mercredi 31 octobre 2012

La pieuvre électorale


La machine à voter.

Comme une pieuvre aux puissantes tentacules, manipulatrice. Incontournable.

Depuis plus d'un an, elle s'installe peu à peu, jusqu'à envahir l'espace entièrement. 
Mais bientôt elle va disparaître mystérieusement.

Cette machine infernale, guidée par le lobbying de l'industrie, de la finance, par les gens à sous, tente d'influencer démagogiquement le vote de millions d'électeurs.
Que ce soit pour le vote du président, des conseillers municipaux, ou d'une proposition à l'échelle de la Californie contre la peine de mort.
Tout se vote en même temps.
En vrac. 
Difficile de s'y retrouver entre le niveau fédéral, estatal, ou municipal.

J'ai essayé. 
De lire plusieurs propositions de votes.
J'apprécie le fait que l'on demande l'avis aux citoyens sur des idées et pas seulement sur des personnes.

J'ai participé de loin à la mise en place de la mesure Prop 37, Right to know.

Je ne comprends seulement maintenant ce qu'un petit groupe de personnes à commencer l'année dernière. 
Des milliers d'heures de pétition pour recueillir l'aval de suffisamment de citoyens électeurs. 
Oui, on veut savoir ce qu'on mange. Doit-on dire tous en choeur !
Des juristes pour écrire et rectifier le texte de la proposition.
Plusieurs mois, réglementés par la loi, pour atteindre l'objectif:  504 760 signatures à l'échelle de la Californie.

Une fois le but atteint, la bataille commence réellement.

Quelle bataille?

Celle contre la pieuvre qui, grâce à ses dimensions démesurées ($41 300 000), peut inonder de fausses publicités les chaînes de télévision.
Des pubs, comme des matraquages, agissant inconsciemment sur la décision des auditeurs. 
"Changer l'étiquettage va faire monter le coût des impôts"
"On ne peut pas vivre sans OGM"
"Cette loi est trop compliquée"

Il y a un site très intéressant où on peut décortiquer chaque mesure, un wiki du vote: http://ballotpedia.org/wiki/index.php/California_Proposition_37,_Mandatory_Labeling_of_Genetically_Engineered_Food_(2012)

Les plus grosses tentacules de la pieuvre contre Prop37 appartiennent  à :  
Monsanto$7,115,237
E.I. Dupont De Nemours & Co.$4,900,000
Pepsico, Inc.$2,145,400
DOW Agrisciences$2,000,000
Bayer Cropscience$2,000,000
BASF Plant Science$2,000,000
Syngenta Corporation$2,000,000
Kraft Foods Global$1,950,500
Coca-Cola North America$1,465,500
Nestle USA$1,315,600
Conagra Foods$1,176,700
General Mills$1,135,300
Monsanto, bien sûr. Mais  Dupont de Nemours aussi  pour sa firme Pioneer évidemment !! 


Comment fait-on pour se battre contre la pieuvre? 
Avec des moyens humains, temps, énergie. Beaucoup d'énergie, beaucoup de temps.
Petits moyens, $ 7 300 000... 5 fois moins que la pieuvre.
Une poignée de personnes postés à des endroits stratégiques comme les supermarchés ou aux entrées des bureaux de vote. Pour distribuer des tracts. Essayer de communiquer avec les moyens du bord.
De faire passer un message.

Combien de différentes propositions, de différents enjeux sont débattus au même moment? Trop. Au moins 20 décisions à prendre.

J'imagine l'électeur assailli par cette petite armée de gens comme tout le monde, chacun avec son tract différent. Contre la peine de mort. Pour la montée des taxes scolaires, pour l'étiquettage des OGM, pour Romney, contre ... 

Un peu comme une armée de moustiques qui tombe sur ce pauvre gars.
Il ne sait plus où donner de la tête. Quelques mots, avec chance, traversent les mailles du filet pour atterrir dans le coin de son oreille.

Tous ces petits moustiques contre une pieuvre.
Ils attaquent, question de survie, avec le seul moyen de combattre qu'on leur accorde, qu'ils peuvent s'accorder. Dans le cadre de la loi. 
Est-ce que la pieuvre en souffre? 
Combien de tentacules perd-elle en route?

On saura tout cela, bientôt. A la fin de la bataille le mardi  6 novembre.
Ce qui est sûr, c'est que la pieuvre même avec quelques tentacules en moins, sera encore là. Elle ira juste se reposer, se faire oublier un moment, ou aller combattre ailleurs.
Et contrôler encore et encore un peu plus le monde.

Qui a autorisé l'apport de l'argent illimité et non contrôlé des lobbyings et des financeurs privés dans les campagnes électorales aux US?
Obama. 
Ou la pieuvre? 


En attendant, il suffit de regarder les financeurs de la campagne anti-Prop37. Ils y sont tous : Pepsi, Coca, Kraft Foods, Nestlé, Heinz, Unilever... Et de bannir leurs produits plein d'OGMs.

lundi 22 octobre 2012

Ils nous vendent du rêve ...!

Mes chips: Le secret derrière ces délicieuses chips c'est le maïs bleu, cultivé de façon bio dans la Grande Ceinture Américaine du Maïs. Avec une apétissante et satisfaisante  saveur de maïs, ce snack est génial comme ça, ou accompagné d'une sauce. Il est aussi pauvre en sel et sans acides- gras trans,  ni cholestérol et gluten.











Mes crackers : Pendant plus de 50 ans, Back to Nature s'est passionné pour la création d'aliments composés de céréales complètes, pour une nutrition réelle et des saveurs délicieuses de la nature, sans préservatifs artificiels. Nous prenons des ingrédients honnêtes et les combinons pour créer ces recettes génialement savoureuses faites des bonnes choses que la nature nous offre.
Savourer ces  carrés de blé croquants avec vos sauces favorites ou simplement natures. Nos Crispy Wheat crackers sont cuits avec des germes de blé et une pincée de sel marin pour créer une saveur croustillante. Ils sont très surement votre nouvelle nourriture préférée.














J'ai fait des milliers de kilomètres, traversé l'océan et 9 créneaux horaires, braver les Rocheuses, et le grand désert de l'Ouest Américain; j'ai dû m'installer dans une bourgade en bord de mer le long de la côte Pacifique pour enfin découvrir que manger des bols de céréales est un acte jouissif, tant pour la santé que pour les saveurs exceptionnels qu'ils s'en dégagent. Et je n'ai vraiment aucune raison de me sentir coupable quand je grignote des biscuits apéros.



