La rue qu'on emprunte tous les matins; le câble tendu le long des fenêtres des bus et qui, lorsqu'on tire dessus, indique au chauffeur que l'on veut descendre; le daim ou l'écureuil qui se pavane au bord des chemins;
la vue sur la mer depuis les collines du campus où je travaille (oui oui, je travaille) ;
| Cette photo est prise avec un téléphone portable pourri | , donc on voit pas vraiment la mer qui est au fond .... |
les arbres géants et pourtant si fins qui montent vers le ciel tels des totems élancés;
le ciel bleu et sans nuages; la sieste dans l'herbe au soleil au bord de la piscine découverte du campus où je vais nager entre midi et deux; ou bien sur la plage le week end ; les gens aimables qui avouent qu'hier ils allaient mieux qu'aujourd'hui; et mon colloc voisin de pallier qui vient me dire bonne nuit tous les soirs, en français, avec un sourire éclatant de joie de vivre.
Le temps passe et on s'habitue.
Quand l'humeur y est, on trouve ça génial, de vivre toutes ces choses.
Quand l'humeur n'y est pas, on se noie dans les souvenirs de toutes ces choses extraordinaires qu'on avait en France mais que l'on ne voyait plus par habitude.
Bizarrement les bons côtés français semblent alors plus importants que les bons côtés ricains. Peut être parce qu'ils réfèrent à des habitudes qu'il est impossible d'avoir ici. Dans ces moments-là, on ressent particulièrement le manque de la famille et des amis qu'on aime et qui sont loin.
Dans ces moments-là, il est nécessaire de prendre conscience que toutes ces petites choses que l'on fait par habitude sont extraordinaires, ici ou ailleurs..... et de reprendre un petit peu de chocolat.

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