mardi 30 juin 2015

Unité


Le premier jour à Moscou, je me suis inscrite à un tour gratuit. La jeune guide nous a emmenés dans le quartier historique Kitay Gorod, et puis sur la Place Rouge jusqu'à l'entrée du Kremlin. Elle était pleine d'enthousiasme et avait pas mal de blagues en stock.

Mais, à la fin, elle nous a tous émus, en nous demandant de former un cercle, main dans la main. Nous devions être une vingtaine, avec 6 ou 7 nationalités différentes, dont les Etats-Unis d'Amérique. Puis, elle a fait un petit discours de remerciements et d'adieu où elle admettait que la politique de la Russie n'était pas folichonne en ce moment, mais qu'elle croyait en l'unité et à l'amitié entre les peuples, et que nous en étions la preuve, là, tous réunis, en cercle.
J'ai failli y aller de ma petite larme.


Et bien, figurez-vous que si l'individualisme est américain (protestant, devrais-je dire), l'unité est, quant à elle, une valeur russe.


Tout d'abord, l'emblème russe comporte deux aigles côte à côte, c'est l'Europe et l'Asie qui s'entremêlent : symbole de l'union entre les deux continents.

Mais la Russie, c'est surtout le plus grand pays du monde. Partageant ses frontières tant avec la Norvège, la Pologne, et les Etats-Unis, étalé sur 10 fuseaux horaires de Kaliningrad au détroit de Behring, l'énorme territoire russe réunit des dizaines d'ethnies. La vie des Nenets sibériens n'a pas grand chose à voir avec celle des moscovites. Et encore moins avec celle des bashkirs musulmans !
Comment alors concevoir un Etat capable de gérer un pays de cet ampleur ?

"Peut-on rêver de liberté dans le plus grand pays du monde sans prendre le risque que se désintègre un territoire conquis au prix de tant d'efforts et de sang ?" Pour, Alain Délétroz, observateur politique de la Russie, la plupart des gouvernements russes ont clairement eu peur de donner cette liberté. Ils ont justifié les pires totalitarismes dans le but de maîtriser ses frontières.

Petit récit de propagande pro-armée russe dans le musée d'histoire contemporaine de Moscou



Mais pour faire accepter ces autoritarismes aux Russes, il fallait bien leur inculquer des valeurs et des fiertés. C'est ainsi que l'unité apparaît. Les Russes ont appris à vénérer leur territoire. "On a tellement mis dans la tête des Russes l'idée que leur seule grandeur résiderait dans la maîtrise d'un grand empire [..] que l'expansion reste une idée attractive pour une majorité de Russes." confie Tamara Kondratrieva, chercheuse spécialiste en politique russe.
Car qui dit unité, dit aussi unité contre un ennemi. Par peur que le territoire se délite, les gouvernements russes ont souvent cherché à l'étendre toujours plus. A toujours avoir un ennemi. 
L'expansion plutôt que l'invasion.
C'est ainsi que, par sentiment de vulnérabilité, l'empire russe s'est créé.

Retour sur la Place Rouge. Lors du tour gratuit, notre guide blague sur la censure sous Poutine, "Aux Etats-Unis, il est possible d'aller sur le site de la Maison Blanche et de proclamer que l'on n'aime pas Obama, sans être arrêté. Et bien en Russie, c'est pareil. On peut aller sur le site du Kremlin ou sur la Place Rouge et dire "Je n'aime pas Obama"."
Puis, elle nous parle des invasions. Les hivers de Moscou sont relativement doux, en général. Sauf quand le pays se fait envahir, alors, étonnament, l'hiver arrive plus tôt et il est rude. -30, -40 degrés, des températures auxquelles seuls les russes résistent !

Sans réelles frontières naturelles, avec pour seul allié un climat capricieux, cet énorme territoire plat infuse une insécurité permanente qui aujourd'hui encore justifie les guerres. Pour amplifier encore ce sentimenté de vulnérabilité, les trois grandes invasions occidentales, polonaise en 1609, napoléonienne en 1812 et hitlérienne en 1941, sont comémorées encore et encore comme des moments terribles où les russes ont fait preuve d'unité et d'héroïsme. Ce 22 juin, par exemple, étaient rappelés les 70 ans du lancement de Barbarossa, l'invasion hitlérienne lors de la Seconde Guerre Mondiale.
Mais, nulle part mention des multiples erreurs stratégiques de Staline qui, par exemple, a préféré laisser captive la population de Saint Pétersbourg (alors Leningrad), plutôt que de l'évacuer quand il était encore temps (voir un post précédent Il faut souffrir pour etre... ).




La Russie est-elle condamnée à toujours préparer la guerre, comme le suggère cet article, lu dans Libération, qui nous prévient d'une guerre totale pour les ressources pour dans 10 ans.
«L’Etat-major russe l’a pronostiquée pour après 2025, rappelle Felgenhauer (expert militaire). Le Kremlin est convaincu que la Russie sera attaquée de tous les côtés, à l’arme nucléaire notamment, d’où la nécessité de se préparer.»
C'est précis et, on l'espère, un tant soit peu parano !


Références :
Russie, les cendres de l'empire, un petit livre intense et passionnant.
Un article du Guardian sur le siège de Léningrad


dimanche 28 juin 2015

Sur le toit du monde


Il m'est arrivé une drôle d'histoire. 
J'avais rendez-vous pour visiter l'Université d'Etat de Moscou. 
Une de mes amies, ancienne étudiante de cette université, avait lancé l'initiative et m'avait mis en contact avec des amis sur place. 
Je ne savais pas vraiment à quoi m'attendre, je savais juste que le bâtiment de l'Université fait partie des 7 Soeurs, les 7 bâtiments staliniens construits dans les années 50. Chacun de ses édifices sont différents mais avec un style reconnaissable ... de loin ! Celui de l'Université est le plus haut, en tout cas, il est celui qui est le plus remarquable car, en plus d'être haut de 240 mètres, il est construit sur une colline. J'habite dans une tour de 100 mètres de 30 étages et quelques et je la trouve déjà haute. Alors 240 mètres, ce n'est pas rien.
Donc comme je savais aussi qu'apparemment on pouvait monter sur le toit, c'était plutôt attrayant comme proposition !

Cela avait été compliqué, ou plutôt long, car on ne rentre pas dans l'Université comme dans un moulin. Après de nombreux échanges de mails pour envoyer les documents d'identité et planifier la rencontre, voilà enfin l'heure du rendez-vous arrivé.


Rendez-vous en face du métro avec Natasha; on discute tranquillement tout en marchant vers l'université. Le bâtiment est en effet gigantesque. 
C'est une ville en soi, salles de cours, amphis, chambres, salles de sports, piscine, on peut passer des mois à l'intérieur sans sortir.
Tous les étudiants ne vivent pas sur place. Ce sont principalement les filière de maths et de physique qui ont leur chambre dans le bâtiment principal.
D'autres édifices accueillent le reste des étudiants, mais celui-ci reste le principal édifice et peut tout de même héberger plusieurs centaines d'étudiants.

Nous entrons dans l'édifice, après le contrôle des papiers. Première impression : c'est vieux. Le bois, assez présent, a dû prendre une odeur de renfermé depuis tout ce temp. Le hall d'accueil et les principaux couloirs sont très grands mais lorsqu'on s'est retrouvé vers les chambres, j'ai parfois eu  l'impression de me balader dans les couloirs d'une prison, avec ces allées de petites portes en bois toutes vieilles.
On grimpe dans l'ascenseur, pause au 10ème, chez un ami, pour laver les fruits rouges que Natacha a très gentiment apportés. Puis, direction le toit. Ce n'est pas vers le toit de la tour la plus haute que nous allons, mais vers celui de la partie droite entre deux plus petites tours.


Je pensais naïvement qu'il suffisait de passer par une porte pour aller admirer la vue. C'est lorsque je me retrouve devant une fenêtre à enjamber que je comprends. C'est bel et bien interdit parce que dangereux. Le toit n'est pas du tout aménagé.
Donc, quelques petits saut et une échelle plus loin, nous voici sur le toit du monde.
Ouah ! Il n'y a pas vraiment de mot pour décrire ce qu'on ressent là-bas.

Il faut dire que je n'ai pas vraiment eu le temps de m'imprégner des sensations. Juste le temps de prendre trois photos avant d'entendre une voix derrière nous qui nous demande calmement si la vue est sympa.
Ah bah tiens, il y a foule sur le toit !

Natasha et moi, nous nous retournons. Moment de flottement. Le gars en face de nous a tout l'air d'un garde pas vraiment content. 
Je ne comprends pas grand chose aux mots de russe qu'il nous dit mais je sais qu'il vaut mieux se taire. J'attends.
Natasha attends, elle aussi, plutôt détendue. 
Finalement, il demande à voir nos documents puis nous enjoint à le suivre.
C'est le moment où je me dis que si, d'une manière ou d'une autre, il est en lien avec les services d'immigration, je suis peut-être dans la merde. Alors je ne risque pas de prendre une dernière photo et je le suis sagement, en laissant Natasha derrière moi prévenir son ami qui nous a aidées à rentrer.
Le garde me parle, je lui demande de répéter car je suis assez fière d'avoir appris à dire ce mot ! On sent qu'il a envie d'en rire mais finalement après une pause, il répète un peu plus lentement et je ne comprends que les premiers mots "Il ne faut pas ...". 
Ah bah tiens, effectivement. 
Dans l'ascenseur, Natasha me regarde avec un grand sourire. J'ai une envie folle de faire pareil mais je vois les yeux du garde plantés dans les miens. Challenge ultime pour moi : je reste de marbre malgré tout. Elle m'avouera plus tard qu'elle sourit quand elle est nerveuse. Toujours est-il que je suis assez fière de mon acte héroïque. 

La suite est plutôt classique, nous nous retrouvons tous les trois, le troisième complice nous ayant rejoint, dans un petit bureau tout miteux. Une armoire, un bureau, une table, un canapé, et surtout un gigantesque aquarium en plein milieu. Tout ça dans 10 m2.
Au mur des calendriers accueillants sur des services de sécurité, ou d'espionnage... que sais-je. 
On se fait sermonner un peu mais pas trop. Le temps est surtout passé à remplir des dépositions, rédaction auquelle j'échappe fort logiquement étant donné mon niveau de russe.
C'est le moment où je me dis, en observant le garde, ce qu'il fait, et son bureau, que j'ai une chance sur 10000 de me retrouver bannie de Russie. En revanche, j'ai plus peur pour mes compagnons. Je les connais à peine. Ils se sont fait chier pour que je puisse rentrer et les voilà, de ma faute, à remplir des dépositions de crimes. 
Pas top. Il faudra que je trouve un moyen de les remercier.
Je regrette encore une fois de ne pas comprendre le russe lorsque le garde nous libère avec quelques mots qui font bien rire tout le monde sauf moi. Je ne saurai jamais si c'était vraiment drôle !

Nous nous retrouvons ensuite à manger les fraises et les cerises, délicieuces, en regardant le bâtiment d'en bas, du coup.
Séance de debriefing. A priori, nous ne risquons rien. C'est à confirmer pour l'étudiant qui nous a aidées à rentrer. Auparavant, il était plus facile de monter sur le toit mais récemment, la vigilance s'est accrue jusqu'à l'apparition de caméras de surveillance. C'est sûrement pour ça que le garde est arrivé si rapidement.

Voilà ! Le toit du monde, j'y suis resté trente seconde, à peine le temps de réaliser ces photos en exclusivité, mais ça valait le coup.





samedi 27 juin 2015

Sacres Francais


Je me baladais dans le Versailles russe, Petergof. De sublimes jardins et des fontaines, face a la mer. 
Classe.
Cela m'a rappele la fascination que j'avais, etant petite, pour tout ce qui etait lie au roi Soleil. 
Versailles etait un lieu magique pour moi. Pourquoi ? Le gout de l'exotisme peut-etre. Il m'est un peu plus facile d'expliquer pourquoi, maintenant, cela ne me fascine beaucoup moins. C'est le cote surenchere dans le "j'ai le plus beau palais" qui me gene. Et puis, je ne trouve plus cela exotique, ce n'est plus interessant culturellement pour moi.




Il va sans dire que cela reste tres elegant et tres beau, et que j'ai passe un bon moment, la-bas, une fois que je me suis ecartee de la foule.

Si je vous parle de Versailles, c'est que je ne peux pas ne pas evoquer les resonances et repercussions artistiques entre la France et la Russie, tant les references sont nombreuses.
D'abord, j'ai decouvert, en discutant avec un vendeur dans un magasin de jeux pour enfants, que le corbeau et le renard etait un conte russe ! Krylov et La Fontaine s'influencaient mutuellement. Mais non, cette fable-la est bien de La Fontaine, et meme si Krilov a commence par le traduire, il a tres vite ecrit ses propres histoires. En mathematiques auss parfois, on ne sait pas tres bien si la decouverte vient de la France ou de la Russie...

Ensuite, j'ai vu, en Russie, une collection impressionnante d'oeuvres francaises du 19eme au 20eme, du pointillisme a l'impressionisme, en passant par le fauvisme, le cubisme et le surrealisme. C'en est perturbant.
Et est-ce un hasard si l'exposition temporaire de l'Hermitage portait sur les illustrations de recueils de poemes francais ?



Peut-etre.

Par contre, il est certain que les artistes russes se sont souvent inspires des artistes francais ou assimiles francais, comme le mentionnent presque toutes les descriptions de la Tretiakov Gallery, LE musee reference de l'art russe.

Inspires et parfois surpasses,



 comme c'est le cas avec le parfait minimaliste Malevitch, l'inclassable Chagall (bon celui-la, il triche un peu en etant naturalise francais), le geniallissime Kandinsky  (ah, mince, on me dit que celui-la aussi a chope la nationalite francaise !) et d'autres un peu moins connus. 
Pour cela, je vous conseille la New Tretiakov, qui rassemble les oeuvres d'artistes russes, plus recentes, du 20 eme.






Un petit bijou vide de monde... c'est triste alors qu'il recelle tant de merveilles, qu'il est aussi un voyage original dans l'histoire sovietique et qu'il se trouve, qui plus est, dans un des plus jolis endroits que j'ai vus a Moscou.




Un peu d'histoire de l'art :



Plus communement, les liens avec la France se retrouvent au detour d'une rue avec une pub


Une affiche



Ou une enorme statue comme seuls les russes savent en faire


Cela doit bien etre la plus grande statue de De Gaulle, et elle se trouve en Russie. J'ai eu du mal a le croire...

Mais le plus mignon reste encore les stereotypes. Par exemple, Saint Petersbourg surtout, est rempli de cafes - salons de the, ou l'on peut manger des salades, ou des delicieuses patisseries, a toute heure de la journee, dans un decor suranne de cafe parisien et en ecoutant de la chanson francaise. Sans blague, la meilleure pate feuilletee que j'ai goutee, avec une part de gateau Napoleon (toujours cette histoire d'humiliation).
J'aimerais bien avoir les memes salons de the a Grenoble ...

Oh et puis le meilleur pour la fin, le mythe du charme francais !


Ou pourquoi et comment les francaises ne dorment jamais seules ...

Heureusement que la vaseline russe existe pour nous, sacres francais !

vendredi 26 juin 2015

авангард

Avant - garde russe



J'aime Moscou.
Tout d'abord, il y a la religion. Premier pilier. Un peu malmenee par la periode sovietique, elle a su resister et est de nouveau bien presente en politique. Mais ce n'est pas vraiment ce qui me plait. Je ne suis pas du tout pour l'introduction de la religion dans la sphere publique.

 


Par contre, les eglises, les cathedrales et les monasteres orthodoxes, qui pourrait etre contre ?
Ce sont des oeuvres d'art. La plupart des batiments religieux sont blancs a l'exterieur mais, et le contraste est saisissant, l'interieur est une profusion de peintures et de mosaiques de couleurs. Magnifique, sublime, merveilleux.







Dans plusieurs d'entre elles, j'ai ete saisie par la beaute et l'energie qui s'en degage. La plus jolie que j'ai vue etait peut-etre celle d'Abramstevo, a quelques km de Moscou.



Et puis, il y a les soviets. La periode communiste est encore recente mais elle a ete plutot intense. Alors, meme si de courte duree comparee a toute l'histoire de la Russie, on sent qu'elle a profondemmemt marque les territoires et la culture.



Et le graphisme et l'architecture sovietique, allez savoir pourquoi, me fascinent. C'est plus fort que moi.
Dans la ville, on trouve tout un tas de batiments enormes. Mais la encore, le contraste est saisissant car plutot que d'etre lourds et mastoques, ils ont une certaine elegance et des influences art deco. Verticaux, s'elancant vers le ciel, ils inspirent force et dynamisme.






Ou alors, comme me l'a dit une russe, si les batiments sont eleves, c'est parce que la Russie manque d'espace ! J'ai a peine effleure le sens de l'humour russe mais il m'a bien fait marrer. Toujours est-il que nombre d'entre eux m'ont fortement fait penser au paysages de science-fiction urbaine de Schuiten et les Cites Obscures.

Tradition orthodoxe et vestiges sovietiques. 
Cela fait un drole de melange, surtout que sovietisme et religion n'etaient pas ce qu'on peut appeler les meilleurs amis du Monde. Mais c'est comme ca, maintenant les deux cohabitent, se complementent. Savoir unir les contrastes. C'est surement un des gros challenges de Moscou et de la Russie en general.


Tradition orthodoxe et vestiges sovietiques. 
Deux piliers du passe. Mais Moscou n'est pas vieille pour autant. Ca bouge, il y a de la vie partout et une certaine creativite.

Comme toute ville industrielle qui se respecte, Moscou voit ses anciennes usines en briques rouges, renovees. C'est tout recent, et on sent qu'il manque encore un petit quelquechose mais l'endroit Red October est un joli labyrinthe de cours interieures ou l'on peut decouvrir tout un tas de cafes, restos, studios de design et galleries d'art.




Juste a cote, le nord du parc Gorki, site du musee New Tretiakov, est une petite merveille. Il longe la Moskva, avec vue sur les anciennes usines et la cathedrale du Christ Saint Sauveur. Les etendues de pelouses, les parterres de fleurs et les terrasses en bois sont envahies de squatteurs, de velos et d'enfants qui jouent avec les fontaines.







Aussi et surtout, meme si le capitalisme a envahi le pays, il ne l'a pas encore uniformise et rigidifie comme en France.
Chez nous, la mode bobo, qui nous vient des US, est saine mais plutot inoffensive. Tres aseptisee, meme plus aseptisee qu'a Santa Cruz en Californie. Basee sur les memes valeurs que le liberalisme, elle ne resistera probablement pas aux catastrophes a venir. A Moscou, par contre, on sent qu'il y a encore la place pour d'autres modeles. 
Ainsi, il est tres facile de manger vegetarien dans les "cantines" russes. Du coup, cela parait plus authentique.



Un autre exemple : les tsiferblats - ou cadrans de montre. Ce sont des "anticafes" ou on ne consomme pas mais on "loue" l'endroit a l'heure. D'ou l'atmosphere conviviale.


Car il s'agit de se sentir chez soi, mais aussi de partager l'espace. Echanger, rencontrer, donner. Il y a souvent une petite bibliotheque, un piano dans un coin, des jeux dans un autre. Et puis le cafe, the et snacks a volonte. Et pas n'importe lequel, du bon cafe en grains moulus sur place, et du the en vrac.


Tout incite a l'echange et a la creativite.
Le concept, originaire de Moscou il y a quelques annees, s'est essaime dans plusieurs villes russes dont Saint Petersbourg.
Liberte de l'espace mais respect et authenticite. Donc pas de pub, pas d'enseigne. Impossible de trouver l'endroit si l'on ne connait pas.

Le plus important, selon les personnes a l'origine du projet, c'est que les gens se sentent bien. L'endroit doit donner l'impression qu'on rend visite a un ami proche. Cela ressemble fortement a l'ambiance des hotels ou j'ai pose mon sac. 
On ne se sent pas client mais une personne a part entiere. 
Peut-etre qu'ils ont raison, ces russes. Pour plus d'humanisme, il faut encourager les lieux evitant les manieres et les artifices. Peut-etre que liberte, echange et creativite ne peuvent exister sans simplicite et authenticite des rapports humains.

L'occasion pour moi de parler d'un nouveau lieu que j'aime bien a Grenoble : le cafe-velo, quartier Saint Bruno-Berriat.