Mes biscuits à la cannelle : Les gens se sont réunis autour d'une table pendant des années pour partager des histoires et des repas, nourrissant l'esprit en même temps que l'estomac. Chez Attune Foods, nous faisons des aliments que nous voulons manger.
Nous croyons que les aliments non processés ont meilleur goût et sont naturellement nourissants, donc c'est ce que nous utilisons. Nous-même sommes des lecteurs d'étiquettes et nous savons comme il est important que les ingrédients  listés aient du sens pour vous. Nous croyons en la sagesse transmisse par nos grand-parents : équilibre et manger avec raison font part intégrante d'une vie saine. Attune Foods s'engage à vous apporter des aliments qui vous aide à vous sentir bien, pour que vous puissez vous sentir bien à les manger en famille

Vraiment aucune raison !!!  Je devrai plutôt bénir le ciel de pouvoir manger des choses si bonnes et si bien pensées. Croyance, Honnêteté, Sagesse ... La bouffe c'est religieux, ici.

Non mais c'est pas seulement qu'ils n'ont pas beaucoup  de sucre ni de sel; mais ils ont aussi plein d'autres trucs en plus, comme de l'intégrité, de la pureté, des fibres. Et surtout, et surtout, de l'amour.

L'amooooour, le vrai !

C'est bien connu, l'amour, la passion des choses bien faites, le souci de l'environnement, la valorisation des traditions, ça donne des bonnes céréales, celles dont on ne peut plus se passer parce qu'on se fait du bien, et à soi et aux autres.

Mes céréales : Pouvoir au tout naturel !
Bien évidemment, une poignée d'entre-nous souhaiterait encore porter des fleurs dans les cheveux comme Barbara dans les années 70. Elle a trouvé l'inspiration dans la nourriture naturelle où les plaisirs ne se mélangent pas avec saveurs artificiels. Barbara a choisi ses ingrédients pour leur intégrité, leur saveur, leur valeur nutritionnel parce qu'elle savait que la nourriture saine peut être délicieuse. Aujourd'hui, nous avons besoin de produits savoureux plus que jamais. Notre mission est simple: des gens sains, naturellement.
Moi ce qui me marque le plus dans toutes ces étiquettes, c'est l'histoire.
Il y a toujours une petite histoire qui commence souvent  dans les années 60/70 comme par hasard, et qui décrit la vie d'un (ou d'une) incroyable bonhomme qui, soudain, a voulu développer la recette de sa grand-mère, a voulu retrouver le vrai goût des choses. Depuis l'entreprise s'est développée, a grandit, et produit plus mais a toujours gardé l'esprit d'origine; cela va sans dire.
Même certaines boulangeries, pizzerias  ou restos très bobos ont une plaque à l'entrée rappelant ô combien l'entreprise est vieille et familiale.

Alors, moi, ça m'émeut. Je ne savais pas que l'Amérique, cette nation d'immigrants libres et tournés vers le futur, était patriarque et qu'elle aimait l'histoire et les traditions.
Mais, oui ! Et même qu'ils nous envient, nous les Européens, la France, le vin, la baguette, l'importance de la bouffe.
Ils nous idéalisent aussi. On mange sain, moins gras, mieux !!! Ils sont nombreux à me le dire.


Alors, c'est décidé! Demain, je commence une nouvelle diète: de la raclette tous les jours. Avec du fromage affiné avec amour et de la bonne charcuterie bio, ça ne peut pas faire grossir !

jeudi 4 octobre 2012

Une époque, les seventies; un lieu, la Californie; une famille, les Ruins; un livre

The Ruins of California, c'est un livre.

Quand je l'ai acheté, par hasard, parce qu'il avait une petite note manuscrite dans une librairie, je pensais que ça allait raconter des trucs sur les ruines de Californie.
Eh ben non. 
C'est l'histoire d'une famille, et plus particulièrement d'une petite fille qui ressemble à tant d'autres. Une gamine, qui grandit avec tous les problèmes d'identité, de métamorphoses, de premier amour, de drogues...
Une fille comme tant d'autres.

Sauf qu'elle est née dans les années 70 en Californie. Elle passe principalement son temps chez sa mère, qui vit près de L.A., centres commerciaux et tartines de banlieues. Quand elle voit son père de temps en temps, elle prend l'avion jusqu'à San Francisco où elle découvre à chaque fois une de ses nouvelles copines.
Son père, qui visiblement a un problème avec l'engagement, n'a pas vraiment voulu être père et ne croit pas au mariage. Mais il fait de son mieux et essaye de transmettre ses valeurs de bobos.
Liberté, plaisir, culture.
Fille unique, elle a quand même un demi-frère qui a le même père. C'est un peu comme un grand frère, une espèce de hippie surfeur, qui s'enfuira un temps à Hawaï, un peu trop accro aux drogues dures.

Je n'ai pas vécu les années seventies, et encore moins en Californie. Alors, je me fais une idée avec des bouts de Forrest Gump. Une espèce de mythe marinée à la sauce des Doors et de Bob Dylan.
Mais bon voilà, en lisant The ruins of California, de Martha Sherill, c'est le mythe qui prend un coup.
Des yeux non naïfs d'Inez, les bobos ont l'air un peu à l'ouest et perdus dans leur solitude à force de prôner l'indépendance; les hippies ne sont pas si happys mais inconscients et insouciants et la vie de L.A. n'a pas l'air si superficielle que ça.
Dans ces portraits réalistes et tendres de Californiens, on découvre une diversité de cultures, une géographie de philosophies, et surtout, les difficultés de créer des liens entre un père et une fille.
En bref, une histoire universelle dans un environnement exceptionnel
N'oubliez pas,  c'est bientôt Halloween !!

mardi 25 septembre 2012

C'est quoi ta race ?

Ma race ? Ben voyons ! Et pourquoi pas mes mensurations !?

Voilà, je suis devant une feuille de renseignements à remplir pour candidater à un job, en Angleterre, aux Etats-Unis. C'était il y a un plus d'un an. Mais quand j'ai été chez le médecin la semaine dernière, on m'a fait remplir le même type de formulaire.

