jeudi 3 mai 2012

En mai, fais ce qu'il te plait, et viens bronzer sous le soleil de la Californie

Muguet du 1er mai: vente réglementée 






Vous avez sans-doute tous fêté le 1er mai. Moi pas.
Pourtant cette fête provient historiquement des révoltes des syndicats aux Etats-Unis à Chicago.
  


Bon, l'histoire est plus compliquée que ça. Il est vrai qu'à partir du 1er mai 1986, les syndicats américains commencent une grève pour limiter les journées de travail à 8 heures. Et ce, sur plusieurs jours, et ça fait quelques morts et des gars en prison et il y en a même qui sont condamnés à mort, pas forcément jugés comme il le faut. Ils se moquent de notre guillotine, mais bon, hein, ils ne font pas mieux parfois.
Toujours est-il que c'est ça qui donne l'idée de prendre le 1er mai comme journée de manifestation en Europe, trois ans plus tard. Il semblerait que ce soit la raison. Mais 3 ans, je trouve ça un peu long quand même. La 3ème édition, il y a aussi quelques morts en France, à Fourmies. Je parle de ça, parce que, Fourmies, j'y suis allée avec mon école, c'est dans le Nord. Ah! et il y avait des industries textiles qui marchaient bien à l'époque. Je ne me souviens pas de cette histoire de 1er mai, on ne nous en a peut être pas parlé; par contre je me souviens que le textile ça marchait plus des masses quand j'y suis allée, vu que l'usine était transformée en musée. 
Entre les visites des champs de bataille, des bases de lancement de V2, des mines désaffectées et des usines abandonnées, je me suis toujours dit que le tourisme dans le Nord, c'était fun. Je ne comprends pas qu'il n'y ait pas plus de monde qui viennent visiter Fourmies. Et encore plus maintenant, avec toute cette histoire du 1er mai que je viens d'apprendre.
Bon revenons à mes moutons, j'ai un peu de mal à les garder vu que que je ne suis pas bergère.
Toute l'Europe, à la suite de la France, adopte peu à peu le 1er mai. A priori dans l'esprit de commémorer ces drames, et revendiquer encore et encore.


Sauf qu'aux Etats-Unis, non. Quand je dis non, c'est pas tout à fait vrai. Ils appellent ça "International Workers' Day" mais ce n'est pas férié. Ce n'est pas officiel. Cependant, quelquefois, les syndicats essayent de manifester.
La fête du travail pour eux c'est le 1er septembre et ça n'a pas grand chose à voir. C'est plutôt une fête où on se repose et les syndicats aussi, si j'ai bien compris.


L'occasion pour moi de vous parler de la tradition rebelle des américains. Elle se veut originale, souvent violente, et irrégulière dans le temps. C'est simple, il y a difficilement des mouvements de grève ou des manifestations. Alors au bout d'un moment, la pression monte et la colère explose. Mais selon mes amis, les raisons de tout ça, c'est que leur pays est trop grand. Les manifs qui commencent à New York et finissent avant que celle de LA ait commencé à cause des 4h de décalage, forcément, ça ne fait pas très unité. Et c'est aussi l'union qui fait la force. Alors du coup, le mouvement Occupy c'était vraiment quelque chose de fou, d'excitant. De savoir que dans plusieurs villes des Etats-Unis, les mêmes manifestations de résistance avaient lieues. On vit des moments historiques, moi je vous dis!
Mes amis envient le caractère "on se laisse pas marcher sur les pieds" des Français. Il est un peu difficile d'expliquer que, bon, ça ne change pas grand chose d'aller dans la rue, que des grèves tous les 3 mois sauf pendant les vacances, ça ne fait pas très sérieux et ça soule un peu parfois. N'empêche que même si l'efficacité est difficile à évaluer, la présence y est. On montre qu'on n'est pas content. Ca paraît plus sain que de fermer sa gueule, d'avoir personne (les syndicats n'ont pas trop de pouvoir aux US) pour râler à sa place et de ne pas avoir de jour férié le 1er mai.


Ah, voilà, on arrive au but. C'est quand même bizarre que je n'ai pas pu fêter mon premier mai, alors que je voyais à la télé toutes ces manifestations citoyennes auxquelles aucun de vous n'a été (j'ose deviner que vous avez préféré prendre un long week-end). Je me suis sentie l'âme partisane d'un seul coup, et frustrée de ne pas pouvoir marcher un brin de muguet à la main, dans les rues de ma ville préférée.
Devant mon ordi au boulot, j'ai trouvé ça vachement important de pouvoir fêter le 1er mai. Bon, on ne peut pas dire que j'ai grand chose à revendiquer. Ce jour-là j'ai même été faire la sieste dans l'herbe au soleil, entre midi et deux, après ma séance piscine. En pensant aux manifs, bien sûr. En pensant que c'était bien de ne pas travailler parfois. Ou au moins, de ne pas travailler plus que 8h par jour.
Et à défaut de muguet, j'ai trouvé des petits arbustes en fleurs à l'arboretum du campus.

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