Tous les matins (ou presque), pour aller au boulot, je prends la navette "vélo" en bas de la colline.
Parce que c'est gratuit, parce que ça me fait faire 10 minutes de vélo sur du plat pour me réveiller le matin.
Et SURTOUT, parce que ça me permet de ne pas me taper les 30 minutes restantes à grimper la colline.
Ensuite le soir, hop, je descends tranquillou en 20 minutes chrono.
La navette vélo, c'est bien !
Ok! Moment Description. Pour vous situer l'histoire.
8h30, j'ouvre le garage pour en extirper mon bô vélo tout terrain, avec des roues énormes. Peu fière d'afficher devant tout le monde mon complexe, (gros vélo, petite....), je m'en vais pédaler en direction du campus.
D'abord ça descend. J'habite en haut d'une petite colline. Quand la mer pointe le bout de son nez, il faut que je remonte sur une autre petite colline, et tourne à droite. Et après c'est tout plat et tout droit jusqu'en bas du campus. La route n'est pas trop fréquentée et super large.
Il y a un compteur de vitesse qui chaque matin me dit que je vais à 13 ou 14 miles par heure. Chaque matin, avant de le voir arriver, je m'efforce d'appuyer plus fort sur les pédales. C'est devenu un jeu entre nous-deux. Mais, il ne m'a encore jamais affiché "Slow Down", ce coquin. Va falloir que je rajoute un moteur à mon vélo pour ça. Héhé, il fera moins le malin....
Quand j'arrive enfin en bas de la grosse colline, je dois traverser un grand boulevard de la mort qui tue. Avec plein de voitures et des fast-food et magasins des deux côtés. Et juste après, sur le parking d'une pharmacie- vendons des sodas pour vendre des produits amincissants après- il y a plein de gens qui attendent avec des vélos.
En moyenne, des gens de mon âge, avec des casques. Pas des étudiants insouciants de la vie, quoi !
La navette vélo, c'est rigolo. Il y a une fille en jupe toute mignonne avec des fleurs et tout. Mais comme elle fait du vélo, (je suppose) elle se rajoute un gros collant en laine de sa mamie et des grosses chaussures de rando.
Je l'ai vue deux fois. Deux fois habillée pareil.
Ralala, on se plaignait du look Quechua des grenoblois, mais la jupe avec les chaussures de rando, c'est carrément plus excitant.
Maintenant que je me suis bien moquée des gens, passons aux choses sérieuses !
La navette vélo, c'est un mini bus, avec 10/15 places et une grande remorque pour poser et attacher tous les vélos.
Elle est conduite par un chauffeur (cette phrase est inutile). Et va direct en haut du campus, sauf quand elle change de chauffeur au milieu (Ceci m'a toujours paru étrange et mériterait une enquête approfondie. Mon petit doigt me dit que les extraterrestres sont derrière tout ça).
La navette vélo c'est une berceuse. Contrairement au bus de la ville, dans la navette, il y a toujours la radio allumée. Et chaque chauffeur a sa radio préférée. Alors, pendant un quart d'heure, j'ai droit à de la musique country puis le chauffeur change et hop c'est de la musique hawaïenne avec le ukulélé et les chemises à fleurs.
Et c'est comme ça tous les matins.
Ou presque.
C'est comme ça que j'ai commencé à écouter les radios d'ici.
Les radios, c'est ma passion. J'ai fait une liste qui impressionne tout ceux qui viennent dans ma chambre. Il y a tous les noms des radios dessus, avec leurs caractéristiques. Quand j'ai commencé la liste, j'étais prise d'un entrain peu commun de faire un truc utile. Puis quand j'ai réalisé qu'il y avait une centaine de radios, j'ai trouvé ça moins utile. Mais j'avais commencé, il fallait que je finisse!
Donc, j'ai des statistiques précises ! Sur 100 radios, il y a 21 radios religieuses, 14 radios funk/soul et oldies qu'on n'a pas en France, et 27 mexicaines.
Les radios, c'est rigolo. Parfois, il y a un blanc pendant 30 secondes, et puis le DJ se réveille d'un seul coup et annonce la prochaine chanson. Une autre fois, j'ai eu droit à 30 minutes de Georges Harrison.
Cela m'a aidée à déceler mon aversion pour les Beatles si je les entends avant 10h du mat.
A force de zapper et de chercher désespérément des radios qui ne passent pas Georges Harrison le matin, je me suis rendue compte que jamais je n'entendais de pubs.
Cela m'a poussée à enquêter plus profondément sur les radios. A défaut de savoir si les chauffeurs de navettes ont des relations intimes avec des extraterrestres.
Et puis parce que j'aime bien vous faire poireauter, je vais attendre le prochain post avant de vous conter les résultats de mon enquête.

Mais bon sang, qui finance les radios ? La fille en jupe change-t-elle de chaussures en arrivant à destination ? Emilie atteindra-t-elle la barre des 88 mph ? Vous le saurez en lisant l'épisode S04e23 de "La Plume du pigeon voyageur" !
RépondreSupprimerMoi je dis, la fille en jupe met des collants opaques pour pas qu'on remarque que sa peau est verte...
RépondreSupprimerEt j'ai toujours pas atteint la barre des 88! par contre j'ai qu'à étendre le bras pour attraper la barre de céréales à côté de moi.