Parmi les candidats, ils doivent sélectionner un panel de "race", une brochette de différentes couleurs, pour prouver qu'il n'y a pas de racisme.
Un peu comme la parité qu'on veut atteindre en politique. Faut mettre les gens dans des cases pour les compter.
D'accord, d'accord... Moi j'ai refusé de le spécifier à ce moment-là. C'était trop bizarre, trop outrageant. On ne m'a jamais dit que je faisais partie d'un groupe ethnique.
Mais en cochant la case "ne spécifie rien", je ne pouvais pas ne pas penser que, bon, avec mon nom et ma nationalité, ce n'est pas trop difficile d'avoir un avis, un préjugé. Qui peut se relever faux.

Avec leur système, pas de préjugé... puisque l'origine ethnique est affichée directement. Le choix peut toujours être influencé  mais au moins, il y a des preuves, des statistiques.

C'est juste tellement différent de notre vision des choses.
Nous, on s'arrête à la question: c'est quoi ton ethnie? On s'offusque. Il n'y a pas de race, tout le monde est pareil, et égaux en droits. C'est une question raciste. Maladroite.
C'est comme si on résolvait le problème en prétendant qu'on l'a résolu, ne pas poser de questions sur les races c'est prouver qu'on n'est pas raciste.
C'est comme si on n'admettait pas qu'il y a un problème.

On est d'accord: cocher la case caucasien, ou pakistanais, ne résout aucun problème mais admettre qu'il y a de la discrimination, c'est quand même le premier pas vers une solution.

lundi 17 septembre 2012

Anges ou démons?


Il y a quelques semaines, au milieu du mois d'août, je me suis fait emmener à Los Angeles, par ma colloc et un autre pote.

Tous deux viennent du Sud de la Californie. Le Sud, c'est grand. Il y a pas que LA. D'ailleurs eux ils ont vécu à Orange County, plus précisément Irvine.
Irvine c'est les banlieues aseptisées où tout est beau et joli, de grandes et larges avenues pour les voitures, alignées d'arbres et de murs couverts de lierre. Les murs ne cachent pas de prison mais des maisons.
Si un jour, tu arrives à dessiner un graffiti dans le coin d'un mur, il sera nettoyé le lendemain. Pas de place pour l'expression ici.
Irvine c'est une banlieue, détenue par une compagnie privée qui a bâti tous les murs de la même couleur, dessiné les plans pour que tous les quartiers se ressemblent, et qui contrôle toute la ville.
La seule façon de se divertir, c'est d'aller aux centres commerciaux, en plein air, remplis de boutiques, et de restos, quelquefois une salle de théâtre.
A Irvine, il y a bien un ou deux bars mais la vie nocturne n'est pas joyeuse. Il faut aller à LA pour ça.


A peu près 3/4h, 1h de route au Nord-Est: Los Angeles, une étendue sans fin de maisons et d'immeubles.
Tout ce que j'ai vu y était misérable, soit vieux et en lambeaux, soit kitch et en lambeaux, soit chic et artificiel. Je ne suis peut être pas allé aux bons endroits.


Los Angeles, pas si magique que ça.
Certes c'est une ville intéressante mais la circulation y est horrible. On est resté coincé une après-midi dans les bouchons.
Alors oui, on peut croiser une star, à priori au détour de n'importe quelle rue. Par exemple, nous; on a participé à l'enregistrement d'une émission. Un one-man show, le Jimmy Kimmel Live, un jeudi. Si vous voulez une idée de l'émission ( parce que celle qu'on a faite n'est plus dispo).
Et bien, donc, on a pu y voir Jennifer Gardner, la copine de Ben Affleck. Bon, l'autre invité était carrément plus drôle.

Ce qui m'a le plus plu, c'est de démythifier le mythe. Ici, les gens se rendent bien compte que tout n'est qu'apparence.  On réalise, plus facilement, parce qu'on y vit, qu'Hollywood c'est un quartier "pourri" où les stars arrivent en voiture blindée pour assister à la première d'un film et y repartent aussi après, où il faut applaudir et rire même si ce n'est pas drôle et on refait la prise encore et encore.
Faux rire, faux seins.

A la télé, de loin, on ne voit que ce qui est beau, on ne voit pas l'envers du décors, les inégalités, les bâtiments décrépis, les millions de gens inconnus.
Les gens de la télé vivent avec l'idée que "business is business", qu'il faut dire "Merci" en souriant au gars que tu détestes mais qui t'as invité pour faire la promo de ton prochain film, que se refaire une liposuccion, c'est obligé si tu veux encore exister.
A côté, il y a tous les autres qui côtoient ce bling-bling sans vraiment l'envier. Quelles vies de marionnettes.



Mais, quand même les gens célèbres ne sont pas tous comme ça, et ça reste classe de faire du skate avec Ben Harper ...

mercredi 29 août 2012

J'ai fait du kayak, une fois ! Num2 - Histoire d'Ô


Ok, ça fait un bail que vous ne l'attendez plus, mais comme je fais dans le complétement pas structuré et bien je vous le ressors maintenant; cette histoire de kayak. Parce qu'il ne peut pas avoir un numéro un sans numéro deux.

Je ne sais pas si je peux appeler le kayak une passion. Je peux m'en passer. Je veux dire que je peux ne pas en faire sans avoir à prendre d'antidépresseurs.
Mais à chaque fois que j'en fais, je finis la journée sur un petit nuage et je me jure que si, si, j'en ferai plus souvent.

Expliquer pourquoi c'est une passion? Comme toutes les passions, il faut soi-même être passionné pour comprendre.
Pourtant c'est simple, la vraie raison est qu'une fois sur l'eau je me sens bien.

 


L'adrénaline dans les passages difficiles (note pour ma grand mère: j'en suis pas au stade où je fais des trucs de ouf, plusieurs personnes peuvent témoigner de ma lâcheté).









                                                Le calme des clapotis sur l'eau plate.
 





                 
                                  Et le dépaysement...











Mais bon, c'est pas très mélodramatique tout ça. Alors je vais essayer de vous raconter un passionnant week-end kayak. Enfin essayer de faire une petite ode à ce sport méconnu.







Histoire de remorques
Ca commence par un rendez-vous.
Sur un parking, chez un pote, au club de kayak. On partage les voitures, les camions. On optimise le nombre de véhicules. On charge les bateaux, pagaies, casques, matériel perso. On pose dans le coin du coffre ses vêtements de rechange, ses affaires de camping.

