lundi 6 février 2012

Contre-culture

Dès que je suis arrivée ici, je me suis tout de suite rendue compte que je n'étais pas dans ce que j'imaginais des Etats-Unis.
Mais qu'est-ce qu'on imagine?
Et bien, je pensais qu'il n'y aurait pas de centre-ville sympa, que la ville ne serait que banlieue résidentielle entrecoupée de centres commerciaux. Je pensais que j'allais pas trouver de boutiques sympas mais que des grandes chaînes et des marques, et des boutiques aseptisées que ce soient pour la bouffe, les vêtements ou les cafés.

Mais je me suis trompée. C'est même plus grave que juste avoir exagérer la chose. J'étais complétement à côté de la plaque. Ici c'est tout l'inverse.
Le centre n'est certes pas très grand, mais il y a toujours beaucoup de piétons qui s'y promènent. Sur la rue la plus populaire, les trottoirs énormes donnent l'impression que c'est une rue piétonne. Il y a des bancs placés un peu partout, des petites sculptures difformes où l'on peut reconnaître sur certaines des animaux marins, des arbres décorés pour Noël, un accordéon, quelques guitares. Toujours des gens bizarres qui poussent un vélo qui doit porter leur vie. Des pancartes sur les murs des bâtiments qui racontent leur histoire. Des diseurs de contes pour quelques sous, et des skateurs.


Dans tout ce beau mélange, on se balade le long de boutiques, qui n'ont pas grand chose de puritain. Des hippies/hindous magasins, exactement pareils que ceux qu'on voit à Grenoble, avec les mêmes pantalons larges en coton provenant directement d'Inde et l'encens qui brûle dans un coin. On trouve aussi une petite version du quartier Saint Bruno avec la présence dans un pâté de maison d'une librairie anarchiste, un café communautaire, et un atelier gratuit et libre accès pour réparer ses vélos. La comparaison ne va pas plus loin. La plupart de toutes les boutiques sont des magasins "fourre-tout" où on trouve tout et n'importe quoi et beaucoup sont spécialisés dans la démarque, l'échange, l'occasion et le vintage.
Et ces magasins rivalisent d'originalité dans la confection de leurs vitrines. Voir, à gauche, un spécial sur la thématique du mouvement Occupy. Si toi aussi, tu veux t'habiller comme un flic, ou comme un manifestant trop cool avec une casquette ornée d'une main qui montre un beau doigt parce qu'il en veut au monde entier.... , tu n'as qu'à entrer pour trouver ton bonheur pour vraiment pas cher!

J'ai remarqué aussi, après avoir vu San Francisco et un peu San José, que Santa Cruz est une ville un peu à part. Parce qu'on  trouve des manifestations de contre-culture partout dans la ville. Il n'y a pas de quartiers chics ni de magasins de base genre H&M qui ne sont pas chers. Il n'y a QUE la contre-culture.
Ici, les soldes ne sont pas médiatisées, la Saint Valentin non plus... Rien d'ailleurs n'est médiatisé. Les boutiques arborent pour la plupart un fier logo "Buy local first, Santa Cruz" parce qu'acheter local c'est mieux. Il n'y a aucune affiche publicitaire dans les rues. On ne pousse pas à la consommation, la vie n'est pas agressive.

Alors, oui, si j'ai besoin d'un jean Levis de telle taille et telle couleur, c'est sûr que je ne le trouverai pas! Mais si je me balade régulièrement dans les boutiques de déstockage, j'aurai trouvé 4 jeans pour le même prix, et ce sera peut être des Levis. D'ailleurs j'évite d'y aller trop souvent. Des supers fringues à 10 dollars c'est dur de résister....

Bon, pour finir sur cette note matérialiste, même les boutiques de CDs, Vynils sont comme ça :


un grand entrepôt un peu pourri avec des vitrines un peu sales où est exposé un hommage à la culture musicale française (regardez bien si c'est possible) :






Et à l'intérieur,   on trouve de tout, et c'est bien rangé. Par exemple pour les DVD d'arts martiaux:
 "Bruce lee" et "Totally not Bruce Lee":








Alors, moi, avec tout mes préjugés, je me suis retrouvée bien bête. Je me dis qu'en France, en fait, c'est plus aseptisé qu'ici....

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