mardi 24 janvier 2012

Lesbian City

Bon ça y est, ça commence à être difficile de se balader avec un appareil photo tout le temps, et de trouver des trucs à photographier.

Peut être que je peux juste vous montrer le campus où je travaille?


















C'est l'entrée d'une bibliothèque.

Et ça c'est moi sur un pont. Parce que le campus est rempli de ces grandes passerelles en bois pour ne pas abîmer les sous-bois.

Vous remarquerez les lunettes de soleil! et l'absence de bonnet en ce mois de janvier où on peut encore se balader sans gants pendant la journée...

Alors les bois, à Santa Cruz c'est un peu inévitable. Il faut savoir que d'abord Santa Cruz, c'est la mer évidemment. Et toute la culture surf qui va avec, et aussi les baleines et la voile. Mais Santa Cruz c'est aussi les bois! De séquoias parce qu'ici ils font les choses en grand.
Santa Cruz est entouré de ces forêts. C'est à dire qu'il suffit d'un quart d'heure en voiture et paf, d'un seul coup, on ne comprend plus, on est dans les bois avec ces arbres immenses, une grande réserve naturelle où seules quelques maisons au bord de la route sinueuse nous rappellent qu'on est près d'une ville peut être.
Ceux qui habitent là, ont beau habiter pas très loin de la civilisation, (5 min ?), on les sent isolés quand même !
Bon et dans ces bois, on ne voit pas grand chose. L'horizon est bien masqué par les arbres, c'est humide et il y fait toujours un peu plus froid. Je commence à avoir pas mal d'expériences de randonnées en forêt. La dernière en date, nous nous sommes trompés de route et, en voiture, on s'est retrouvé dans les bois mais pas à l'entrée du parc. On a fait quelques kilomètres d'une route étroite et sinueuse où on s'enfonçait chaque fois un peu plus dans les bois jusqu'à arriver à un cul-de sac. Le long de cette route, que des maisons! En bois, pas en bois, des architectures bizarres, collés aux arbres.
Il faut savoir que quand on se retrouve dans une forêt de séquoias et qu'il y a un peu plus de vent que d'habitude et bien c'est pas très rassurant. Parce que plus c'est haut, plus ça bouge, et ça fait des bruits bizarres aussi. Alors habiter à côté d'un séquoia.... Je ne comprends pas. Comme je l'ai dit, il n'y a pas de lumière, c'est humide et à la moindre tempête, c'est la peur qu'une branche te tombe dessus ou écrase la maison dans sa chute de 10 mètres de haut.
Mais bon, il paraît qu'habiter dans les bois c'est un truc de lesbiennes. Je me méfie des préjugés comme ça, mais je dois dire que les seules personnes qu'on ait rencontrées et qui nous ont indiqué notre route, étaient deux femmes. Cela prouve tout !
Sans rire, c'est devenue une blague pour moi. A chaque fois qu'on va dans les bois, je me dis qu'on va déranger ces créatures qui aiment vivre près de la nature ...
Parce qu'à Santa Cruz, comme il y a beaucoup de bois, il y a beaucoup de lesbiennes. Là encore, ce n'est pas prouvé mais il est vrai que je vois quand même beaucoup plus de filles, cheveux courts en costumes ou en chemise de bucheron que de mecs aux allures efféminés. D'ailleurs c'est bien connu, les gays vivent à San Francisco, les lesbiennes à Santa Cruz.
Voilà, c'était mon petit interlude du jour. Si jamais un jour quelqu'un me donne une explication
plausible à pourquoi les lesbiennes aiment vivre dans les bois, je vous en ferai part. Promis !



jeudi 19 janvier 2012

Noël 2.0

Je n'ai pas beaucoup d'imagination pour ce titre ! Et il est grandement inspiré d'internet et de tout ce qui se passe en ce moment aux Etats-Unis sur la loi "SOPA". Pour ma part, je n'en ai pas entendu parlé, autrement que sur internet. Sur les versions anglaises de Wikipédia et sur plusieurs sites, aujourd'hui, il y avait un appel à pétition et des informations sur cette loi. Ce qui me laisse admirative c'est de voir au combien tout le monde en parlait sur Facebook. Quand je dis tout le monde, ça veut dire des gens qui sont pas des Etats-Unis. Leur politique est mondialisée, un peu comme les élections d'Obama il y a quelques années. C'est dire l'influence de ce pays.
D'ailleurs tant que j'y pense, je vis un peu au milieu de tout ce monde internet. Les hippies ont laissé place aux programmateurs, la Silicon Valley est à 3/4h, une heure de chez moi, avec tous les sièges emblématiques de Google, Facebook et les autres. J'ai croisé, un soir, un ami d'ami qui travaille pour Facebook. Alors, oui, quand je croise des gens qui travaillent à Facebook, je me sens un peu dans un endroit pas comme les autres !
Il a accès à la "vie" des milliers de personnes connectées. Il nous a dit qu'il y avait des gens payés pour regarder tous les contenus postés et les accepter ou les "censurer". Je ne connais pas leur critères de censure. J'aurai dû demander, tiens! On imagine aisément lesquels mais naïvement je ne m'imaginais pas qu'il y avait des gens qui vérifiaient tout le contenu de tout le monde !  Je pensais que ça se nettoyait tout seul, comme la vaisselle ;-)
Il faut aussi savoir qu'ils gardent et stockent tout sur des serveurs, protégés (mais pas trop), et que, pour l'instant, ils refusent d'utiliser ces données pour autre chose que le site en lui-même. Alors pourquoi les garder?? me direz-vous.