On coince la bouffe entre deux sièges.
Combien de bateaux perdus au détour d'un virage avant de ne plus jamais oublier de vérifier qu'ils sont bien sanglés ?!?







Histoire de route 
Et puis, on part.
Partir faire du bateau, c'est partir en vacances. Rien à penser à part la future descente. Rien à faire à part papoter.
1h, 3h,   5h     jusqu'à la première rivière ou jusqu'au campement.
La zique à fond dans le camion. Une vague odeur de pied (ou de néoprène?!) et souvent des vannes de ci de là.
Ou bien tout le monde somnole.
Le trip c'est le groupe.
On est souvent plus de 5. Et entre 10 et 3 c'est pas la même dynamique.
Des gens qu'on connaît bien ou des parfaits inconnus. Souvent un peu les deux. Ce qui est sûr c'est qu'après ce week-end, on aura vécu un truc intense ensemble.




Histoire de navettes


Logistique, logistique ... moment relou: organiser la navette!
C'est rarement compliqué juste long. Le temps que deux chauffeurs aillent jusqu'au point d'arrivée et reviennent avec une seule voiture.
Souvent 1h d'attente au bord de l'eau en combinaison néoprène. Si c'est l'été, on perd 3 kilos de sueur.






Le temps de régler les cales-pieds, de se préparer psychologiquement et d'écouter une fois encore les instructions sécus.
On organise. La gestion du groupe sur l'eau.
Il n'y a pas à dire, les ricains savent faire. Efficaces, aucun oubli.
La meilleure organisation sur l'eau et sur terre à laquelle j'ai eu affaire.








Histoire d'eaux

  Et enfin, voilà le moment tant attendu!

                                       Le moment où on embarque et hop on change de jambe.

Le bas du corps, scotché au bateau, bien au chaud. Le haut du corps suréquipé de couches nylons et néoprènes. On n'est plus tout à fait le même.





On a un peu l'air idiot aussi, mais on s'en fout.








Ce qui est important c'est les roulis de nos fesses sur les vagues.

Chaque descente est différente. Nouvelle rivière, nouveau groupe, autre niveau d'eau, nouveau bateau. On ne sait jamais à quoi s'attendre.
Mais l’œil s'aiguise au fur et à mesure des expériences. On comprend un peu plus où il faut passer.

2 types de techniques:
      - > les trouillards qui évitent les gros trous, quitte à passer lâchement dans les contres courants, à perdre de la vitesse et à s'enliser là où il n'y a pas assez d'eau. C'est lamentable mais ça marche presque à tout les coups. Sauf quand on ne peut pas contourner.
      - > les sans-peurs qui foncent dans tout sans se poser trop de questions et si ça passe pas, ça ira mieux la prochaine.

Bien sûr il y a des gens pour nous aider, nous montrer où passer, "ouvrir" la rivière, mais au final on fait ce qu'on veut et surtout ce qu'on peut.
On est seul maître à bord, responsable de sa barque. Et pour quelqu'un qui passe sa vie devant un ordi, et qui devient guimauve; c'est profondément antidotique de se retrouver face à un rapide. Obligé de se bouger et de pagayer, d'y aller à fond. Apprendre à analyser rapidement, anticiper.
Maîtriser son bateau (ou pas) dans un passage difficile et en ressortir la tête hors de l'eau, c'est jouissif!

Mais il y a toujours un moment où on passe à l'eau. Alors soit on sait se débrouiller  et on remet sa barque à l'endroit, soit on se prépare à une séance de natation-flipper-apnée.
C'est surtout à ce moment là qu'on est content d'être en groupe!

 Quelques mètres de nage, un ou deux poissons avalés, et avec de la chance, on accoste un bateau ou une berge ou on attrape un bout de corde. Et on bénit le sauveur encore et encore.
 Si on n'est pas moi, et bien on est suffisamment intelligent pour garder sa pagaie et peut être son bateau. Sinon on fait encore un peu plus chier son monde.

C'est ça l'organisation sur l'eau.
Partager l'espace entre ceux qui sauvent et ceux qui ne savent pas.
Pour qu'il y ait toujours quelqu'un qui récupère un éventuel nageur.

A force de baignades, on se rend compte qu'on a beau être seul maître à bord, le groupe subit les frasques, sans trop se plaindre.
Et moi, ça me gêne, d'avoir à leur faire encaisser mes gaffes.
Je déteste montrer aux autres mes faiblesses, et j'ai du mal à vivre les échecs alors devant tout le monde, c'est pire.




Histoire d'en finir


 Mais le groupe il est aussi là pour tourner au ridicule, pour relativiser. Les moments de galère c'est souvent les moments qui font le plus rire.

Après une journée de nage. Ou tout simplement pour tourner certains moments en légende. Le film de la journée raconté, encore et encore, autour du feu, entre deux saucisses.











  Des bouteilles de bière ...



 ... et les étoiles au dessus.




Et surtout, surtout, une rivière qui coule tout près.

mardi 7 août 2012

The noise and the smell

- There's always something you've forgotten.
  Always.
  You think you remind all but no.
  There's always something you recall, when the first days you're coming back home after a long time.
  Or maybe, it is just because you see things differently. All this time spent far away changed you.



When I came back from Chile, I was astonished by the number of cars in the highway,  by the number of lanes of the highways, by the greatness of the airport parking lot, and by the clean majesty of the grocery stores. But, I get really stocked by the gigantic choice of cooked pork meats and cheeses.
I shout loud, almost crying of joy, "Oh my god, this cheese tastes so good" when I get to take a sample in a counter.

I used to skip cheese, in family meals. Always.
Cheese and salad.
It was not a fun part. It was a useless part, something made to fill your stomach just before the dessert. No way I was going to miss the dessert because I ate too much of cheese.
It was my child rebellion against french gastronomy. Skip the cheese. eat more sweets !

And, then I went to Chile.
9 months of so few choice of non-tasty cheeses. I could not imagine I would miss it. I always skipped it.
But, somehow I did. Chile changed me, it made me love the cheese.

I could not imagine I would miss the smells coz I never realized there were smells.


Grenoble, July 9th
I step off of the train. F. is hosting me that night. We're walking together to his apartment. He lives close, in the "alternative" neighborhood of Grenoble. Some kind of odd mix of Maghreb culture and anarchists lesbians in old industrial buildings.

