je sens que l’inconscient joue ici un grand rôle.
Finalement au détour d’une rue, une boutique “internet lounge”  apparaît, comme tombée du ciel. Elle m’a permis d’assister sans encombres à l’entretien. Auquel je n’ai pas été prise.








“On the road" de Jack Kerouac, par contre, a été promu, quelques mois, livre de chevet. Je sais déjà que ce monsieur me suivra longtemps dans la vie pour devenir, peut être, mon ange gardien, mon guide, vers une autre existence. Car après avoir lu le livre, j’ai finalement rejoint, comme Kerouac, la mythique Côte Ouest. Sans qu’il n’y ait de rapport. Un pur hasard.





mercredi 9 novembre 2011

Vous en rêviez, ils l'ont fait ... !

Je me doute bien que, depuis le message d'annonce de mon premier post américain, vous trépigniez d'en savoir plus sur le savoir-faire californien.
Je vous ai un peu fait attendre. Non mais, je fais ce que je veux de ce blog! N'empêche que vous savez, l'esprit de culpabilité, la volonté de bien faire, ... enfin bref je pense qu'il est temps que vous sachiez.

Entre parathèses, ce petit baratin, tout à fait inutile, me permet de me lâcher en français.
Donc, avant d'atterrir, j'avais été mise au courant. Le nord de la Californie, vers San Francisco, ils sont un peu bobos. Traduction: la bouffe doit pas être mauvaise.

Mais je m'attendais pas à ça.

Ca, ce sont les marchés de producteurs locaux un peu partout dans la ville et les environs. Et sous le soleil de la Californie, ça pousse bien. Tomates, piments, haricots verts, potirons, miel, ice-creams et ... marie jeanne.
Ca, c'est le temple du monde hippie! On mange bio et on consomme bio. Dans le centre, les supermarchés sont en fait des grosses coopérative bio, où  tout est bio et pas trop cher en plus; et quand c'est plus cher c'est que c'est des produits locaux. Si je veux pas acheter bio, il me faut une voiture pour aller faire les courses plus loin; et encore, je n'ai pas trouvé de supermarché non bio.
Tous les restos, les marques,  les shampoings, les cotons, les bières, les trucs et schtroumphs, sont "organics", sans "pvc" ni antibiotiques, "hand-made" et naturels. C'est à se demander si c'est pas une blague.
Ca, c'est le paradis des gens qui ont du mal à manger, genre les allergiques. On trouve de tout facile, avec lait, sans lait, farine de blé, de maïs, de potiron, de riz, d'amande.
D'ailleurs ce soir, j'ai mangé des pâtes au riz. Non, non, pas des pâtes avec du riz... Des pâtes sans gluten avec de la farine de riz.
Je me suis un peu loupée en faisant les courses, je ne dois pas avoir bien lu  l'étiquette et vlan, je me retrouve avec des pâtes sans goût.. Bon je me rattraperai demain au marché, là bas les produits sont vraiment bons.
Il convient à ce stade de ce monologue de vous certifier, que oui !!, les restos sont bons aussi. Sans parler de trucs exceptionnels, mais des petits trucs, genre mexicain ou pakistanais, qui vont bien le soir quand on n'a pas trop envie de faire la cuisine. Et bien c'est super bon. Ceux que j'ai eu l'occasion de  goûter tout du moins. Les aliments ont du goût! Ce n'est pas du tout aseptisé et congelé comme en France.

Et puis si même l'Université s'y est mise, c'est dire!



En passant, ce petit truc difforme et jaune c'est la mascotte... (sans commentaires).


Dans ce petit guide "nourriture et jardin", on y apprend qu'il y a 6 jardins sur le campus, tous bio et écolos bien sûr, et au moins une faculté qui forme aux cultures alternatives et qui en expérimente de nouvelles. 2 ou 3 jardins tout nouveaux, à peine créés par quelques étudiants, peuvent s'ajouter au tableau.
Mais tout ceci s'explique ! Mais oui ! Le premier jardin date de 1967. Suite au désarroi (si si le désarroi, je traduis en partie l'article) de la guerre du Vietnam, le jardin s'est bien développé et a bénéficié des mouvements prônant le "retour à la Terre". Les jardins, c'était un endroit parfait pour se sentir connecté à la nature (ben oui, t'as les doigts dans la Terre, difficile de faire plus près)
Encore une référence sixties ! Vous n'avez pas fini d'en entendre parler...

Revenons au petit guide! On y apprend aussi qu'en 2004 l'université a rompu son contrat avec sodexho (quelque chose s'est mal passé; mais quoi !!??? ) et que les organisations militantes ont profité de cette aubaine pour faire pression et remplacer ce grand fournisseur par des petits producteurs locaux et bio et super gentils en plus... Donc tous les "RU" du campus fournissent des produits du coin ou essayent du moins. Je ne les ai pas encore essayés, je ne sais pas si j'y ai droit (en payant cher je pense que oui, tout est possible avec de l'argent).

Voilà enfin la fin du monologue! Avant de m'en aller, je dois vous faire une confidence. Une amie américaine vient de me glisser à l'oreille que c'est bien beau tout ça, mais ce n'est vrai que dans le nord de la Californie. Dans l'Oregon, ce n'est déjà plus la même. Je vous avoue que je m'étais mise à rêver que tous les burgers des Etats-Unis étaient fait avec des tomates bio....

Mais puisque c'est possible, à quand les RU bios en France? A quand les formations universitaires sur l'agriculture durable? A quand les pâtes au riz pour tous?