Je m'éloigne vachement de Noël ceci dit. Et je ne me suis pas assez bien documentée pour tenir un discours argumenté, mais il y a une dernière chose que je trouve intéressante à dire. Sur les pétitions, on peut être tenté de les signer, moi je pourrai avec une adresse des US. Mais ici, les pétitions, c'est pour les gens qui votent. C'est pour ça qu'ils demandent l'adresse. Et ça a un vrai pouvoir. Là encore je ne me suis pas trop documentée mais je sais que pour la lutte "Labellisation des OGMS", si on atteint un certain nombre de signatures, et bien les politiques ont un compte à rendre. En ce moment, il y a beaucoup de pétitions à signer. Il y a des décisions politiques qui vont se prendre dans les mois qui viennent. Par exemple, il y a celle pour abolir la peine de mort en Californie. Parce qu'on oublie trop souvent que la Californie l'a encore, après l'avoir abolie un certain temps. Je ne m'imaginais pas qu'en Californie ça pouvait exister. Comme quoi, cet Etat est plus complexe qu'il en a l'air et pas forcément si libéral que ça!

Alors le Noël 2.0 dans tout ça. Nous revoilà revenus au Mexique! Donc après la messe de minuit et les mariachis, il y a eu comme traditionnellement en France, échange de cadeaux et repas. Le repas m'a surprise. Je suis une habituée de la cuisine mexicaine, toujours un peu épicée. Et bien, le repas de Noël ne l'était pas ! Et même sucrée/salé avec ça. Un bon rôti farci avec des figues ou quelque chose de ce genre là. Le seul truc qu'ils ne savent pas faire c'est les desserts !!!
Et puis comme la soirée avait bien commencé avec téquila et mariachis, elle a fini avec karaoké et danse !! Je me suis bien amusée.
Le lendemain, c'était plus calme. Il y a encore eu un repas, plus "mexicain", avec les romeritos que je me suis amusée à laver pendant toute une soirée (voir la photo ci-dessus), et des crevettes séchées et du mole.  Le tout mélangé et cuit, ça donne ça :
Il y avait du thon aussi, aux amandes. Trop bon. Et les restes de la veille.







Pour les enfants, on a organisé une piñata. C'est une boule en papier maché remplie de bonbons ou de fruits accrochée en l'air, que quelqu'un s'amuse à bouger. Chacun son tour on la tape avec un bâton pour la casser. Les plus grands ont les yeux bandés. Et quand ça casse, tout le monde se rue sur les bonbons qui tombent en pluie par terre !
Après la piñata, tout le monde est rentré sagement chez soi et on a pu se reposer. Je suis revenue aux Etats-Unis deux jours après Noël. J'ai ramené dans mes bagages les restes des repas. J'ai cru que ça n'allait jamais passé la douane, mais ils n'ont pas du tout regardé. Comme quoi, les américains m'étonneront toujours !

vendredi 13 janvier 2012

Aïe Aïe Aïe

Cela fait un bail que je n'ai pas posté sur ce blog il me semble. Ne vous en faites pas, c'est que j'ai autre chose pour m'occuper.
Alors Noël au Mexique ? Et bien ce n'est pas si différent qu'en France. Enfin, je dis ça;  mais je ne sais même pas comment c'est chez vous ...
Bon en tout cas, au Mexique, Noël c'est un gros repas (voire 2), la messe de Minuit et les cadeaux de Noël.
Alors qu'y a t-il de surprenant?
Du côté des cadeaux, pas grand chose. par contre la messe de minuit était intéressante. C'était pas très long, une heure à tout casser. Mais il y avait beaucoup de monde et c'était une des multiples sessions. Plusieurs messes ont lieu, une à 20h, l'autre à 22h. Sinon il y a trop de monde.
Et puis il y avait un orchestre, c'est à dire avec un violon, des guitares, des chanteurs et même une batterie. C'est dire que c'était plus rythmé que par chez moi, et plus entraînant.
L'autre détail typique était que tout le monde venait avec le petit Jésus de la crèche dans ses bras. Je n'ai su pourquoi qu'à la fin de la messe. Ce n'est pas pour le bénir, c'est juste pour le bercer pour qu'il dorme bien .... ! J'ai bien regardé ces centaines de bébés Jésus et  :
1. ils sont chevelus...   Qui a déjà vu un bébé avec autant de cheveux sur le crâne? Mais passons cette incohérence biologique.