I am watching and not saying a word. Just watching. And listening. And smelling.
The smells I did not smell during 9 months.
Smells of oil, sweat, food, all mixed and heated together by the 100°F summer oven.
It smells like people running, people drinking tea, people talking, people driving, people cooking.



In 1991, there was a French president who had been treated badly because he disregarded immigrants living in social housing. He said "the noise and the smell".
Zebda made it a song.
Noises and smells of the populace. So many people living together in a such small place.
I was not in a rich suburb but almost downtown, not the poorest neighborhood also.
But the US changed me. It made me forget the smells of the people living together.
It replaced it by sea air and weeds smoke. Some kind of mix between the sterilized bobo and iodized hippie ways of life. Smells of people living side by side.

lundi 30 juillet 2012

Ricains à La Muzelle

Wednesday 11th July

A wooden house, 2 stores, one big terrace in the sun. Sheeps running around the lake. Glaciers up in the sky shining. As we take a look at the surroundings, 2 donkeys follow us to the balcony, walking with difficulty through the stairs.
They're searching for caress, I think.

But one starts drinking and eating from bowls placed on the floor.
A few seconds later, the hostess comes out shouting "No way! They're stealing the dog's food again !!" The dog was locked inside, and is clearly not happy. He pursues the donkeys that clumsily go down the stairs, terrified. Stairs obviously are not made for donkeys.
But the dog is not satisfied yet, he keeps running after the proud donkeys, not letting them in peace. They've got to learn. Dog food is not for donkeys...

My friend L and I stay on the balcony to watch the show. I notice a garden close by the house.

We are not in a hippie or a bobo place. It's a chalet "refuge", in the National Park Les Ecrins high up at 2200m. For 40 euros, you've got bed & breakfast, and dinner.
After half day of hike to reach it, we just relax drinking a canned beer close to the lake, and we enjoy the animals fighting.
Perfect spot.

It feels like there's not much people staying for the night. We will figure out when going inside for the dinner: Soup, lamb gigot (from the sheeps that are running outside- the best lamb ever)  vegetables, cheese and tiramisu.
An older group of 4 and a couple sit next to us. It's a "community dinner" as Bobos restaurants in Santa Cruz just do not know how to make.
I'm tired from the day. Don't speak a word, but listen. All the lakes, passes, peaks from nearby are mentionned in an 1 hour-talk. I don't know 80% of it. They all look like typical mountain local guys that just cannot speak of anything else than that. The Mountain.

But suddenly between 2 names of lakes: " So you're living in the States?".
Hum Hum.
"Oh, the Americans, they don't eat cheese or just this horrible melted one... What's that name? Cheddar?
And they don't hike over there.. Right?  But I've heard they've got good meat. At least."

I say almost nothing, in fact he does not even listen to me. But I think to myself : Cheese , yes they eat cheese. Cheese is tendance and blue cheese is everywhere surprisingly!
Another guy tries to save me: "No, man! I've been to the States, The westside, Huge national parks, Gorgeous! And people are really friendly. They've got some good wine too... Have you been there?".
"Good wine!? Everything is too much industrial over there.... No, I've never been and I will not. I'm not interested".

So many people think that way!!.. Why being interested? There are beautiful landscapes everywhere. Seing the American craziness on TV is enough! Massacres, cannibalism, proud people that think they manage the world.
Who will want to visit this kind of country that does not even have good food?

lundi 23 juillet 2012

Persistance rétinienne

Sunday 1st of July

I'm back home, to France, my home.
Only for 3 weeks. But I'm back.

I was not even in the plane that I was already back.

The check-in line : families, children, friends, I hear French everywhere.
I'm happy. Happy not to have to think to understand.
Like if, even after 9 months in the States, my brain is still a mess, fucking confused when someone speaks English, and it tries to find the connection to this weird database, while saying "Fuck, I should know by now where are these wires !! "
My french wires are always connected, somehow.

It smells like holidays, people going or coming from. I really enjoy the company of the people surrounding me. Travels are always kind of stressfull.
But I don't feel stressed.
Even when a guy from the french airline starts to explain the policy : hand luggage no more than 5 kg.
"What is a hand luggage"? I ask to myself. I have my purse strategically huge to put books, sweaters, food. It does not count as hand luggage. I try to weigh my backpack and ask to my travel companion I met in the shuttle. " 5.5 maybe but you're ok".
9kg says the employee.
I then take off my bag, some shoes and my jacket saying my laptop is all left.
I'm lying. I've still a few gifts, and flip-flop over there, but I just don't want to transfer all to my other luggage. She nods. "That's fine. If there's a laptop, that's fine."
I feel relieved.
Among all the opened luggage and the clothes and stuff everyone is trying to organize at best, stressed by this "new" travel condition nobody was really aware, I was not really stressed.

I get a bit stressed however, when I arrived to the boarding gate. Sits fulled everywhere.
I try to find a peaceful place to wait.
Too much changes, too much trouble. I need to just sit and breathe.

The couples I sit next are all French, with hand luggages more than 5kg. There's a suspicious smell in the air that makes one employee checks the weight of the luggage again.
I don't understand anything.
But people are angry. And they make it clear to the guy: "What's that? We pay for having more than 5kg and you're still checking over an over?!"

I don't feel peace.
The guy across me is playing with a keyboard. "They're fucking assholes" he grumbles, adding these indefinable sounds "pff", "shit" and "what's the point".
His girlfriend next to her, she's reading. She does not even face her friend, but between 2 pages, she says "1 hour late ! That sucks. THEY suck!"
"Yes, they're assholes".
And an older couple next to me also complain for themselves but aloud like if they were talking to everybody but without talking to someone exactly. Maybe searching for espousal in the eyes of the others.

I'm not even in the plane that I'm already back.

I stand up, take all my stuff with me and search for a more peaceful seat. Maybe my laughing american travel companion is standing close by?
That's all I can do right now. I don't feel like hearing insults and negative thoughts.
I need rest. That's all.

Hours later, in the train to home. I ask a stranger for a cell phone. She helps me.
People are nice everywhere.
She helps me but still, a bit worried, she asks "You're not calling abroad?" Of course not, I think.
But still it's akward. Do I look like a foreigner or is it just because I got in the train in the airport station?
Same feeling in the press shop, while I'm handing what is for me a 20 € bill. The girl says "Oh, we don't have change for this, here!"
This? But it's 20 €!?
Looking my hand, looking back to her "Oh I'm sorry! I mistaked. I took mexican pesos instead!".
"You're going to Paris? Maybe you can find a way to change it there?".

