Hou là là, il y a eu tellement de rebondissements et d'aventures incongrues dans ma vie depuis le dernier post, que j'ai mis du temps avant de finir cette aventure. Vous êtes sûrement passé à autre chose.
Avouez-le, ce qui me passionne est le cadet de vos soucis !
France Bleu Nord, France Inter, ou quelquefois France Musique quand vous êtes d'humeur lyrique, mais le questionnement ne va guère plus loin.
Alors que moi, je suis emmerdée! D'abord, il n'y a rien qui s'appelle USA- quelque chose. Ca serait trop facile. Ensuite même mes potes n'écoutent pas la radio. Ou alors c'est pour me dire que KFOG c'est vachement bien mais manque de pot, ça ne diffuse pas jusqu'ici.
D'où ma liste des 100 radios.
D'où ma traque sans relâche pour enfin comprendre l'énigme radiophonique.
Souvenez-vous! Le dernier épisode se termine au Yosemite, en compagnie d'un élément clé de mon enquête : le mec directeur de programme de la radio du campus.
Contrairement à la rencontre avec un gars bouchonneur de bouteilles, que j'avais laissé filer maladroitement, cette fois, je n'ai pas oublié mes instruments de tortures et j'ai pu les essayer.
Le gars, il n'a pas tardé à me révéler tout ce qu'il savait.
Il m'a même emmenée visiter les locaux de sa radio. C'est là que je l'ai relâché, après l'avoir remercié quand même. On n'est pas des brutes !
Et comme je vous aime bien. Oui, vous ! Vous qui me lisez en ce moment même. Qui que vous soyez, vous devez être des gens biens pour me lire. Et il faut bien que je vous cajole un peu pour que vous restiez. Donc je vais vous raconter ce qu'il s'est passé lors de ma visite.
Bon, je ne sais pas vous, mais moi c'était la première fois que je visitais les locaux d'une radio. Je n'ai pas été déçue. Ou plutôt, j'ai été carrément déçue de ne pas l'avoir fait avant.
Alors, si il n'y a pas de pubs à la radio ou si ils peuvent passer 30 minutes de Georges Harrison, c'est parce que c'est une community-radio. Et souvent les community-radios, c'est les radios d'un collège, lycée, universités. Mais pas que.
Ces radios représentent 5 pour cent de l'ensemble des radios. Sur ma liste, il doit y en avoir une quinzaine mais Santa Cruz est un endroit particulier. Je vous le dis encore une fois, au cas où vous ne l'avez toujours pas compris.
La majorité des radios sont commerciales, comme NRJ, Chérie FM, en France. Et peut-être 10% sont publiques. Mais, ici, les publiques ne sont pas entièrement publiques comme en France, elles ont juste un peu plus de subventions que les autres. C'est sûrement pour cela qu'il n'existe pas de radios avec un USA-stamp sur le front. Elles ne sont pas complètement indépendantes non plus.
Contrairement à KZSC, la radio du campus ! Financée par l'université, elle n'a pas grave de sous mais elle ne diffuse que des trucs libres de droits et des trucs peu commerciaux.
En gros, ils ont des contrats avec des labels indépendants, des maisons de productions provenant des 4 coins des Etats-Unis, petites et désireuses de faire connaître leur artistes.
Ils leur envoient gratos de la zique, des trucs nouveaux, à écouter, et aussi à l'occasion des places de concert.
Les émissions de la radio doivent comporter 20% de nouveautés, si je me souviens bien.
Ce qui m'amène à cette première conclusion :
Les locaux de la radio sont une impressionnante bibliothèque de vinyles et de CDs, que, même en rêve, je n'aurai jamais.
Ze classe ultime !
Et si tu travailles à la radio, t'es pas payé et tu commences par des stages de 4h par semaine, mais en un an, tu peux gérer la programmation de ton émission, et écouter plein de musique pour donner ton avis et traquer les mots bannis, honnis, interdits (shit, fuck et une dizaine d'autres charmants termes assez inoffensifs tout de même).
A ce moment-là de son explication, je lâche mon couteau et je me dis : "Merde, comment je me suis trompée de vocation !!!". Pouvoir écouter toute cette musique et faire partie de cette communauté de 20 personnes qui fait fonctionner la radio 7j/7, 24h/24, ça l'air plus cool que de chercher les sources de l'upwelling californien en 1981, année El Niño.
Vous le voyez bien sur la photo, aussi pourrie soit-elle, des fauteuils, des étagères remplies, funk, afro, rock, jazz, rap, salsa.... et des gens cools. Bref un petit paradis pour ceux qui aiment la musique.
Depuis que j'ai lâché mon couteau, mon petit directeur de programme s'est relâché, lui aussi. Il a même commencé à sourire. Il m'explique que son job consiste à gérer les bénévoles, son émission, et quelques stagiaires. Une douzaine d'heures par semaine passées pour faire vivre la radio.
Il m'explique ensuite que les radios à l'Ouest des Etats-Unis ont tous un nom commençant par K, alors qu'à l'Est, c'est W.
K pour West,
W pour East.
Je soupçonne une arnaque. Je lui remontre mon couteau, histoire de lui rappeler qu'il ne faut pas me prendre pour une idiote. Mais terrorisé, il m'assure que, même si cela n'a aucun sens, c'est vrai !
Soit ! J'acquiesce. Il y a tellement de choses plus absurdes dans la vie après tout.
Il est gentil alors il continue à m'expliquer qu'il a dû mettre un an avant de trouver sa voix. Après avoir passé beaucoup de temps à s'écouter et à essayer de ne pas dire de mots parasites.
Finalement, je ne suis plus sure que j'aimerais devoir parler à la radio, et m'écouter. Du coup, c'est là que je le remercie. Et je m'en vais retourner dans mon bureau calculer l'upwelling.
Seulement je n'ai pas le temps de fermer la porte qu'il accoure après moi. Comme j'ai l'air de quelqu'un de bien, il me tend le programme de la radio.
"Tu peux écouter sur Internet aussi ! Et si tu veux faire une annonce, ou venir pendant mon émission, n'hésite pas !! Je ferai tout pour toi..."
Finalement, je me dis, le couteau c'est pas inutile. Et puis je ferme la porte.
PS: Je tiens à signaler qu'aucun animal ou être humain n'a été blessé durant cet épisode (ni les autres épisodes d'ailleurs). L'émission de mon indic, c'est celle du jeudi soir, 8h30-10h30 heure locale- funk et soul. Bonne écoute !!

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire