Il est 20h, samedi soir. Je viens de débarquer: aéroport de Salt Lake City.
Je n'attends pas longtemps mes bagages et observe les gens autour de moi. Beaucoup doivent être des scientifiques qui vont à la même conférence que moi, car beaucoup se trimballent avec des tubes qui ne peuvent que contenir des posters. Moi aussi, je me trimballe un poster A0. Et c'est légèrement chiant.
J'essaye de découvrir où vont tous ces gens : bus? taxis?
Tous les aéroports se ressemblent mais celui là n'est pas très clair quant à la possibilité de navettes pas chères pour aller en centre-ville.
Je me décide enfin, et heureusement, à soutirer des informations au Monsieur dont c'est le travail. "Le dernier bus va partir, dépêchez-vous". J'arrête tout de suite mes contemplations pour filer à l'arrêt indiqué. Le bus est encore là, avec son chauffeur. Le-dit chauffeur est un chauffeur un peu particulier.
Je lui demande comment aller à l'hôtel, sur les conseils du Monsieur dont c'est le travail. Bien mal m'en a pris. Il se lance dans une explication sans fin, qui commence par quelles rues prendre, quels restaurants sont bons, où faire ses courses, et je m'assois avec toutes les brochures des bus et les différents horaires, nuit, week-ends, et jour fériés.
Je ne sais toujours pas où est mon hôtel. Et je n'ai pas de plan.
Dans le bus, 4 personnes sourient à ma mésaventure. En voyant qu'elles ont aussi les mains pleines de brochures, je devine qu'elles ont dû poser les mêmes questions. Une conversation s'engage et au bout de 10 minutes, je réalise qu'elles vont au même hôtel, et que si elles n'ont pas de plan, elles ont un I phone (il m'arrive de remercier la modernité, parfois).
Hourra, je suis sauvée. Je commence donc à les suivre comme un mouton. Enfin! après avoir attendu encore 10 minutes que le chauffeur bizarre arrête de nous énumérer tous les bons plans du coin.
Il fait noir, le trajet paraît long, on ne croise rien d'intéressant sur la route, et on finit tant bien que mal, à l'hôtel qui semble au premier abord un peu miteux, un mix entre un motel et une auberge de jeunesse. Je prends peur en apercevant l'espèce de salon, obscur où 3 ou 4 américains sortis des films de westerns, regardent des émissions bizarres à la télé. Et je m'enferme dans ma chambre, fatiguée, et un peu malmenée par le bizarre de Salt Lake City.
Bref, je ne me sens pas vraiment chez moi ici.
Le lendemain, la neige a déposé pendant la nuit une fine couche blanche sur les trottoirs et les arbres. C'est joli mais pas assez pour égayer la ville que je trouve un peu grise et tristounette. Surtout que l'ambiance est inexistante. Personne dans les rues, peu de voitures qui passent dans ces avenues de 5 allées, chacune plus larges que le camion de mon papa. Ce qui n'aide pas à se sentir protégée, accueillie.
Pour couronner le tout, je me rends compte que le café que je voudrai pour mon petit déjeuner ne sera pas si facile à trouver: tout est fermé le dimanche ! Même les restaurants. Je me dis que dans le centre, je trouverai plus facilement, mais 15 minutes après, je déchante. C'est pareil, presque aucun magasins d'ouvert (aux Us, c'est d'autant plus bizarre). Finalement, je trouve un restaurant qui fait des brunchs. Les brunchs c'est vachement bon aux USA, des espèces de petit-déjs, boostés pour que tu tiennes toute la journée avec une grosse dose d'oeufs sur des gros morceaux de pain, du bacon, des pommes de terre, noyés dans la sauce... Enfin c'est un repas en soit. Je passe ensuite mon dimanche à me balader en ville, et à découvrir la richesse culturelle et architecturale de Salt Lake City: (pour plein de photos intéressantes, cliquez !)
https://plus.google.com/photos/101187009844163992424/albums/5713700798349547985?authkey=CJbkrJiPgvuhrgE
Je découvre plutôt l'histoire des mormons, dont l'Utah, l'Etat de Salt Lake City, est la capitale.
