mercredi 29 août 2012

J'ai fait du kayak, une fois ! Num2 - Histoire d'Ô


Ok, ça fait un bail que vous ne l'attendez plus, mais comme je fais dans le complétement pas structuré et bien je vous le ressors maintenant; cette histoire de kayak. Parce qu'il ne peut pas avoir un numéro un sans numéro deux.

Je ne sais pas si je peux appeler le kayak une passion. Je peux m'en passer. Je veux dire que je peux ne pas en faire sans avoir à prendre d'antidépresseurs.
Mais à chaque fois que j'en fais, je finis la journée sur un petit nuage et je me jure que si, si, j'en ferai plus souvent.

Expliquer pourquoi c'est une passion? Comme toutes les passions, il faut soi-même être passionné pour comprendre.
Pourtant c'est simple, la vraie raison est qu'une fois sur l'eau je me sens bien.

 


L'adrénaline dans les passages difficiles (note pour ma grand mère: j'en suis pas au stade où je fais des trucs de ouf, plusieurs personnes peuvent témoigner de ma lâcheté).









                                                Le calme des clapotis sur l'eau plate.
 





                 
                                  Et le dépaysement...











Mais bon, c'est pas très mélodramatique tout ça. Alors je vais essayer de vous raconter un passionnant week-end kayak. Enfin essayer de faire une petite ode à ce sport méconnu.







Histoire de remorques
Ca commence par un rendez-vous.
Sur un parking, chez un pote, au club de kayak. On partage les voitures, les camions. On optimise le nombre de véhicules. On charge les bateaux, pagaies, casques, matériel perso. On pose dans le coin du coffre ses vêtements de rechange, ses affaires de camping.

On coince la bouffe entre deux sièges.
Combien de bateaux perdus au détour d'un virage avant de ne plus jamais oublier de vérifier qu'ils sont bien sanglés ?!?







Histoire de route 
Et puis, on part.
Partir faire du bateau, c'est partir en vacances. Rien à penser à part la future descente. Rien à faire à part papoter.
1h, 3h,   5h     jusqu'à la première rivière ou jusqu'au campement.
La zique à fond dans le camion. Une vague odeur de pied (ou de néoprène?!) et souvent des vannes de ci de là.
Ou bien tout le monde somnole.
Le trip c'est le groupe.
On est souvent plus de 5. Et entre 10 et 3 c'est pas la même dynamique.
Des gens qu'on connaît bien ou des parfaits inconnus. Souvent un peu les deux. Ce qui est sûr c'est qu'après ce week-end, on aura vécu un truc intense ensemble.




Histoire de navettes


Logistique, logistique ... moment relou: organiser la navette!
C'est rarement compliqué juste long. Le temps que deux chauffeurs aillent jusqu'au point d'arrivée et reviennent avec une seule voiture.
Souvent 1h d'attente au bord de l'eau en combinaison néoprène. Si c'est l'été, on perd 3 kilos de sueur.






Le temps de régler les cales-pieds, de se préparer psychologiquement et d'écouter une fois encore les instructions sécus.
On organise. La gestion du groupe sur l'eau.
Il n'y a pas à dire, les ricains savent faire. Efficaces, aucun oubli.
La meilleure organisation sur l'eau et sur terre à laquelle j'ai eu affaire.








Histoire d'eaux

  Et enfin, voilà le moment tant attendu!

                                       Le moment où on embarque et hop on change de jambe.

Le bas du corps, scotché au bateau, bien au chaud. Le haut du corps suréquipé de couches nylons et néoprènes. On n'est plus tout à fait le même.





On a un peu l'air idiot aussi, mais on s'en fout.








Ce qui est important c'est les roulis de nos fesses sur les vagues.

Chaque descente est différente. Nouvelle rivière, nouveau groupe, autre niveau d'eau, nouveau bateau. On ne sait jamais à quoi s'attendre.
Mais l’œil s'aiguise au fur et à mesure des expériences. On comprend un peu plus où il faut passer.

2 types de techniques:
      - > les trouillards qui évitent les gros trous, quitte à passer lâchement dans les contres courants, à perdre de la vitesse et à s'enliser là où il n'y a pas assez d'eau. C'est lamentable mais ça marche presque à tout les coups. Sauf quand on ne peut pas contourner.
      - > les sans-peurs qui foncent dans tout sans se poser trop de questions et si ça passe pas, ça ira mieux la prochaine.