Going to Paris? Fuck no! I'm 10 miles from my home town.
With my flip-flop, my californian hat and my mexican pesos, I'm back home.

jeudi 28 juin 2012

Alors la santé, bien? et la famille ?

Une fois n'est pas coutume, je vais faire un message un peu plus personnel ! Ha, c'est vrai quoi! ce blog manque de dynamisme. Innovons !!

C'est surtout que j'ai envie de faire le point et de préciser certaines choses. Chouette, vous pensez! je vais étaler ma vie en 15 lignes...

Si vous lisez tous mes messages, vous devez avoir plein de questions en suspens, que vous aimerez bien que j'y réponde mais que je le fais jamais....  Alors, fini le suspense...!!

Après 6 mois de ma nouvelle vie, j'ai commencé à ne plus sentir du tout  (ou presque) de vague à l'âme. J'imagine que cette durée varie selon les expériences, les rencontres, les activités, etc... Mon activité principale étant de parler à un ordinateur en attendant qu'il me réponde, ...

J'ai le permis, mais pas de voiture. Je me tâte encore. Ma conscience écologique me dit que je peux faire sans et trouver d'autres moyens... 

Mon coloc californien aux gros muscles est parti à San francisco il y a 2 mois à peu près. Ma meilleure amie (d'ici, je  vois déjà poindre la jalousie en vous)  l'a remplacé. Alors, oui ça va bien, merci! !!


Je trouve ce blog trop éparse dans le temps à mon goût.  La vérité est que j'ai plein de sujets dont j'aimerai parler, mais je trouve de moins en moins le temps. Il faut dire que l'été ici c'est chouette.
Allez, pour vous rendre jaloux, une petite liste de mes activités extra-pro des 2 derniers mois :
3 jours de rando dans le Yosemite


 2 jours de kayak/raft sur l'American river,

une ballade en kayak de mer dans la baie de San Francisco,



7 heures de formations par semaine pour faire du volontariat ds un centre d'expo sur la mer,
                  une rando/ canyoning dans une petite rivière engorgée bien sympa,
                            un tour en voilier/dégustation de vin,
                                    un pic-nic sur la plage au coucher de soleil,
                                              divers concerts gratuits sur la plage,

des barbeucs à n'en plus finir,
     des sorties cinés parfois,
 et des fraises, des avocats, des framboises, des melons, miam miam !


Et puis glander sur la plage aussi, ça m'arrive ! Oh putain oui, elle est qu'à 2 minutes à pieds de chez moi, et c'est le pied !!!

Donc vous voilà rassurés sur ma santé.
Et si vous voulez admirer mon nouveau look de rousse pseudo vintage avec le bronzage californien, réservez vos agendas, je serai en France pendant 3 semaines début juillet !! Youhou !!!


lundi 25 juin 2012

Un colocataire parfait tu sauras trouver ... ou pas

Dans l'art de vivre en colocation, j'ai un peu d'expérience, tout de même !
Et le plus redoutable des moments est quand on doit trouver un colocataire.
Alors, il faut savoir voir au delà des apparences, pour choisir le bon, celui pas trop envahissant mais pas trop transparent non plus.
20 minutes de premiers contacts et pouvoir dire "OK, celui là c'est le bon!".
C'est pas simple.

J'ai une technique. Sauf un mauvais pressentiment, je dis oui à tout le monde. C'est une technique comme une autre.... Après retour d'expériences, elle n'est pas si mauvaise.
De toute façon, ce n'est pas pendant ce premier rendez-vous,  après lequel vous allez décider si oui ou non le gars fera un bon colocataire, que celui-ci va avouer qu'il est kleptomane ou somnambule.

J'ai l'habitude des annonces de Grenoble: " Je fais du sport, de la montagne hein, parce que les autres sports c'est pas des vrais sports..." ou  " Culture /art". C'est les deux principales composantes avec bien sûr des mélanges. Pour le côté social, c'est linéairement interpolé entre "Vis ta vie" et "On fait tout ensemble, même les courses".
Mais en général, toutes les annonces se ressemblent, sympas, brèves, pratiques.

Avec ce bagage de 8 années de coloc, que je pensais conséquent, j'ai quand même été larguée dans les méandres des annonces Santacruziennes.
L'interpolation linéaire, ils connaissent pas ici.
Pour ceux à qui les gros mots mathématiques font peur, traduction : Il n'y a pas de subtil mélange entre les extrêmes, mais il n'y a que les extrêmes. Et encore ! Des extrêmes plus extrémistes que les nôtres. C'est un art qu'ils cultivent ici, l'extrêmisme.

Alors, mettons des images concrètes sur tous ces dires théorico-abstraits.
Quand j'ai commencé à chercher une coloc en août dernier, ma recherche a duré un jour. A distance, avec 3 mois d'avance c'était difficile mais pire, j'ai eu les jetons !!!
Très vite je me suis rendue compte qu'il y avait 2 types d'annonces:
1.
les concises, pas très précises voire très allusives -> souvent suspectées d'origine étudiantes
Exemple : "Chambre, dans maison avec 3 étudiants, 2 salles de bain, $500 par mois, tout compris, septembre." C'est tout juste si il y a le lieu. (Les liens mis en exemple ne vont sûrement pas être disponibles très longtemps.)
http://sfbay.craigslist.org/scz/roo/3086923495.html

2.
les lyriques où l'on sait tout de la vie de la colocation, souvent suspectée d'origine hippie/bobos
Exemples:
"Nous avons un chien, mais nous pensons avoir un chat. Mais ce n'est pas sûr. Mais il faudrait que tu sois d'accord; parce qu'on aimerait bien. Et si tu as un animal, aucun problème à part si c'est un serpent."
"La maison est petite, mais chacun a son espace et sa salle de bain. Moi: j'aime le sport, le vélo, la course à pieds, aller au ciné et écouter de la musique. J'aime aussi lire et regarder l'océan, surtout la lune."
http://sfbay.craigslist.org/scz/roo/3066397373.html