Pour faire court, en 1830, l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers
jours est fondée (l'autre "petit" nom des mormons). En gros, c'est une religion basée sur Jésus Christ (comme son nom l'indique), réputée pour l'importance de la famille et du mariage, de la chasteté, et surtout la non consommation d'alcool... Et puis sûrement parce qu'ils devaient s'ennuyer un peu, ils ont ajouté un peu de traditions polygames, mais c'était il y a longtemps, hein! Dès le début, ses membres ont été
persécutés par leurs voisins. Le dirigeant, Joseph Smith, est assassiné en 1840. A la suite de quoi, M Young s'en va avec les fidèles, fuient et parcourt les Etats-Unis, en partant de l'Illinois (plutôt le Nord-Est). Et puis après bien 2 ans d'exil, sûrement que M Young, en prise à des hallucinations, et un peu malade, s'est dit que ça serait bien de s'arrêter un moment. Alors, quand il a vu la vallée avec ce superbe lac salé, il s'est écrié "This is the place!" ou en français "C'est là, Jésus me l'a soufflé à l'oreille!" Et c'est pour ça que Salt Lake City est devenue la capitale des mormons.
Et c'est pour ça qu'en ce dimanche, il n'y a que la place du Temple de l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers
jours qui est ouverte. Non, parce que le Temple, il faut être "pur" pour y entrer.
Et c'est pour ça qu'en ce dimanche, je me dis que j'aurai mieux fait d'aller skier (les stations sont à 3/4 heure en bus).
mardi 28 février 2012
jeudi 23 février 2012
Explorer un monde d'explorations
Comme je vous disais dans un précédent post, j'assiste à une conférence scientifique d'une semaine à Salt Lake City. Je me retrouve donc entourée de 4 à 5 milles chercheurs en océanographie, chacun spécialisé dans quelque chose de différent.
Le but des ces grandes réunions, est de créer des contacts, favoriser les conversations formelles et non formelles, pour stimuler la créativité et communiquer les résultats. Un grand projet humaniste en soit.
Mais, voilà, il est souvent difficile de se tourner vers les autres et de faire comprendre l'intérêt et la difficulté de nos recherches. Surtout dans ces grandes conférences où de nombreuses thématiques se côtoient. Chacun parle une langue différente.
S'il est difficile de communiquer avec ses confrères, cela l'est d'autant plus avec quelqu'un d'extérieur à ce monde.
Il existe aussi des formations où on apprend aux scientifiques à parler aux gens, à expliquer leur travaux. Ce genre de formations, plutôt que de créer un lien avec le public, fait ressortir le fait que les chercheurs vivent dans une bulle, à l'abri des autres.
J'ai souvent cette sensation, d'autant plus que ma famille n'est pas familière au milieu académique.
J'ai envie de percer cette bulle.
Mais plutôt que faire de la vulgarisation scientifique (il existe déjà de nombreux magazines, blogs et sites web), je vais, par petites touches, vous peindre le fonctionnement et la vie du milieu académique; tout du moins la vision que j'en ai. En espérant qu'il ait moins de mystère pour vous et que, pour ceux qui le connaissent déjà, ce soit quand même divertissant, et plus proche de la réalité que The Big Band Theory (néanmoins très drôle).
Donc les sujets de ce blog vont se diversifier et se tourner aussi vers l'exploration du monde de la recherche.
Le but des ces grandes réunions, est de créer des contacts, favoriser les conversations formelles et non formelles, pour stimuler la créativité et communiquer les résultats. Un grand projet humaniste en soit.
Mais, voilà, il est souvent difficile de se tourner vers les autres et de faire comprendre l'intérêt et la difficulté de nos recherches. Surtout dans ces grandes conférences où de nombreuses thématiques se côtoient. Chacun parle une langue différente.
S'il est difficile de communiquer avec ses confrères, cela l'est d'autant plus avec quelqu'un d'extérieur à ce monde.
Il existe aussi des formations où on apprend aux scientifiques à parler aux gens, à expliquer leur travaux. Ce genre de formations, plutôt que de créer un lien avec le public, fait ressortir le fait que les chercheurs vivent dans une bulle, à l'abri des autres.
J'ai souvent cette sensation, d'autant plus que ma famille n'est pas familière au milieu académique.
J'ai envie de percer cette bulle.
Mais plutôt que faire de la vulgarisation scientifique (il existe déjà de nombreux magazines, blogs et sites web), je vais, par petites touches, vous peindre le fonctionnement et la vie du milieu académique; tout du moins la vision que j'en ai. En espérant qu'il ait moins de mystère pour vous et que, pour ceux qui le connaissent déjà, ce soit quand même divertissant, et plus proche de la réalité que The Big Band Theory (néanmoins très drôle).