Bien sûr il y a des gens pour nous aider, nous montrer où passer, "ouvrir" la rivière, mais au final on fait ce qu'on veut et surtout ce qu'on peut.
On est seul maître à bord, responsable de sa barque. Et pour quelqu'un qui passe sa vie devant un ordi, et qui devient guimauve; c'est profondément antidotique de se retrouver face à un rapide. Obligé de se bouger et de pagayer, d'y aller à fond. Apprendre à analyser rapidement, anticiper.
Maîtriser son bateau (ou pas) dans un passage difficile et en ressortir la tête hors de l'eau, c'est jouissif!

Mais il y a toujours un moment où on passe à l'eau. Alors soit on sait se débrouiller  et on remet sa barque à l'endroit, soit on se prépare à une séance de natation-flipper-apnée.
C'est surtout à ce moment là qu'on est content d'être en groupe!

 Quelques mètres de nage, un ou deux poissons avalés, et avec de la chance, on accoste un bateau ou une berge ou on attrape un bout de corde. Et on bénit le sauveur encore et encore.
 Si on n'est pas moi, et bien on est suffisamment intelligent pour garder sa pagaie et peut être son bateau. Sinon on fait encore un peu plus chier son monde.

C'est ça l'organisation sur l'eau.
Partager l'espace entre ceux qui sauvent et ceux qui ne savent pas.
Pour qu'il y ait toujours quelqu'un qui récupère un éventuel nageur.

A force de baignades, on se rend compte qu'on a beau être seul maître à bord, le groupe subit les frasques, sans trop se plaindre.
Et moi, ça me gêne, d'avoir à leur faire encaisser mes gaffes.
Je déteste montrer aux autres mes faiblesses, et j'ai du mal à vivre les échecs alors devant tout le monde, c'est pire.




Histoire d'en finir


 Mais le groupe il est aussi là pour tourner au ridicule, pour relativiser. Les moments de galère c'est souvent les moments qui font le plus rire.

Après une journée de nage. Ou tout simplement pour tourner certains moments en légende. Le film de la journée raconté, encore et encore, autour du feu, entre deux saucisses.











  Des bouteilles de bière ...



 ... et les étoiles au dessus.




Et surtout, surtout, une rivière qui coule tout près.

mardi 7 août 2012

The noise and the smell

- There's always something you've forgotten.
  Always.
  You think you remind all but no.
  There's always something you recall, when the first days you're coming back home after a long time.
  Or maybe, it is just because you see things differently. All this time spent far away changed you.



When I came back from Chile, I was astonished by the number of cars in the highway,  by the number of lanes of the highways, by the greatness of the airport parking lot, and by the clean majesty of the grocery stores. But, I get really stocked by the gigantic choice of cooked pork meats and cheeses.
I shout loud, almost crying of joy, "Oh my god, this cheese tastes so good" when I get to take a sample in a counter.

I used to skip cheese, in family meals. Always.
Cheese and salad.
It was not a fun part. It was a useless part, something made to fill your stomach just before the dessert. No way I was going to miss the dessert because I ate too much of cheese.
It was my child rebellion against french gastronomy. Skip the cheese. eat more sweets !

And, then I went to Chile.
9 months of so few choice of non-tasty cheeses. I could not imagine I would miss it. I always skipped it.
But, somehow I did. Chile changed me, it made me love the cheese.

I could not imagine I would miss the smells coz I never realized there were smells.


Grenoble, July 9th
I step off of the train. F. is hosting me that night. We're walking together to his apartment. He lives close, in the "alternative" neighborhood of Grenoble. Some kind of odd mix of Maghreb culture and anarchists lesbians in old industrial buildings.

I am watching and not saying a word. Just watching. And listening. And smelling.
The smells I did not smell during 9 months.
Smells of oil, sweat, food, all mixed and heated together by the 100°F summer oven.
It smells like people running, people drinking tea, people talking, people driving, people cooking.



In 1991, there was a French president who had been treated badly because he disregarded immigrants living in social housing. He said "the noise and the smell".
Zebda made it a song.
Noises and smells of the populace. So many people living together in a such small place.
I was not in a rich suburb but almost downtown, not the poorest neighborhood also.
But the US changed me. It made me forget the smells of the people living together.
It replaced it by sea air and weeds smoke. Some kind of mix between the sterilized bobo and iodized hippie ways of life. Smells of people living side by side.