lundi 28 mai 2012

Video killed the radio star -3

Hou là là, il y a eu tellement de rebondissements et d'aventures incongrues dans ma vie depuis le dernier post, que j'ai mis du temps avant de finir cette aventure. Vous êtes sûrement passé à autre chose.
Avouez-le, ce qui me passionne est le cadet de vos soucis !
France Bleu Nord, France Inter, ou quelquefois France Musique quand vous êtes d'humeur lyrique, mais le questionnement ne va guère plus loin.

Alors que moi, je suis emmerdée!  D'abord, il n'y a rien qui s'appelle USA- quelque chose. Ca serait trop facile. Ensuite même mes potes n'écoutent pas la radio. Ou alors c'est pour me dire que KFOG c'est vachement bien mais manque de pot, ça ne diffuse pas jusqu'ici.


D'où ma liste des 100 radios.










D'où ma traque sans relâche pour enfin comprendre l'énigme radiophonique.








Souvenez-vous! Le dernier épisode se termine au Yosemite, en compagnie d'un élément clé de mon enquête : le mec directeur de programme de la radio du campus.

Contrairement à la rencontre avec un gars bouchonneur de bouteilles, que j'avais laissé filer maladroitement, cette fois, je n'ai pas oublié mes instruments de tortures et j'ai pu les essayer.
Le gars, il n'a pas tardé à me révéler tout ce qu'il savait.
Il m'a même emmenée visiter les locaux de sa radio. C'est là que je l'ai relâché, après l'avoir remercié quand même. On n'est pas des brutes !

Et comme je vous aime bien. Oui, vous ! Vous qui me lisez en ce moment même. Qui que vous soyez, vous devez être des gens biens pour me lire. Et il faut bien que je vous cajole un peu pour que vous restiez. Donc je vais vous raconter ce qu'il s'est passé lors de ma visite.

Bon, je ne sais pas vous, mais moi c'était la première fois que je visitais les locaux d'une radio. Je n'ai pas été déçue. Ou plutôt, j'ai été carrément déçue de ne pas l'avoir fait avant.

Alors, si il n'y a pas de pubs à la radio ou si ils peuvent passer 30 minutes de Georges Harrison, c'est parce que c'est une community-radio. Et souvent les community-radios, c'est les radios d'un collège, lycée, universités. Mais pas que.
Ces radios représentent 5 pour cent de l'ensemble des radios. Sur ma liste, il doit y en avoir une quinzaine mais Santa Cruz est un endroit particulier. Je vous le dis encore une fois, au cas où vous ne l'avez toujours pas compris.
La majorité des radios sont commerciales, comme NRJ, Chérie FM, en France. Et peut-être 10% sont publiques. Mais, ici, les publiques ne sont pas entièrement publiques comme en France, elles ont juste un peu plus de subventions que les autres. C'est sûrement pour cela qu'il n'existe pas de radios avec un USA-stamp sur le front. Elles ne sont pas complètement indépendantes non plus.
Contrairement à KZSC, la radio du campus ! Financée par l'université, elle n'a pas grave de sous mais elle ne diffuse que des trucs libres de droits et des trucs peu commerciaux.
En gros, ils ont des contrats avec des labels indépendants, des maisons de productions provenant des 4 coins des Etats-Unis, petites et désireuses de faire connaître leur artistes.
Ils leur envoient gratos de la zique, des trucs nouveaux, à écouter, et aussi à l'occasion des places de concert.
Les émissions de la radio doivent comporter 20% de nouveautés, si je me souviens bien.
Ce qui m'amène à cette première conclusion :

Les locaux de la radio sont une impressionnante bibliothèque de vinyles et de CDs, que, même en rêve, je n'aurai jamais.
Ze classe ultime !
Et si tu travailles à la radio, t'es pas payé et tu commences par des stages de 4h par semaine, mais en un an, tu peux gérer la programmation de ton émission, et écouter plein de musique pour donner ton avis et traquer les mots bannis, honnis, interdits (shit, fuck et une dizaine d'autres charmants termes assez inoffensifs tout de même).
A ce moment-là de son explication, je lâche mon couteau et je me dis : "Merde, comment je me suis trompée de vocation !!!". Pouvoir écouter toute cette musique et faire partie de cette communauté de 20 personnes qui fait fonctionner la radio 7j/7, 24h/24, ça l'air plus cool que de chercher les sources de l'upwelling californien en 1981, année El Niño.
Vous le voyez bien sur la photo, aussi pourrie soit-elle, des fauteuils, des étagères remplies, funk, afro, rock, jazz, rap, salsa.... et des gens cools. Bref un petit paradis pour ceux qui aiment la musique.