Donc les sujets de ce blog vont se diversifier et se tourner aussi vers l'exploration du monde de la recherche.
mardi 21 février 2012
What's wrong with you ?
Samedi midi, G., R., et moi attendons patiemment sur le trottoir d'un restaurant bondé. Les lunettes de soleil s'imposent. Après une bonne dizaine de minutes et de blabla d'attente, une serveuse nous fait entrer et nous montre une table.
Salle haute de plafond, moulures en bois, cadres rétro ou photos tendances, serveuses au taquet, limite rudes et mal polies, bruit ambiant sourd de la salle surpeuplée: l'ambiance est teintée d'influences de troquet parisien.
Nous commandons. Eux, un brunch oeufs/cafés; moi, un burger/bière.
Je ne fais pas de la résistance culturelle. C'est juste qu'il est midi, je me suis levée tôt et j'ai envie d'un repas pas d'un pseudo petit déjeuner.
Nous mangeons tranquillement tout en discutant. La serveuse passe de temps en temps, vérifie que tout va bien. "Everything is ok?". "Oui, bien sûr !" Deux minutes après, alors que j'entame la moitié restante de mon burger, elle revient avec l'addition.
Oui et !!!? Si je voulais un dessert ? Si je préférais finir de manger avant d'avoir à penser aux sous ? Si ... ?
Mais, bon sang, pourquoi ça m'emmerde toujours autant que l'addition arrive sans qu'on la demande explicitement ? A chaque fois, outragée, je gesticule, je marmonne, après avoir posée ma fourchette, une complainte sans fin sur les usages et coutumes culinaires. Et de mes amis, ne pas comprendre. Jamais.
"Oui, c'est un peu rude. Ca donne l'impression que l'on doit partir au plus vite, ce qui n'est en général pas vrai, hein ! Par contre c'est pratique : pas besoin de demander l'addition et de l'attendre !"
J'essaye d'être ouverte. Franchement ce n'est pas la fin du monde. Ce n'est qu'un détail ! Mais étonnamment, sans raison, c'est le détail qui me gêne peut être le plus ici. J'ai maintenant toujours peur que lorsqu'on me demande si tout va bien, et que si je réponds que je ne veux pas d'autre bière parce que celle que je bois est à peine entamée, alors l'addition arrive sans que je ne l'ai réellement voulue.
Je m'efforce donc de trouver des arguments pour défendre ma position, mais le seul qui me vienne à l'esprit est que de pouvoir demander l'addition laisse la liberté de rester autant qu'on veut sans se sentir pressé. Et c'est cela sûrement que l'on appelle le "fast-food" américain. Ca va vite, les restos font autant de services qu'ils peuvent. Plus tôt l'addition est posée sur la table, plus il y a de chances que les clients payent et s'en aillent vite pour laisser place à d'autres. Ce détail culinaire révèle en fait la profondeur du fossé culturel qui sépare deux traditions.
Et je me retrouve seule contre tous. Je suis bien obligée d'accepter cette tradition et rien ne pourra faire comprendre la mienne à ceux qui ne connaissent que ça.
Cependant, maintenant que j'ai bien compris comment cela fonctionne, je vais apprendre à ruser: "Une autre bière ? Un moment s'il vous plaît. D'abord je finis celle-là et après je vous répondrai !".
Et jamais plus l'addition n'arrivera avant que je n'ai fini de manger. Ainsi soit-il !
Salle haute de plafond, moulures en bois, cadres rétro ou photos tendances, serveuses au taquet, limite rudes et mal polies, bruit ambiant sourd de la salle surpeuplée: l'ambiance est teintée d'influences de troquet parisien.
Nous commandons. Eux, un brunch oeufs/cafés; moi, un burger/bière.
Je ne fais pas de la résistance culturelle. C'est juste qu'il est midi, je me suis levée tôt et j'ai envie d'un repas pas d'un pseudo petit déjeuner.
Nous mangeons tranquillement tout en discutant. La serveuse passe de temps en temps, vérifie que tout va bien. "Everything is ok?". "Oui, bien sûr !" Deux minutes après, alors que j'entame la moitié restante de mon burger, elle revient avec l'addition.
Oui et !!!? Si je voulais un dessert ? Si je préférais finir de manger avant d'avoir à penser aux sous ? Si ... ?
Mais, bon sang, pourquoi ça m'emmerde toujours autant que l'addition arrive sans qu'on la demande explicitement ? A chaque fois, outragée, je gesticule, je marmonne, après avoir posée ma fourchette, une complainte sans fin sur les usages et coutumes culinaires. Et de mes amis, ne pas comprendre. Jamais.
"Oui, c'est un peu rude. Ca donne l'impression que l'on doit partir au plus vite, ce qui n'est en général pas vrai, hein ! Par contre c'est pratique : pas besoin de demander l'addition et de l'attendre !"
J'essaye d'être ouverte. Franchement ce n'est pas la fin du monde. Ce n'est qu'un détail ! Mais étonnamment, sans raison, c'est le détail qui me gêne peut être le plus ici. J'ai maintenant toujours peur que lorsqu'on me demande si tout va bien, et que si je réponds que je ne veux pas d'autre bière parce que celle que je bois est à peine entamée, alors l'addition arrive sans que je ne l'ai réellement voulue.
Je m'efforce donc de trouver des arguments pour défendre ma position, mais le seul qui me vienne à l'esprit est que de pouvoir demander l'addition laisse la liberté de rester autant qu'on veut sans se sentir pressé. Et c'est cela sûrement que l'on appelle le "fast-food" américain. Ca va vite, les restos font autant de services qu'ils peuvent. Plus tôt l'addition est posée sur la table, plus il y a de chances que les clients payent et s'en aillent vite pour laisser place à d'autres. Ce détail culinaire révèle en fait la profondeur du fossé culturel qui sépare deux traditions.
Et je me retrouve seule contre tous. Je suis bien obligée d'accepter cette tradition et rien ne pourra faire comprendre la mienne à ceux qui ne connaissent que ça.
Cependant, maintenant que j'ai bien compris comment cela fonctionne, je vais apprendre à ruser: "Une autre bière ? Un moment s'il vous plaît. D'abord je finis celle-là et après je vous répondrai !".
Et jamais plus l'addition n'arrivera avant que je n'ai fini de manger. Ainsi soit-il !
samedi 18 février 2012
Zobi la mouche
Aujourd'hui, je vais écrire un message encore plus en vrac que les dernières fois !
Je m'en vais demain à Salt Lake City, capitale mormonesque. J'espère que je ramènerai de quoi alimenter ce blog en histoire farfelue sur la vie là bas. Ce sera la première fois que je quitte la Californie du Nord, qui est quand même un endroit vraiment particulier des Etats-Unis. Et donc je m'attends à manger mal et gras !!
Bon, en passant, si je vais là bas, c'est pour une conférence en océanographie, une grosse conférence donc il va y avoir beaucoup de monde et j'espère beaucoup de neige ;-)
Ce soir, j'ai enfin pu rencontrer autour d'un verre des "post-doctorants" qui travaillent dans le même département que moi, j'ai aussi été mangé avec ma co-bureau. Ca paraît tout con, mais ça a pris 3/4 mois quand même pour que l'occasion se présente!! C'est pas des sociaux au boulot ici. Mais peu à peu, j'espère que je vais rencontrer les bonnes personnes et me remotiver un peu pour aller rencontrer les gens. C'est un peu difficile quand on travaille quasiment seul.
Cette semaine, j'ai aussi eu droit à une petite explication de comment fonctionne les sécus ici. Enfin pas la mienne, mais en général. Je peux déjà vous dire qu'en France, on est mieux. Et qu'il faut tout faire pour garder notre petit système qui marche bien. Parce que la sécurité sociale ici, c'est une assurance maladie. Et ça marche comme une assurance. Et les assurances, on sait tous que c'est l'arnaque. Pas besoin de vous faire un dessin.
J'étais un peu écœurée (je vis avec ça maintenant) même si je savais que ça n'allait pas me plaire. Mais quand ça touche des amis, c'est toujours plus difficile à accepter. Je discutais donc avec mon amie G. qui va changer de boulot dans pas longtemps. Mais pendant 3 mois elle sera en période d'essai, et pendant cette période, pas d'assurance maladie (sympa, non !) Mais comme elle est diabétique, c'est moins cool. Donc elle se démerde pour se procurer tout ce dont elle aura besoin pendant 3 mois. Sauf qu'elle ne sera pas remboursée par son assurance tout à fait parce qu'il faut qu'elle dépense 500 dollars, pour commencer à se faire rembourser. Et tous les ans, en janvier, le compte redémarre à 0. Ce qui veut dire, que pour elle, au moins 500 dollars par an de soins médicaux non remboursés. Elle doit donc payer quelques 500 dollars pour son traitement, maintenant; et va changer d'assurance. Ce qui fait qu'elle "profitera" même pas des remboursements qu'elle devrait avoir.
