jeudi 12 novembre 2015

Faire du neuf avec du vieux




Des briques rouges, tout plein de briques rouges.
Non loin de l'Empire State Building, se trouve le quartier qui autrefois était la plus grande zone industrielle de Manhattan. Et, mes plus fidèles lecteurs le savent déjà, les quartiers industriels rénovés, je kiffe.

Donc, mon premier jour à New York, à peine le soleil levé, je suis partie en direction des vieux abattoirs en briques rouges, coincés entre l'exubérant Times Square, et la rivière Hudson à l'Ouest.

En général, les vieilles briques rouges désœuvrées, on en fait des lieux artistiques designs. On y met peut-être un musée et quelques bars tendances. Enfin, on essaye d'attirer du peuple dans un coin de la ville où il n'y avait plus grand chose à part des usines abandonnées, en ajoutant des éléments modernes, du verre, de l'abstraction etc. 
A New York, étonnamment, on en a fait un lieu qui respire le vieux, le sauvage, le naturel et les traditions culinaires. Et c'est devenu tendance. 

Avant

Après

Oui, parce qu'il convient d'ajouter que c'est du naturel "maîtrisé", bien propre sur lui. 

Il était samedi, et quand bien même il faisait très beau, j'ai été très surprise par la foule imposante, que ce soit dehors, le long de la High Line, chemin de fer suspendu reconverti en parc naturel, mais surtout dedans, au rez de chaussée d'une ancienne usine de biscuits, devenue en 1990 temple de l'alimentation bobo. 


Vous voyez, c'est sombre et pas très moderne, mais plein à craquer.
Il faut dire que le Chelsea Market - c'est son petit nom - contient tout ce qui se fait de tendance en matière de bouffe, des pâtes maison de toutes les couleurs, des bons petits pains, de la cuisine fusion japonaise-mexicaine, du fromage américain en veux-tu en voilà, 


une brulerie à café, des glaces artisanales. Au détour d'un couloir, on peut admirer les cuisiniers des différents magasins en action, bouquiner un tas de livres de cuisines, 


et tout ça dans un lieu rétro, bobo, et vintage...

une photo qui n'a surement pas été prise un samedi

Tendance quoi !
Personnellement, je n'ai pas trop aimé. C'était trop obscur et bruyant. Et cela avait quand même beaucoup moins de charme qu'un marché mexicain à Oaxaca ... mais on est aux US, et qu'un lieu comme ça soit tendance, je trouve ça génial !

A la sortie du marché, on retrouve la lumière du jour et les escaliers pour monter sur la High Line, endroit pas banal. C'est une ancienne voie de chemin de fer, utilisée autrefois pour acheminer la viande des abattoirs et les produits arrivés en bateau non loin de là - de la bouffe, toujours de la bouffe... Elle a été construite en 1930 en hauteur pour qu'il y ait moins de bouchons.
Imaginez ! Déjà à l'époque, ils avaient des problèmes de circulation...
Et puis, comme elle ne servait plus, on l'a abandonnée. Et puis comme elle était abandonnée, il est arrivé un moment où on s'est dit qu'il fallait peut-être détruire cet espèce de truc tout moche qui bloquait la vue.
C'était sans compter les Amis de la High Line. Inspirés par la Coulée verte de Paris (eh oui, ça c'est un truc à sortir en soirée New-Yorkaise pour se la péter !), ils ont milité et tout fait pour que ce bout de chemin de fer volant soit réhabilité en espace naturel, tendance cela va sans dire.

Les plantes ont été minutieusement choisies en s'inspirant de celles qui s'étaient propagées naturellement. Et après plus d'une dizaine d'années de travaux, on peut maintenant apercevoir, en longeant les anciens rails, quelques œuvres d'art disséminées,






 l'Empire State Building, 


les living-rooms des appartements et leurs cours intérieurs, des vieux bâtiments en rénovation où s'installent des boutiques tendances, 


et profiter d'être en hauteur, loin de la circulation automobile, du bruit et de la pollution.

Là aussi, j'ai trouvé ça très mignon, mais un peu trop surpeuplé. D'autant plus surpeuplé que ce n'est pas très large finalement. On se retrouve très vite en rang d'oignons, à avancer doucement, coincé entre deux groupes nonchalants.

Ceci dit, le temps était magnifique, les couleurs de l'automne au rendez-vous, et l'ambiance particulière des lieux fait que l'on se sent dans un petit cocon un peu à l'écart de l'agitation urbaine. Dans un lieu autre, tellement différent de Times Square et de Midtown. Et cette différence, on se la prend en pleine poire quand arrive la fin de la promenade et qu'on doit traverser cette rue :


Mais c'est aussi ça qui fait le charme de New York : mélanger le vieux, le neuf, les architectures, les ambiances différentes dans un tel patchwork que finalement la ville ne paraît ni vieille ni neuve mais est un peu tout à la fois au même moment.


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