Depuis que j'ai lâché mon couteau, mon petit directeur de programme s'est relâché, lui aussi. Il a même commencé à sourire. Il m'explique que son job consiste à gérer les bénévoles, son émission, et quelques stagiaires. Une douzaine d'heures par semaine passées pour faire vivre la radio.
Il m'explique ensuite que les radios à l'Ouest des Etats-Unis ont tous un nom commençant par K, alors qu'à l'Est, c'est W.
K pour West,
W pour East.
Je soupçonne une arnaque. Je lui remontre mon couteau, histoire de lui rappeler qu'il ne faut pas me prendre pour une idiote. Mais terrorisé, il m'assure que, même si cela n'a aucun sens, c'est vrai !
Soit ! J'acquiesce. Il y a tellement de choses plus absurdes dans la vie après tout.

Il est gentil alors il continue à m'expliquer qu'il a dû mettre un an avant de trouver sa voix. Après avoir passé beaucoup de temps à s'écouter et à essayer de ne pas dire de mots parasites.

Finalement, je ne suis plus sure que j'aimerais devoir parler à la radio, et m'écouter. Du coup, c'est là que je le remercie. Et je m'en vais retourner dans mon bureau calculer l'upwelling.
Seulement je n'ai pas le temps de fermer la porte qu'il accoure après moi. Comme j'ai l'air de quelqu'un de bien, il me tend le programme de la radio.

"Tu peux écouter sur Internet aussi ! Et si tu veux faire une annonce, ou venir pendant mon émission, n'hésite pas !! Je ferai tout pour toi..."
Finalement, je me dis, le couteau c'est pas inutile. Et puis je ferme la porte.




PS: Je tiens à signaler qu'aucun animal ou être humain n'a été blessé durant cet épisode (ni les autres épisodes d'ailleurs). L'émission de mon indic, c'est celle du jeudi soir, 8h30-10h30 heure locale- funk et soul. Bonne écoute !!


mardi 15 mai 2012

Video killed the radio star -2

Il est vendredi soir, 7h pour être plus précise.
Je marche, péniblement, entre les rochers et les ronces. Le chemin, qui n'en est pas vraiment un, suit une espèce de pipeline/conduite d'eau. On le longe depuis bientôt 1 heure sans être sûr qu'il mène quelque part. Mais on n'a rien croisé d'autre depuis.
Voilà encore une butte à gravir, et le pipeline à chevaucher. Avec le sac sur le dos, je ne vais pas vite.
Les autres sont déjà trop loin devant, je ne les vois plus. Je m'arrête un moment pour attendre ceux derrière. Ils n'arrêtent pas de parler et de rigoler.
Je me dis qu'ils ont raison. Quoiqu'il arrive, ils auront passé un bon moment. Mais ça ne m'empêche pas de pestiférer dans mon for intérieur.
Ben oui ! Râler, grommeler, se plaindre, maugréer, pester, rager, ronchonner, protester, marmonner, accabler, s'énerver.
Il y a de quoi !
Comment peut-on officiellement encadrer un groupe de 10 personnes et ne pas être à l'heure au rendez-vous, ne pas avoir demander les permis de camping à temps pour le plan A, ne pas avoir vérifié que le mini-bus pouvait passer par la route étroite du plan B et finalement se perdre à l'aube sur les sentiers du plan C.
Je m'étais réveillée avec un mauvais pressentiment et voilà que, ce vendredi soir, je peste. J'aurais sûrement mieux fait de rester chez moi, bien au chaud dans mon lit douillet, plutôt que de faire confiance à deux cadets.

Mais apparemment, il n'y a que moi qui trouve ça limite. Les autres se marrent. Du coup je garde mon identité culturelle pour moi. Parce que de toute façon, râler ne servira pas non plus à grand chose, avouons-le !

Et la conduite d'eau n'en finit jamais....

Par miracle, au sommet d'une colline, je me retrouve face à face avec le groupe sur le sentier. Le vrai  qui coupe notre route.  Le sentier, pas le groupe !