Elle ne profitera pas non plus des congés payés qu'elle a accumulé avec son ancien boulot, parce que ce n'est pas la culture ici. Par contre elle a 5 jours de pause entre les deux contrats, non payés.
Quand je lui ai fait remarqué (parce qu'elle n'avait pas pensé à ça), elle a quand même trouvé ça complétement débile.
Et donc, quand je rentrais ce soir, après avoir été boire un verre avec des presque -collègues. Vers 9h30, je passais en face du magasin de musique, encore ouvert. Je n'ai pas pu m'empêcher et j'ai acheté un peu au hasard 4 ou 5 CDs, de la country, de la pop-électro, du reggae, enfin des trucs qui étaient sur le promontoire. Comme ça, j'ai de la nouvelle musique pour mon voyage. Et je découvre des nouveaux trucs. Ce magasin est énorme, tu trouves de tout... et c'est cool. Même les Négresses Vertes. Et, ça c'est la classe.
Je m'en vais demain à Salt Lake City, capitale mormonesque. J'espère que je ramènerai de quoi alimenter ce blog en histoire farfelue sur la vie là bas. Ce sera la première fois que je quitte la Californie du Nord, qui est quand même un endroit vraiment particulier des Etats-Unis. Et donc je m'attends à manger mal et gras !!
Bon, en passant, si je vais là bas, c'est pour une conférence en océanographie, une grosse conférence donc il va y avoir beaucoup de monde et j'espère beaucoup de neige ;-)
Ce soir, j'ai enfin pu rencontrer autour d'un verre des "post-doctorants" qui travaillent dans le même département que moi, j'ai aussi été mangé avec ma co-bureau. Ca paraît tout con, mais ça a pris 3/4 mois quand même pour que l'occasion se présente!! C'est pas des sociaux au boulot ici. Mais peu à peu, j'espère que je vais rencontrer les bonnes personnes et me remotiver un peu pour aller rencontrer les gens. C'est un peu difficile quand on travaille quasiment seul.
Cette semaine, j'ai aussi eu droit à une petite explication de comment fonctionne les sécus ici. Enfin pas la mienne, mais en général. Je peux déjà vous dire qu'en France, on est mieux. Et qu'il faut tout faire pour garder notre petit système qui marche bien. Parce que la sécurité sociale ici, c'est une assurance maladie. Et ça marche comme une assurance. Et les assurances, on sait tous que c'est l'arnaque. Pas besoin de vous faire un dessin.
J'étais un peu écœurée (je vis avec ça maintenant) même si je savais que ça n'allait pas me plaire. Mais quand ça touche des amis, c'est toujours plus difficile à accepter. Je discutais donc avec mon amie G. qui va changer de boulot dans pas longtemps. Mais pendant 3 mois elle sera en période d'essai, et pendant cette période, pas d'assurance maladie (sympa, non !) Mais comme elle est diabétique, c'est moins cool. Donc elle se démerde pour se procurer tout ce dont elle aura besoin pendant 3 mois. Sauf qu'elle ne sera pas remboursée par son assurance tout à fait parce qu'il faut qu'elle dépense 500 dollars, pour commencer à se faire rembourser. Et tous les ans, en janvier, le compte redémarre à 0. Ce qui veut dire, que pour elle, au moins 500 dollars par an de soins médicaux non remboursés. Elle doit donc payer quelques 500 dollars pour son traitement, maintenant; et va changer d'assurance. Ce qui fait qu'elle "profitera" même pas des remboursements qu'elle devrait avoir.
Elle ne profitera pas non plus des congés payés qu'elle a accumulé avec son ancien boulot, parce que ce n'est pas la culture ici. Par contre elle a 5 jours de pause entre les deux contrats, non payés.
Quand je lui ai fait remarqué (parce qu'elle n'avait pas pensé à ça), elle a quand même trouvé ça complétement débile.
