Ma race ? Ben voyons ! Et pourquoi pas mes mensurations !?
Voilà, je suis devant une feuille de renseignements à remplir pour candidater à un job, en Angleterre, aux Etats-Unis. C'était il y a un plus d'un an. Mais quand j'ai été chez le médecin la semaine dernière, on m'a fait remplir le même type de formulaire.
Parmi les candidats, ils doivent sélectionner un panel de "race", une brochette de différentes couleurs, pour prouver qu'il n'y a pas de racisme.
Un peu comme la parité qu'on veut atteindre en politique. Faut mettre les gens dans des cases pour les compter.
D'accord, d'accord... Moi j'ai refusé de le spécifier à ce moment-là. C'était trop bizarre, trop outrageant. On ne m'a jamais dit que je faisais partie d'un groupe ethnique.
Mais en cochant la case "ne spécifie rien", je ne pouvais pas ne pas penser que, bon, avec mon nom et ma nationalité, ce n'est pas trop difficile d'avoir un avis, un préjugé. Qui peut se relever faux.
Avec leur système, pas de préjugé... puisque l'origine ethnique est affichée directement. Le choix peut toujours être influencé mais au moins, il y a des preuves, des statistiques.
C'est juste tellement différent de notre vision des choses.
Nous, on s'arrête à la question: c'est quoi ton ethnie? On s'offusque. Il n'y a pas de race, tout le monde est pareil, et égaux en droits. C'est une question raciste. Maladroite.
C'est comme si on résolvait le problème en prétendant qu'on l'a résolu, ne pas poser de questions sur les races c'est prouver qu'on n'est pas raciste.
C'est comme si on n'admettait pas qu'il y a un problème.
On est d'accord: cocher la case caucasien, ou pakistanais, ne résout aucun problème mais admettre qu'il y a de la discrimination, c'est quand même le premier pas vers une solution.
mardi 25 septembre 2012
lundi 17 septembre 2012
Anges ou démons?
Il y a quelques semaines, au milieu du mois d'août, je me suis fait emmener à Los Angeles, par ma colloc et un autre pote.
Tous deux viennent du Sud de la Californie. Le Sud, c'est grand. Il y a pas que LA. D'ailleurs eux ils ont vécu à Orange County, plus précisément Irvine.
Irvine c'est les banlieues aseptisées où tout est beau et joli, de grandes et larges avenues pour les voitures, alignées d'arbres et de murs couverts de lierre. Les murs ne cachent pas de prison mais des maisons.
Si un jour, tu arrives à dessiner un graffiti dans le coin d'un mur, il sera nettoyé le lendemain. Pas de place pour l'expression ici.
Irvine c'est une banlieue, détenue par une compagnie privée qui a bâti tous les murs de la même couleur, dessiné les plans pour que tous les quartiers se ressemblent, et qui contrôle toute la ville.
La seule façon de se divertir, c'est d'aller aux centres commerciaux, en plein air, remplis de boutiques, et de restos, quelquefois une salle de théâtre.
A Irvine, il y a bien un ou deux bars mais la vie nocturne n'est pas joyeuse. Il faut aller à LA pour ça.
A peu près 3/4h, 1h de route au Nord-Est: Los Angeles, une étendue sans fin de maisons et d'immeubles.
Los Angeles, pas si magique que ça.
Certes c'est une ville intéressante mais la circulation y est horrible. On est resté coincé une après-midi dans les bouchons.
Alors oui, on peut croiser une star, à priori au détour de n'importe quelle rue. Par exemple, nous; on a participé à l'enregistrement d'une émission. Un one-man show, le Jimmy Kimmel Live, un jeudi. Si vous voulez une idée de l'émission ( parce que celle qu'on a faite n'est plus dispo).
Et bien, donc, on a pu y voir Jennifer Gardner, la copine de Ben Affleck. Bon, l'autre invité était carrément plus drôle.
Ce qui m'a le plus plu, c'est de démythifier le mythe. Ici, les gens se rendent bien compte que tout n'est qu'apparence. On réalise, plus facilement, parce qu'on y vit, qu'Hollywood c'est un quartier "pourri" où les stars arrivent en voiture blindée pour assister à la première d'un film et y repartent aussi après, où il faut applaudir et rire même si ce n'est pas drôle et on refait la prise encore et encore.
Faux rire, faux seins.
A la télé, de loin, on ne voit que ce qui est beau, on ne voit pas l'envers du décors, les inégalités, les bâtiments décrépis, les millions de gens inconnus.
Les gens de la télé vivent avec l'idée que "business is business", qu'il faut dire "Merci" en souriant au gars que tu détestes mais qui t'as invité pour faire la promo de ton prochain film, que se refaire une liposuccion, c'est obligé si tu veux encore exister.
A côté, il y a tous les autres qui côtoient ce bling-bling sans vraiment l'envier. Quelles vies de marionnettes.
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