Pfiiouuuu tous mes râles intérieurs se dissipent, comme par magie.
La nuit tombe ou c'est le soleil. On ne sait plus trop : il fait noir.
Les lampes s'allument avec la lune. (C'est un peu facile tous ces jeux de mots ...) Et on débouche finalement vers 20h30 sur la prairie où le camp doit être installé.




la prairie de jour.
Enfin, quand je dis prairie, c'est plutôt un marécage, lieu de dépravation sexuelle pour grenouilles. Pas discrètes pour un sou, les grenouilles !




Du coup, on s'enfonce un peu dans la forêt pour trouver un coin plus calme et plus propice à la méditation et surtout au sommeil.

Je passe sur les détails intimes de la vie de camp sauvage que je vais mener alors pendant 2 jours, vie de camp où l'eau est stérilisée à renfort d'iode, la pelle toujours à portée de main en cas de commission et où on apprend quelles plantes naturelles peuvent remplacer le papier toilette.


Finalement, sur le chemin du retour, je me dis que j'ai bien fait de ne pas avoir râlé.
Et surtout de ne pas avoir renoncé à la tâche !

Cette enquête (sur les radios) je n'imaginais pas qu'elle allait m'emmener au fin fond du Yosemite. (Bon je sais, c'était plutôt au Nord qu'au fond... mais ne chipotons pas)



Alors là, vous vous demandez qu'est-ce que cette histoire de radios peut bien avoir à faire avec le Yosemite?
Non parce que c'est bien le dernier endroit sur Terre où l'on peut écouter la radio.

Et bien, il s'avère que cette expédition a joué un rôle central dans mon enquête. Mais, j'aurai voulu le faire exprès, je n'aurais pas réussi.

C'est ainsi que le lendemain, le samedi donc pour ceux qui suivent ( ou plutôt pour ceux qui ne suivent pas !), nous entreprîmes l'ascension d'un sommet. (Je trouve le passé simple peu usité alors je l'use). Et tandis que chacun marchait tranquillement, les langues se déliaient.










Je parlais espagnol avec un américain-argentin, spécialiste des plantes sauvages qui se mangent, constructeur d'abris de branches mortes et étudiant en philo ; je rencontrais un couple qui a tout le temps l'air de faire la gueule, mais en fait non; un autre couple, hippie-style, je fume et marche pieds nus mais je souris tout le temps "la vie est belle"; des gars avec des chapeaux de cowboys qui faisaient genre "on est en week-end aventure, t'as vu mon chapeau !" mais qui n'arriveraient même pas à la cheville d'Indiana.







Et surtout, et surtout...
Un mec trop cool qui travaille pour la radio du campus !
La clé de mon énigme. Enfin ! L'euphorie !
Et c'est donc grâce à lui, et aux questions sans répit que je lui ai posées, que vous saurez tout (ou  presque) sur les radios.


 







Dans le prochain épisode ...

(Notez que cette mésaventure scabreuse du vendredi soir occupe la place centrale du récit. Le reste s'est déroulé sans encombres, donc il n'y a pas grand chose à raconter )

jeudi 10 mai 2012

Video killed the radio star -1

Tous les matins (ou presque), pour aller au boulot, je prends la navette "vélo" en bas de la colline.
Parce que c'est gratuit, parce que ça me fait faire 10 minutes de vélo sur du plat pour me réveiller le matin.
Et SURTOUT, parce que ça me permet de ne pas me taper les 30 minutes restantes à grimper la colline.
Ensuite le soir, hop, je descends tranquillou en 20 minutes chrono.
La navette vélo, c'est bien !

Ok! Moment Description. Pour vous situer l'histoire.
8h30, j'ouvre le garage pour en extirper mon bô vélo tout terrain, avec des roues énormes. Peu fière d'afficher devant tout le monde mon complexe, (gros vélo, petite....), je m'en vais pédaler en direction du campus.
D'abord ça descend. J'habite en haut d'une petite colline. Quand la mer pointe le bout de son nez, il faut que je remonte sur une autre petite colline, et tourne à droite. Et après c'est tout plat et tout droit jusqu'en bas du campus. La route n'est pas trop fréquentée et super large.
Il y a un compteur de vitesse qui chaque matin me dit que je vais à 13 ou 14 miles par heure. Chaque matin, avant de le voir arriver, je m'efforce d'appuyer plus fort sur les pédales. C'est devenu un jeu entre nous-deux. Mais, il ne m'a encore jamais affiché "Slow Down", ce coquin. Va falloir que je rajoute un moteur à mon vélo pour ça. Héhé, il fera moins le malin....