La lune!!! Diable et pourquoi pas l'horizon pendant que tu y es !!
Mais dans la catégorie lyrique, il y a une sous-catégorie  vachement importante en nombre : les relous. Ceux qu'à peine t'as lu 5 lignes, tu te dis que leur vie doit pas être simple.
Exemple:
"On n'a pas  de voiture et si tu en as, il faut savoir qu'il n'y a pas de place pour se garer tout près. Mais tu a tout intérêt à ne jamais l'utiliser parce que c'est vraiment pas écolo-friendly."
"On est toutes les deux végétariennes. On ne veut pas de viande dans la cuisine. De toute façon il n'y a pas assez de place pour cuisiner."
"On est 7 mais la maison est relativement calme. Ne pas faire de bruit entre 9h47 et 7h05, s'il vous plait"
http://sfbay.craigslist.org/scz/roo/3086741027.html

Cette sous-catégorie reste la plus mystérieuse. Oui, d'accord, c'est bien d'indiquer que le bruit ils n'aiment pas. Mais voyons, si c'est à ce point-là, pourquoi donc tu fais de la coloc gamin!
Explique moi bon sang. Si tu n'aimes que les gens qui te ressemblent, ou que les gens qui restent dans leur chambre, quel intérêt à vivre ensemble !!!

Voilà, j'étais déjà pas à Santa Cruz, que je me demandais si j'allais pas tomber dans une communauté de gens pieds nus autoritaires. Qui n'aiment pas les gens qui mangent de la viande, se couchent tard, ont une voiture et n'aiment pas spécialement regarder la lune.


Maintenant que de l'eau a coulé sous les ponts, ça me fait bien rigoler de repenser à ça. Parce qu'évidemment je connais pas grand monde comme ça. J'ai choisi ma coloc parce qu'ils étaient normaux, ils ne m'ont pas demandé si j'étais végétarienne ou si je me couchais à 9h tous les soirs.
Assis sur la plage, si on regarde autour de soi, les gens ont l'air tous pareils qu'en France. Et c'est vrai! Ils sont pareils.
Sauf quand il s'agit de vivre sous le même toit.

Alors, je lance un appel à tous les Américains (et les français aussi mais apparemment les ricains en ont plus besoin). Il serait temps de considérer le fait que rien n'est parfait.
Que ton coloc parfait il n'existe pas. Que si t'as des exigences pareils, tu va finir par vivre tout seul, et peut être que c'est mieux finalement.

vendredi 8 juin 2012

J'ai fait du kayak, une fois! Num1 - Plus c'est gros, mieux c'est

A y est ! C'est fait !! J'ai navigué ma première rivière étrangère.
Et ma première rivière américaine par la même occase.
J'ai peut être pas eu de jours fériés en mai, mais je suis quand même partie en long week-end, na!

Et puis, ce long week-end, il fallait pas le rater, vu que c'était le seul week end kayak de l'année.
Savoir qu'il n'y a qu'un week end par an, c'est un peu déprimant. Et ça paraît insensé! Comment peut-on apprendre à pagayer en un week-end?!  Mais, bon c'était pas vraiment le but finalement...

Bon, là, en ce moment-même, je suis sur ma terrasse à savourer le coucher de soleil avec une bière. Et sur la bouteille de bière, il y a écrit "Handmade from a brewery whose motto is bigger is better"
 Une bière: plus c'est gros, mieux c'est! Même si elle a la même taille que les autres.
J'ai failli m'esclaffer et m'étouffer en lisant ça

Pourtant, rien d'étonnant! C'est très américain tout ça. "Plus c'est grand, mieux c'est".
Ben oui, ici, tout est plus grand, ou plus gros. Les pays, les routes, les parcs naturels, les voitures (que dis-je, les pick-ups), les portions de frites, les cafés, la taille des frigos, les fringues, ...

Alors, que bon, c'est bien connu:
"C'est pas la taille de la baguette qui compte !
C'est la magie qu'il y a dedans ..."

Bon, ben voilà, je pense que ces quelques lignes suffisent à résumer la quintessence du mode de vie américain. La quantité plutôt que la qualité! Si c'est pas bon ou bien, au moins on a en a eu plein.

Quel rapport avec le kayak, me direz-vous?
C'est bien simple.
A peu de choses près, un week-end kayak aux US c'est comme un week-end kayak en France...
A plus de choses près, je devrais dire.

Plus d'eau, plus de grosses vagues, des pick-ups géants où on peut mettre 3 kayaks en vrac comme des baguettes dans un panier, 30 personnes sur l'eau, des gorges suffisamment larges pour y passer
avec 3 rafts côte à côte, des énormes beer-coolers (glacières à bières) où s'entassent au moins une centaine de bouteilles, avec de la glace sviouplait, des trailers genre tu peux mettre un cheval debout dedans, (important, la bière ...) et en tassant bien un poney en plus.
Bon je pense que vous avez compris. Je vous ai assez tartiné d'images.... ahahah il n'y en a qu'une d'image de kayak......
oui je sais c'est pas drôle

Je sais pas vous, mais moi des fois, je me dis que ça nous mène pas bien loin ce que je raconte!
Genre, la petite, que vous vous dites, elle fait style elle raconte un week-end kayak, mais en fait, elle sait pas quoi dire, du coup elle brasse un peu du vent.
Soit.
Pour changer, je vais essayer d'avoir une opinion, de balancer un avis tranché sur la chose et faire fi des cas particuliers pour ne retenir que les a-priori douteux.
Elle envoie du steak cette phrase....

Alors, pourquoi donc "plus c'est gros, mieux c'est"? Qu'est ce qui est différent dans leur tête pour penser un truc pareil?

Anatomie d'un cerveau de base d'un américain moyen :


 Il y a de place !