Et donc, quand je rentrais ce soir, après avoir été boire un verre avec des presque -collègues. Vers 9h30, je passais en face du magasin de musique, encore ouvert. Je n'ai pas pu m'empêcher et j'ai acheté un peu au hasard 4 ou 5 CDs, de la country, de la pop-électro, du reggae, enfin des trucs qui étaient sur le promontoire. Comme ça, j'ai de la nouvelle musique pour mon voyage. Et je découvre des nouveaux trucs. Ce magasin est énorme, tu trouves de tout... et c'est cool. Même les Négresses Vertes. Et, ça c'est la classe.
![]() | ||
| Ne cherchez pas les Négresses Vertes, c'est juste une photo au hasard de l'endroit |
lundi 6 février 2012
Contre-culture
Dès que je suis arrivée ici, je me suis tout de suite rendue compte que je n'étais pas dans ce que j'imaginais des Etats-Unis.
Mais qu'est-ce qu'on imagine?
Et bien, je pensais qu'il n'y aurait pas de centre-ville sympa, que la ville ne serait que banlieue résidentielle entrecoupée de centres commerciaux. Je pensais que j'allais pas trouver de boutiques sympas mais que des grandes chaînes et des marques, et des boutiques aseptisées que ce soient pour la bouffe, les vêtements ou les cafés.
Mais je me suis trompée. C'est même plus grave que juste avoir exagérer la chose. J'étais complétement à côté de la plaque. Ici c'est tout l'inverse.
Le centre n'est certes pas très grand, mais il y a toujours beaucoup de piétons qui s'y promènent. Sur la rue la plus populaire, les trottoirs énormes donnent l'impression que c'est une rue piétonne. Il y a des bancs placés un peu partout, des petites sculptures difformes où l'on peut reconnaître sur certaines des animaux marins, des arbres décorés pour Noël, un accordéon, quelques guitares. Toujours des gens bizarres qui poussent un vélo qui doit porter leur vie. Des pancartes sur les murs des bâtiments qui racontent leur histoire. Des diseurs de contes pour quelques sous, et des skateurs.
Dans tout ce beau mélange, on se balade le long de boutiques, qui n'ont pas grand chose de puritain. Des hippies/hindous magasins, exactement pareils que ceux qu'on voit à Grenoble, avec les mêmes pantalons larges en coton provenant directement d'Inde et l'encens qui brûle dans un coin. On trouve aussi une petite version du quartier Saint Bruno avec la présence dans un pâté de maison d'une librairie anarchiste, un café communautaire, et un atelier gratuit et libre accès pour réparer ses vélos. La comparaison ne va pas plus loin. La plupart de toutes les boutiques sont des magasins "fourre-tout" où on trouve tout et n'importe quoi et beaucoup sont spécialisés dans la démarque, l'échange, l'occasion et le vintage.
Et ces magasins rivalisent d'originalité dans la confection de leurs vitrines. Voir, à gauche, un spécial sur la thématique du mouvement Occupy. Si toi aussi, tu veux t'habiller comme un flic, ou comme un manifestant trop cool avec une casquette ornée d'une main qui montre un beau doigt parce qu'il en veut au monde entier.... , tu n'as qu'à entrer pour trouver ton bonheur pour vraiment pas cher!
J'ai remarqué aussi, après avoir vu San Francisco et un peu San José, que Santa Cruz est une ville un peu à part. Parce qu'on trouve des manifestations de contre-culture partout dans la ville. Il n'y a pas de quartiers chics ni de magasins de base genre H&M qui ne sont pas chers. Il n'y a QUE la contre-culture.
Ici, les soldes ne sont pas médiatisées, la Saint Valentin non plus... Rien d'ailleurs n'est médiatisé. Les boutiques arborent pour la plupart un fier logo "Buy local first, Santa Cruz" parce qu'acheter local c'est mieux. Il n'y a aucune affiche publicitaire dans les rues. On ne pousse pas à la consommation, la vie n'est pas agressive.
Alors, oui, si j'ai besoin d'un jean Levis de telle taille et telle couleur, c'est sûr que je ne le trouverai pas! Mais si je me balade régulièrement dans les boutiques de déstockage, j'aurai trouvé 4 jeans pour le même prix, et ce sera peut être des Levis. D'ailleurs j'évite d'y aller trop souvent. Des supers fringues à 10 dollars c'est dur de résister....
