lundi 22 août 2016

Le Léman

Je ne me lasse pas de cette vue...

C'est en allant "bruncher" un samedi matin avec une amie, dans un resto du centre-ville, que j'ai découvert le Léman.
Il faisait beau et chaud, des enfants couraient et s'amusaient dans la garderie voisine et de nombreux bacs à plantes se pavoisaient entre les tables. Tomates, courgettes, radis, plantes aromatiques. De petits écriteaux nous indiquaient que l'on pouvait se servir à volonté. 


Entourée de cette verdure en pots, je me dirigeais au comptoir pour commander un repas. C'est alors que je l'ai vu. Le Léman !
Il était là depuis mon arrivée mais c'était la première fois que j'y prêtais attention.
En effet, au bar, juste à côté des serviettes, un petit autocollant indiquait qu'ici dans ce resto, on acceptait la monnaie locale Le Léman.

Il y a presque un an, le 18 septembre 2015, plus exactement, naissait une monnaie locale transfrontalière, Le Léman.
Plutôt original : un Léman, c'est comme un Euro ou comme un Franc Suisse ! La grande différence c'est que le Léman ne quitte pas le cours du lac.
Mais en plus d'être à usage restreint géographiquement, c'est une monnaie non soutenue par le gouvernement. Une monnaie complémentaire, destinée à un usage communautaire.
Cette monnaie reste dans le cercle local des entreprises membres qui peuvent alors bénéficier de crédit mutualisé, d'un prêt sans intérêt. C'est un système monétaire de rechange, complémentaire, qui a pour principe de ne pas adhérer à la capitalisation financière. Comme il n'y aucun intérêt à garder ces billets dans les portes monnaies (parfois certains perdent même de leur valeur au cours du temps), la monnaie locale incite à la dépense, ou en tout cas à un stockage à court terme. Elle circule donc beaucoup plus vite que la monnaie officielle et permet a priori de relancer l'économie locale.
C'est également une façon de reprendre possession de la gouvernance des monnaies, de leur donner un joli petit nom et de leur associer d'autres valeurs.  Solidarité entre les hommes et avec leur environnement.

Pour sûr, pouvoir se baigner tous les jours dans le Léman, ça n'a pas prix !

A Grenoble aussi, dans quelques semaines ou dans quelques mois, le Cairn verra le jour.  
Cet engouement est en grande partie due à la publicité faite par le film-documentaire Demain de Cyril Dion et Mélanie Laurent. Mais les monnaies locales ne datent pas d'hier, elles ont déjà été utilisées lors des crises des années 1800, notamment en Allemagne ou en Suisse où le WIR existe toujours (entre les PMEs membres uniquement).

Cela va t'il vraiment changer la donne et apporter un peu d'air frais dans notre économie encrassée ? Pas sûr. Selon certains économistes, les bénéfices seraient sociaux avant d'être économiques. Mais, en tout cas, les monnaies locales n'ont pas beaucoup de contre indications.


A ce jour, environ 40 000 billets sont en circulation et presque 200 entreprises acceptent le Léman, pourtant peu sont basées à Lausanne.  Tout se passe plutôt à Genève et vers le côté français. Heureusement qu'ils n'ont pas appelé leur monnaie Le lac de Genève, hein !

Dans tous les cas, j'espère bien voir ces projets citoyens prospérer. Juste par curiosité.