Quand j'arrive enfin en bas de la grosse colline, je dois traverser un grand boulevard de la mort qui tue. Avec plein de voitures et des fast-food et magasins des deux côtés. Et juste après, sur le parking d'une pharmacie- vendons des sodas pour vendre des produits amincissants après- il y a plein de gens qui attendent avec des vélos.
En moyenne, des gens de mon âge, avec des casques. Pas des étudiants insouciants de la vie, quoi !

La navette vélo, c'est rigolo. Il y a une fille en jupe toute mignonne avec des fleurs et tout. Mais comme elle fait du vélo, (je suppose) elle se rajoute un gros collant en laine de sa mamie et des grosses chaussures de rando.
Je l'ai vue deux fois. Deux fois habillée pareil.
Ralala, on se plaignait du look Quechua des grenoblois, mais la jupe avec les chaussures de rando, c'est carrément plus excitant.
Maintenant que je me suis bien moquée des gens, passons aux choses sérieuses !

La navette vélo, c'est un mini bus, avec 10/15 places et une grande remorque pour poser et attacher tous les vélos.

Elle est conduite par un chauffeur (cette phrase est inutile). Et va direct en haut du campus, sauf quand elle change de chauffeur au milieu (Ceci m'a toujours paru étrange et mériterait une enquête approfondie. Mon petit doigt me dit que les extraterrestres sont derrière tout ça).

La navette vélo c'est une berceuse. Contrairement au bus de la ville, dans la navette, il y a toujours la radio allumée. Et chaque chauffeur a sa radio préférée. Alors, pendant un quart d'heure, j'ai droit à de la musique country puis le chauffeur change et hop c'est de la musique hawaïenne avec le ukulélé et les chemises à fleurs.
Et c'est comme ça tous les matins.
Ou presque.

C'est comme ça que j'ai commencé à écouter les radios d'ici.

Les radios, c'est ma passion.  J'ai fait une liste qui impressionne tout ceux qui viennent dans ma chambre. Il y a tous les noms des radios dessus, avec leurs caractéristiques. Quand j'ai commencé la liste, j'étais prise d'un entrain peu commun de faire un truc utile. Puis quand j'ai réalisé qu'il y avait une centaine de radios, j'ai trouvé ça moins utile. Mais j'avais commencé, il fallait que je finisse!
Donc, j'ai des statistiques précises ! Sur 100 radios, il y a 21 radios religieuses, 14 radios funk/soul et oldies qu'on n'a pas en France, et 27 mexicaines.
Les radios, c'est rigolo. Parfois, il y a un blanc pendant 30 secondes, et puis le DJ se réveille d'un seul coup et annonce la prochaine chanson. Une autre fois, j'ai eu droit à 30 minutes de Georges Harrison.
Cela m'a aidée à déceler mon aversion pour les Beatles si je les entends avant 10h du mat.
A force de zapper et de chercher désespérément des radios qui ne passent pas Georges Harrison le matin, je me suis rendue compte que jamais je n'entendais de pubs.

Cela m'a poussée à enquêter plus profondément sur les radios. A défaut de savoir si les chauffeurs de navettes ont des relations intimes avec des extraterrestres.

Et puis parce que j'aime bien vous faire poireauter, je vais attendre le prochain post avant de vous conter les résultats de mon enquête.

jeudi 3 mai 2012

En mai, fais ce qu'il te plait, et viens bronzer sous le soleil de la Californie

Muguet du 1er mai: vente réglementée 






Vous avez sans-doute tous fêté le 1er mai. Moi pas.
Pourtant cette fête provient historiquement des révoltes des syndicats aux Etats-Unis à Chicago.
  