Bon, pour finir sur cette note matérialiste, même les boutiques de CDs, Vynils sont comme ça :

un grand entrepôt un peu pourri avec des vitrines un peu sales où est exposé un hommage à la culture musicale française (regardez bien si c'est possible) :
Et à l'intérieur, on trouve de tout, et c'est bien rangé. Par exemple pour les DVD d'arts martiaux:
"Bruce lee" et "Totally not Bruce Lee":
Alors, moi, avec tout mes préjugés, je me suis retrouvée bien bête. Je me dis qu'en France, en fait, c'est plus aseptisé qu'ici....
Mais qu'est-ce qu'on imagine?
Et bien, je pensais qu'il n'y aurait pas de centre-ville sympa, que la ville ne serait que banlieue résidentielle entrecoupée de centres commerciaux. Je pensais que j'allais pas trouver de boutiques sympas mais que des grandes chaînes et des marques, et des boutiques aseptisées que ce soient pour la bouffe, les vêtements ou les cafés.
Mais je me suis trompée. C'est même plus grave que juste avoir exagérer la chose. J'étais complétement à côté de la plaque. Ici c'est tout l'inverse.
Le centre n'est certes pas très grand, mais il y a toujours beaucoup de piétons qui s'y promènent. Sur la rue la plus populaire, les trottoirs énormes donnent l'impression que c'est une rue piétonne. Il y a des bancs placés un peu partout, des petites sculptures difformes où l'on peut reconnaître sur certaines des animaux marins, des arbres décorés pour Noël, un accordéon, quelques guitares. Toujours des gens bizarres qui poussent un vélo qui doit porter leur vie. Des pancartes sur les murs des bâtiments qui racontent leur histoire. Des diseurs de contes pour quelques sous, et des skateurs.
Dans tout ce beau mélange, on se balade le long de boutiques, qui n'ont pas grand chose de puritain. Des hippies/hindous magasins, exactement pareils que ceux qu'on voit à Grenoble, avec les mêmes pantalons larges en coton provenant directement d'Inde et l'encens qui brûle dans un coin. On trouve aussi une petite version du quartier Saint Bruno avec la présence dans un pâté de maison d'une librairie anarchiste, un café communautaire, et un atelier gratuit et libre accès pour réparer ses vélos. La comparaison ne va pas plus loin. La plupart de toutes les boutiques sont des magasins "fourre-tout" où on trouve tout et n'importe quoi et beaucoup sont spécialisés dans la démarque, l'échange, l'occasion et le vintage. Et ces magasins rivalisent d'originalité dans la confection de leurs vitrines. Voir, à gauche, un spécial sur la thématique du mouvement Occupy. Si toi aussi, tu veux t'habiller comme un flic, ou comme un manifestant trop cool avec une casquette ornée d'une main qui montre un beau doigt parce qu'il en veut au monde entier.... , tu n'as qu'à entrer pour trouver ton bonheur pour vraiment pas cher!
J'ai remarqué aussi, après avoir vu San Francisco et un peu San José, que Santa Cruz est une ville un peu à part. Parce qu'on trouve des manifestations de contre-culture partout dans la ville. Il n'y a pas de quartiers chics ni de magasins de base genre H&M qui ne sont pas chers. Il n'y a QUE la contre-culture.
Ici, les soldes ne sont pas médiatisées, la Saint Valentin non plus... Rien d'ailleurs n'est médiatisé. Les boutiques arborent pour la plupart un fier logo "Buy local first, Santa Cruz" parce qu'acheter local c'est mieux. Il n'y a aucune affiche publicitaire dans les rues. On ne pousse pas à la consommation, la vie n'est pas agressive.
Alors, oui, si j'ai besoin d'un jean Levis de telle taille et telle couleur, c'est sûr que je ne le trouverai pas! Mais si je me balade régulièrement dans les boutiques de déstockage, j'aurai trouvé 4 jeans pour le même prix, et ce sera peut être des Levis. D'ailleurs j'évite d'y aller trop souvent. Des supers fringues à 10 dollars c'est dur de résister....
Bon, pour finir sur cette note matérialiste, même les boutiques de CDs, Vynils sont comme ça :

un grand entrepôt un peu pourri avec des vitrines un peu sales où est exposé un hommage à la culture musicale française (regardez bien si c'est possible) :
Et à l'intérieur, on trouve de tout, et c'est bien rangé. Par exemple pour les DVD d'arts martiaux:
"Bruce lee" et "Totally not Bruce Lee":
Alors, moi, avec tout mes préjugés, je me suis retrouvée bien bête. Je me dis qu'en France, en fait, c'est plus aseptisé qu'ici....
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