Les nachos-frites du resto près de chez moi... sisi, c'est véridique
Beaucoup de place
Trop de place ....
Je veux dire, mon colloc, il se plaint en rentrant un soir: il n'a pas trouvé de place pour se garer à moins de 200m de la maison. Il a dû marcher 3 pâtés de maison.
Je n'ai pas cherché à lui expliquer qu'à Grenoble, les gens font des ronds tous les jours pendant 15 à 30 minutes pour trouver une place qui ne soit pas à plus de 3 km de leur appart.
C'est un truc, il peut pas comprendre. Après le mot "ronds", il ne me croît plus. C'est de la SF. Ca dépasse son entendement, son cerveau n'est pas câblé pareil.
Faut se mettre à leur place, aux américains moyens: toutes les boutiques ont deux ou trois places de parking dédiées aux clients. LA rue du centre-ville; avec des trottoirs géants, des arbres et des bancs, va être élargie pour que la route devienne une deux-voies. Grande idée ! Ca ramènera des clients, il paraît. (ben oui! Si c'est plus facile de circuler, il y aura plus de gens qui viennent ! C'est pas comme si il y avait des places de parking dans la rue à côté, et que si tu passes en voiture pour pas consommer tu peux prendre une autre route , et que si tu passes en voiture pour consommer, t'es quand même pas obligé de pouvoir emprunter la rue dans les deux-sens, et c'est pas parce que tu l'empruntes dans l'autre sens que tu vas aller acheter des fringues)
Non mais ça y est, j'y suis, c'est ça! Pouvoir passer dans l'autre sens, dans ta voiture, ça te fait voir tout d'un oeil nouveau et neuf. Et le pull dans la vitrine, oui celle-qui est petite et mal éclairée, là au coin de la rue, et ben, là, de ce sens-là, il rend pas pareil. Peut être qu'il t'irait bien, d'ailleurs. Alors hop, tu te gares et tu vas l'acheter et puis après, tu refiles dans ta bagnole histoire d'aller prendre une glace au bout de la rue. Il y a un petit glacier maison que t'avais jamais remarqué avant. C'est quand même vachement bien cette rue à double -sens. Ils auraient dû y penser avant, dis donc.

La rue en vraie. Qu'elle est presque piétonne, mais pas tout à fait, sinon ça fait tâche (trop européen)
Ouah ... c'est quand même pas facile de se mettre dans la tête des amerloques. Je me demande si je vais en ressortir entière de cette expérience.
Hier, j'étais à une formation de volontaires pour un centre d'exposition. Quand l'équipe organisatrice a demandé "Des questions?".
"Et le parking?" est tout ce qu'on a entendu.
Et la réponse: il y a des places gratuites sur Bay avenue et à deux/ trois pâtés de maison dans l'autre sens, vous en trouverez aussi près de Depot Park.
Moi, stupide que je suis, je trouvai ça bien comme réponse. Satisfaisant.
Mais c'est sans compter que je n'ai pas un cerveau comme eux. Pas encore, j'y travaille.
Du coup ils ont reposé plein de fois la question, des fois que la réponse change. On sait jamais, sur un malentendu.
Ben, non la réponse était toujours la même.
Et bien, figurez-vous que c'est seulement en écrivant ce foutu post que j'ai compris! Genre, l'exercice  je me mets dans leur peau,  il aura pas servi à rien. I'm becoming comme eux. Cooool
Je vous vois vous gratter la tête! Non parce que c'est pas si simple, faut être plonger dans le bocal pour voir les choses différemment.
Ils en ont rien à foutre des places gratuites !! C'était pas ça leur question... Faut lire entre les lignes :
"Bon alors, on a remarqué qu'il n'y avait pas de places de parking réservées pour l'équipe pour qu'on puisse se garer à 2m de la porte, tranquillou? Alors est-ce que vous pensez en faire?! Parce que bon, vous savez, c'est quand même pratique, et tout."
Ma future voiture
Il faut avouer qu'ils sont un peu trop polis pour oser demander directement, manque de franc-parlers (quels bande de faux-culs, mouais) (j'avais dit avis tranché plus haut !, j'en ai marre de faire semblant que tout est propre et beau môsieur)
Je signale, pour remettre dans le contexte, que le centre d'exposition dont il est question est un bâtiment environnementalement gentil, avec des panneaux solaires, un traitement d'eau du tonnerre, pas de bouteilles plastiques, enfin un truc qui pollue pas quoi ! Et c'est peut être pour ça qu'il n'y a pas de parking... Enfin, je dis ça, je dis rien.

Ou la la, quelle digression! Il est long ce post, et il est pas fini... Je fais les choses sérieusement pour une fois. Et puis ça fait longtemps que vous en avez pas eu à lire, alors je vous en donne ! (c'est mon cerveau... il devient américain).
Donc les amerloques aiment le grand et le gros. Il y a de la place, alors autant en profiter! On ne peut pas leur en vouloir pour le coup.
Mais ils aiment aussi les grosses quantités, l'excès. Les apparences, ça compte ! Ils font dans le sérieux à ce niveau-là. Les choses bien à fond, pas à moitié.
Tout le temps enthousiastes. "Amazing" "I'm excited !!!" Un rien les excite, ces gens-là.
Je pense que c'est par style, plus que par sincérité. Ils sont tellement habitués à cette attitude que s'ils n'agissent pas comme ça, ils pensent sûrement que ça va être tout sauf excitant.
Remarquez, ça a du sens!
Déjà le fait de sourire met de meilleure humeur. Alors crier "Are you excited? I know it will be amazing, we will have so muuuuuch fun ! It's gonna be great. I'm so excited, guys." Avouez que ça donne de l'enthousiasme. (Ca frôle le ridicule, on est d'accord, mais, n'oubliez pas, plongé dans le bocal, on voit les choses différemment)
Je soupçonne que tout ça, c'est lié au "plus c'est gros, mieux c'est".
Peu importe le résultat. On a crié qu'on était excité. C'est ça qui compte. L'intention.
Donc on en rajoute des tonnes et des tonnes.
On n'est pas végétarien, on est vegan, gluten-free et allergiques aux amandes (je traduis pour ceux qui se demandent: on mange que des légumes)
On se lève tous les jours à 5h du mat pour aller faire une heure de sport au centre de muscu ouvert 24h/24. (je me demande ce qu'il se passe dans les douches à 3h du mat....)
On peut pas aller sortir en ville sans boire jusqu'à plus marcher droit.
Faire les choses à moitié, c'est les rater.

Voilà, pourquoi, ici, plus c'est gros mieux c'est. Et voilà, pourquoi, je vous ai parlé de tout sauf de kayak. Et va falloir patienter encore un peu parce que le prochain post sera sur un autre sujet. J'ai repensé à la recherche d'appart que j'ai faite il y a 9 mois. Et lire les annonces, ça m'avait foutu les jetons !!! Faut vraiment que je vous raconte! Mais là faut que je dorme aussi...



Faites de beaux, que dis-je, de gros et gras rêves !