Bon, l'histoire est plus compliquée que ça. Il est vrai qu'à partir du 1er mai 1986, les syndicats américains commencent une grève pour limiter les journées de travail à 8 heures. Et ce, sur plusieurs jours, et ça fait quelques morts et des gars en prison et il y en a même qui sont condamnés à mort, pas forcément jugés comme il le faut. Ils se moquent de notre guillotine, mais bon, hein, ils ne font pas mieux parfois.
Toujours est-il que c'est ça qui donne l'idée de prendre le 1er mai comme journée de manifestation en Europe, trois ans plus tard. Il semblerait que ce soit la raison. Mais 3 ans, je trouve ça un peu long quand même. La 3ème édition, il y a aussi quelques morts en France, à Fourmies. Je parle de ça, parce que, Fourmies, j'y suis allée avec mon école, c'est dans le Nord. Ah! et il y avait des industries textiles qui marchaient bien à l'époque. Je ne me souviens pas de cette histoire de 1er mai, on ne nous en a peut être pas parlé; par contre je me souviens que le textile ça marchait plus des masses quand j'y suis allée, vu que l'usine était transformée en musée. 
Entre les visites des champs de bataille, des bases de lancement de V2, des mines désaffectées et des usines abandonnées, je me suis toujours dit que le tourisme dans le Nord, c'était fun. Je ne comprends pas qu'il n'y ait pas plus de monde qui viennent visiter Fourmies. Et encore plus maintenant, avec toute cette histoire du 1er mai que je viens d'apprendre.
Bon revenons à mes moutons, j'ai un peu de mal à les garder vu que que je ne suis pas bergère.
Toute l'Europe, à la suite de la France, adopte peu à peu le 1er mai. A priori dans l'esprit de commémorer ces drames, et revendiquer encore et encore.


Sauf qu'aux Etats-Unis, non. Quand je dis non, c'est pas tout à fait vrai. Ils appellent ça "International Workers' Day" mais ce n'est pas férié. Ce n'est pas officiel. Cependant, quelquefois, les syndicats essayent de manifester.
La fête du travail pour eux c'est le 1er septembre et ça n'a pas grand chose à voir. C'est plutôt une fête où on se repose et les syndicats aussi, si j'ai bien compris.


L'occasion pour moi de vous parler de la tradition rebelle des américains. Elle se veut originale, souvent violente, et irrégulière dans le temps. C'est simple, il y a difficilement des mouvements de grève ou des manifestations. Alors au bout d'un moment, la pression monte et la colère explose. Mais selon mes amis, les raisons de tout ça, c'est que leur pays est trop grand. Les manifs qui commencent à New York et finissent avant que celle de LA ait commencé à cause des 4h de décalage, forcément, ça ne fait pas très unité. Et c'est aussi l'union qui fait la force. Alors du coup, le mouvement Occupy c'était vraiment quelque chose de fou, d'excitant. De savoir que dans plusieurs villes des Etats-Unis, les mêmes manifestations de résistance avaient lieues. On vit des moments historiques, moi je vous dis!
Mes amis envient le caractère "on se laisse pas marcher sur les pieds" des Français. Il est un peu difficile d'expliquer que, bon, ça ne change pas grand chose d'aller dans la rue, que des grèves tous les 3 mois sauf pendant les vacances, ça ne fait pas très sérieux et ça soule un peu parfois. N'empêche que même si l'efficacité est difficile à évaluer, la présence y est. On montre qu'on n'est pas content. Ca paraît plus sain que de fermer sa gueule, d'avoir personne (les syndicats n'ont pas trop de pouvoir aux US) pour râler à sa place et de ne pas avoir de jour férié le 1er mai.


Ah, voilà, on arrive au but. C'est quand même bizarre que je n'ai pas pu fêter mon premier mai, alors que je voyais à la télé toutes ces manifestations citoyennes auxquelles aucun de vous n'a été (j'ose deviner que vous avez préféré prendre un long week-end). Je me suis sentie l'âme partisane d'un seul coup, et frustrée de ne pas pouvoir marcher un brin de muguet à la main, dans les rues de ma ville préférée.
Devant mon ordi au boulot, j'ai trouvé ça vachement important de pouvoir fêter le 1er mai. Bon, on ne peut pas dire que j'ai grand chose à revendiquer. Ce jour-là j'ai même été faire la sieste dans l'herbe au soleil, entre midi et deux, après ma séance piscine. En pensant aux manifs, bien sûr. En pensant que c'était bien de ne pas travailler parfois. Ou au moins, de ne pas travailler plus que 8h par jour.
Et à défaut de muguet, j'ai trouvé des petits arbustes en fleurs à l'arboretum du campus.