| Je ne me lasse pas de cette vue... |
C'est en allant "bruncher" un samedi matin avec une amie, dans un resto du centre-ville, que j'ai découvert le Léman.
Il faisait beau et
chaud, des enfants couraient et s'amusaient dans la garderie voisine et de
nombreux bacs à plantes se pavoisaient entre les tables. Tomates, courgettes,
radis, plantes aromatiques. De petits écriteaux nous indiquaient que l'on
pouvait se servir à volonté.
Entourée de cette verdure en pots, je me dirigeais
au comptoir pour commander un repas. C'est alors que je l'ai vu. Le Léman !
Il était là depuis
mon arrivée mais c'était la première fois que j'y prêtais attention.
En effet, au bar,
juste à côté des serviettes, un petit autocollant indiquait qu'ici dans ce
resto, on acceptait la monnaie locale Le Léman.
Il y a presque un
an, le 18 septembre 2015, plus exactement, naissait une monnaie locale
transfrontalière, Le Léman.
Plutôt original :
un Léman, c'est comme un Euro ou comme un Franc Suisse ! La grande différence
c'est que le Léman ne quitte pas le cours du lac.
Mais en plus d'être
à usage restreint géographiquement, c'est une monnaie non soutenue par le
gouvernement. Une monnaie complémentaire, destinée à un usage communautaire.
Cette monnaie reste
dans le cercle local des entreprises membres qui peuvent alors bénéficier de
crédit mutualisé, d'un prêt sans intérêt. C'est un système monétaire de
rechange, complémentaire, qui a pour principe de ne pas adhérer à la capitalisation
financière. Comme il n'y aucun intérêt à garder ces billets dans les portes
monnaies (parfois certains perdent même de leur valeur au cours du temps), la
monnaie locale incite à la dépense, ou en tout cas à un stockage à court terme.
Elle circule donc beaucoup plus vite que la monnaie officielle et permet a
priori de relancer l'économie locale.
C'est également une façon de reprendre possession de la
gouvernance des monnaies, de leur donner un joli petit nom et de leur associer
d'autres valeurs. Solidarité entre les
hommes et avec leur environnement.
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| Pour sûr, pouvoir se baigner tous les jours dans le Léman, ça n'a pas prix ! |
Cet engouement est en grande partie due à la publicité
faite par le film-documentaire Demain
de Cyril Dion et Mélanie Laurent. Mais
les monnaies locales ne datent pas d'hier, elles ont déjà été utilisées lors
des crises des années 1800, notamment en Allemagne ou en Suisse où le WIR
existe toujours (entre les PMEs membres uniquement).
Cela va t'il vraiment changer la donne et apporter un peu
d'air frais dans notre économie encrassée ? Pas sûr. Selon certains économistes,
les bénéfices seraient sociaux avant d'être économiques. Mais, en tout cas, les
monnaies locales n'ont pas beaucoup de contre indications.
A ce jour, environ
40 000 billets sont en circulation et presque 200 entreprises acceptent le
Léman, pourtant peu sont basées à Lausanne. Tout se passe plutôt à Genève et vers le côté
français. Heureusement qu'ils n'ont pas appelé leur monnaie Le lac de Genève, hein !
Dans tous les cas, j'espère bien voir ces projets citoyens prospérer. Juste par
curiosité.



Oh bah tiens, ça alors ! La monnaie Léman ! Tu m’en apprends une belle ^^ Mais aussi sur les monnaies locales françaises (je me coucherai moins bête ^^)
RépondreSupprimerJe suis allée rendre visite à une amie blogueuse en Suisse (comme moi, et toi d’ailleurs - et ta soeur, avec laquelle je suis amie :)), à Épalinges (pas loin du tout du lac, à quelques stations de métro), et je voyais le lac pour le première fois.
Une telle… Immensité, et sérénité. Je pourrais y rester des heures (d’ailleurs, j’y suis restée des heures) juste à le contempler.
Merci pour ce partage.
Merci pour ces jolis mots !
RépondreSupprimerOh oui, voir le lac, surtout quand la vue est dégagée sur les montagnes, c'est tellement impressionnant. Au début, j'avais souvent les larmes aux yeux. J'essaie de ne pas trop m'habituer et d'être toujours émerveillée.
La prochaine fois que tu passes, fais moi signe qu'on discute autour d'un café (ou autre) ;)