2. ils sont de toutes les couleurs de peau ... Blanc, café au lait, voire très très noir.  Je n'arrive pas à trouver d'images sur internet mais c'est véridique.
Donc je me suis retrouvée dans une église, plutôt beaucoup moins sombre que les églises grises dont j'ai l'habitude, avec des centaines de bébés jésus autour de moi de toutes les couleurs. J'avoue que j'ai passé un moment à regarder ces bébés. J'ai repensé à ce que m'a dit une amie française à Mexico: "Ici, les mexicains, ils sont tous pareils !! Pas de diversité".
Je me suis dit que la diversité, elle est toujours là en fait. Elle est juste différente.
Personnellement, je n'ai jamais eu cette impression au Mexique parce que j'ai toujours trouvé que les mexicains étaient plus différentiables physiquement que les chiliens. Plus de couleurs pour les yeux, plus de couleurs de cheveux, et aussi plus de couleurs de peau. Bon on est d'accord, il n'y en a pas beaucoup des blonds, mais c'est pas parce qu'il n'y a pas de blonds qu'ils sont tous pareils!
Pour revenir à mes moutons, j'ai trouvé ça très touchant et symbolique d'afficher des petits Jésus de toutes les couleurs. Je ne sais pas si vous êtes d'accord, mais en France, les bébés Jésus noirs ou basanés ça n'existe pas; et au Chili, être un peu trop bronzé, c'est avoir du sang indigène et ça le fait pas. Je ne pense pas que chez eux on verrait un petit Jésus noir. D'abord les indiens du Chili, les Mapuches, ne doivent pas être catholiques et surtout ils ne se mélangent pas trop entre eux.
Alors quand je me suis retrouvée dans cette église mexicaine entourée de bébés plus ou moins blancs, j'ai regardé autour de moi. On ne peut pas dire qu'il y en avait beaucoup qui soient noirs de peau, mais il y avait un joli mélange et beaucoup d'influence indigène dans les traits.
Peut être qu'il y a des peuples moins racistes que d'autres. Peut être que c'est juste le contact quotidien avec la diversité qui leur a donné envie de créer des Jésus noirs et qu'ils expriment leur racisme sur d'autres personnes que les métisses.

Cela fait beaucoup de peut être; il est difficile de savoir lorsqu'on connait si peu un pays et ses coutumes.
Toujours est-il que la messe de minuit s'est bien finie dans les pétards et les cris de "Feliz Navidad" un peu partout. On est parti à 7 dans la voiture dans la direction du repas de Noël, chez des cousins de Michelle, avec une pause à la maison parce que beaucoup n'étaient pas prêts. On est arrivé en retard bien sûr; parce que, quand parmi les 7, il y a 6 filles et une salle de bain, ce n'est pas facile :-).
Et puis cahin, cahan, nous voilà chez les cousins. Et là, oh surprise, des mariachis !


 Donc on était assez serrés dans l'appartement, mais au moins il y avait de l'ambiance. Ces messieurs ont dû joué une petite heure après qu'on soit arrivés, et ils sont partis après avoir fait pleuré la maman de Michelle quand son mari lui a chantait une chanson d'amour devant tout le monde. C'était du grand, grand art lyrique mexicain.
Ces mariachis ne sont pas venus parce qu'ils avaient vu de la lumière sous la porte; mais parce qu'un cousin de Michelle les a "offert" en cadeau à sa maman qui fêtait son anniversaire quelques jours après. La mère de Michelle n'a ensuite pas arrêté de répéter que ce cousin, elle l'aime, parce qu'il est bien sous tout rapport, il a le sens de l'honneur, de la patrie et j'en passe; c'était mignon. (il fait partie de la cavalerie de l'armée mexicaine). Je me suis demandée si elle ne cherchait pas un peu à le marier à une française mais elle n'a rien précisé là-dessus !!

J'arrête ici ces aventures mexicaines, la suite au prochain numéro.